Beauté: les essais cliniques en 5 questions

27 Fév 2017 par Julie Champagne
Catégories : Beauté / Soins

Chaque jour, des centaines de femmes acceptent de tester en primeur les mascaras, les sérums et les gels amincissants qui garniront un jour les tablettes des pharmacies.

Pourquoi choisissent-elles de servir de cobayes? Y a-t-il des risques et des avantages à à un essai clinique? Incursion dans les coulisses d’un laboratoire.

L’automne dernier, le laboratoire indépendant Spincontrol de Montréal a mené un essai clinique sur un nouveau peeling de NeoStrata, dont la mise en marché est prévue pour le printemps 2017. Soixante femmes (et une journaliste en mission!) ont alors accepté de jouer les cobayes pendant six semaines, confiant la peau de leur visage à la rigueur des protocoles des scientifiques.

On sait que le peeling est utilisé pour traiter les rides et les taches pigmentaires, et pour redonner de l’éclat au teint. C’est un produit puissant qui peut occasionner certains désagréments allant de la sensation de picotement aux rougeurs cutanées. Aussi, NeoStrata a-t-elle voulu rassurer ses futures clientes sur son innovation et en confirmer l’efficacité par le biais de résultats concrets et objectifs.

Pourquoi les entreprises cosmétiques font-elles des essais cliniques?

Parce que même si l’industrie des cosmétiques n’est pas tenue de tester ses produits avant de les mettre en marché, elle doit faire la preuve de certains de leurs bienfaits si elle veut progresser. Les marques ne peuvent pas dire qu’un mascara double le volume des cils ou qu’un sérum diminue de 90 % l’apparence des rides sans en apporter la preuve, sinon elles risquent de subir les attaques de la concurrence et de provoquer la frustration des consommateurs. Les entreprises qui souhaitent donc « chiffrer » les résultats de leurs produits peuvent soit effectuer une étude à l’interne, soit solliciter les services d’un laboratoire indépendant.
«Nous travaillons avec des entreprises sérieuses qui exigent de notre part rigueur et transparence. Quand une entreprise s’adresse à nous, dit Azita Kazerouni, directrice générale de Spincontrol Amérique du Nord, notre équipe de biologistes commence par déterminer les protocoles nécessaires pour s’assurer qu’effectivement un produit donné éclaircit le teint, lisse la peau ou galbe les lèvres. Nous définissons les critères d’admissibilité des volontaires, nous fixons le nombre de jours requis pour obtenir des résultats valables et nous prenons des mesures précises, qui nous permettront de comparer « l’avant » et « l’après ».»

Et si le produit ne donne pas les résultats espérés?

«Nous évaluons souvent un produit selon plusieurs critères – hydratation, fermeté, éclat… Certains des bienfaits (observés) peuvent être significatifs, d’autres moins. Mais quels que soient les résultats, explique Azita Kazerouni, nous produisons toujours un rapport d’étude, qui dit exactement ce qui en est. Les entreprises prennent connaissance de ce rapport et décident ensuite soit de retourner en R&D pour perfectionner leur formule soit d’orienter leur approche marketing en fonction des résultats significatifs obtenus.»

Qui peut participer aux essais cliniques?

Tout le monde! Les laboratoires indépendants comme Spincontrol tiennent des registres de plusieurs milliers de volontaires potentiels, des hommes mais, surtout, des femmes, de tous les âges et de tous les milieux. Après avoir fait un examen cutané, le laboratoire analyse en détail chacun des profil, de manière à proposer les bonnes études aux bons sujets.

Est-ce que c’est dangereux?

Devenir volontaire au nom de la science cosmétique, c’est honorable. Mais ne risque-t-on pas de perdre ses cheveux par poignées ou de se retrouver la peau couverte de pustules? «Le risque de réactions est le même que quand vous achetez un produit dans une pharmacie, assure Azita Kazerouni. Et comme le laboratoire possède toutes les informations relatives à votre type de peau et à vos sensibilités, les études sont bien ciblées. Les effets secondaires potentiels sont communiqués aux participants avant qu’ils signent l’entente de consentement. Les volontaires peuvent nous contacter 24 heures sur 24 s’ils ont des questions ou des inquiétudes, et ils peuvent se désister en tout temps.»

Quels sont les avantages pour les participants?

De nombreux volontaires aiment découvrir les nouvelles tendances cosmétiques, tester des produits innovants avant tout le monde: «Ces produits sont souvent des soins haut de gamme, qu’ils ne pourraient peut-être pas acheter autrement, indique Azita Kazerouni. La compensation financière est également une motivation importante. Elle varie entre 30 $ à 1 500 $ par étude, selon le niveau d’engagement exigé.»

Photo: Shutterstock

Et vous, avez-vous déjà suivi un essai clinique pour des produits cosmétiques? Si non, le feriez-vous?

Lire aussi:
Essai clinique cosmétique: journal de bord d’une cobaye

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