Essai clinique cosmétique: journal de bord d’une cobaye

27 Fév 2017 par Julie Champagne
Catégories : Beauté

Un nouveau peeling ultrasecret. Un essai clinique de six semaines pour en mesurer les vrais effets. Une journaliste qui n’a aucune idée de la folle aventure dans laquelle elle s'est embarquée.

Le mandat était simple: écrire un article sur le déroulement des essais cliniques dans le monde de la beauté. Pour la bonne cause, on m’avait demandé de me joindre à soixante autres volontaires, qui devaient tester un nouveau cosmétique au cours de l’automne. Ne reculant devant rien, j’ai accepté de relever le défi. J’étais loin de me douter de ce qui m’attendait…

LE BRIEFING

Je me présente dans les bureaux de NeoStrata pour discuter de ma prochaine expérience. Autour de la table, des gestionnaires et des chercheurs évaluent ma peau. C’est décidé! On me fera tester un peeling éclaircissant dont la mise en marché est prévue pour 2017. Les consignes et les mises en garde commencent. Je devrai respecter le même protocole que les autres volontaires. Aucun souci.

Je devrai aussi visiter le laboratoire indépendant, auquel l’étude a été confiée, aux dates convenues afin de mesurer les effets du produit sur ma peau. Parfait aussi.

Je devrai finalement bouder crème, exfoliant et maquillage durant les six semaines de l’étude. Pas de sérum hydratant. Pas de cache-cernes. Pas de fond de teint. Rien. Niet. Nada.

Silence de mort…

Je sens une onde de compassion venant de mes complices féminines. Entendons-nous, je me maquille rarement. Mais je reste une jeune maman qui travaille de longues, longues heures. Le combo famille-boulot est parfois dur pour le teint. Mon hésitation se ressent. On insiste sur la tendance « no make-up », on me vante les avantages d’une peau qui respire. Leur enthousiasme me gagne. Je plongerai sans filet ni crème CC.

JOUR 0

Rendez-vous au laboratoire Spincontrol de Montréal. Je remplis des formulaires juridiques, puis une technicienne évalue ma peau, non hydratée et non maquillée. Sa collègue photographie ensuite mon visage sous tous les angles, dans une machine éclairée de néons qui intimideraient même Angelina Jolie.

Photo: Julie Champagne

On me remet finalement mon arsenal pour les six prochaines semaines: un peeling que je dois appliquer aux deux jours, une lotion apaisante matin et soir, et un écran solaire tous les matins. Rien de plus, rien de moins. Mon régime beauté doit être contrôlé à 100 %. Il est hors de question que je m’expose au soleil sans protéger ma peau ou que j’utilise une autre crème hydratante différente de celle que le laboratoire a recommandée, ce qui viendrait brouiller les résultats!

J’applique le peeling sous le regard attentif des techniciennes, puis je patiente une demi-heure dans une salle d’attente au cas où se manifesterait un symptôme d’allergie ou d’intolérance.

Le visage tartiné de peeling je rencontre une autre collègue-testeuse qui attend, elle aussi, ses résultats: «Je fais des essais cliniques depuis environ six ans, me raconte Valérie, 35 ans. J’ai testé des mascaras, des rouges à lèvres, des crèmes… Ce n’est pas trop contraignant pour moi, parce que je ne travaille pas loin du laboratoire. J’utilise la compensation financière pour me faire plaisir.»

Trente minutes plus tard, les nouvelles sont bonnes. Ma peau tolère bien le produit. On me donne congé. Je dois maintenant poursuivre l’étude chez moi.

JOUR 1

Je respecte ma nouvelle routine à la lettre et je note le tout sur ma feuille de route.

J’ai toutefois peur de ruiner mes efforts en appliquant sur mon visage un produit qui est interdit. Comme je suis de nature distraite, j’applique souvent une lotion et un cache-cernes sans trop réfléchir, par automatisme.

Alors, aux grands maux les grands remèdes! Je rassemble tous mes exfoliants, mes crèmes et mes autres petits pots, puis je les cache dans le haut de mon armoire. Rigueur et discipline seront mes mots d’ordre!

JOUR 2

Je n’ai toujours pas de plaques ou de rougeurs, mais tout n’est pas rose dans ma nouvelle vie de cobaye. Ma peau est ultra-sèche. Je m’ennuie de ma crème habituelle, beaucoup plus riche et nourrissante que la lotion apaisante que m’a remise le laboratoire.

Je dois justement me rendre sur place pour prendre des photos de mon visage deux jours après avoir appliqué le produit pour la première fois. Le service est toujours aussi courtois et efficace. On évalue ma peau et je termine ma visite en remplissant un questionnaire sur mes perceptions. Non, je n’ai pas (encore) le teint nickel qu’on voit dans les magazines.

En revanche, j’ai convaincu la directrice du laboratoire de me laisser appliquer la lotion apaisante trois fois par jour au lieu de deux. Il y a de l’espoir!

JOUR 20

Demain, j’aurai parcouru la moitié du chemin. Ma peau est moins sèche et mon visage semble un peu plus lisse. Comme je devrai me rendre au laboratoire pour qu’on mesure les résultats préliminaires, je ne dois rien appliquer sur ma peau. Ni peeling, ni lotion apaisante, pas plus ce soir que demain matin. Le hic? J’ai une entrevue importante pour un mandat. Ma trousse de produits interdits m’appelle du haut de mon armoire, mais je résiste bravement à la tentation.

JOUR 21

Visite au laboratoire pour les photos et les évaluations d’usage. Malgré mon insistance, on refuse de me divulguer les résultats préliminaires. La vocation de cobaye exige patience et vertu. Je note aussi mes impressions en me regardant dans un miroir grossissant. Est-ce que cette tache a toujours été sur mon front? Est-ce moi qui délire, ou mon teint est plus lisse? Pas facile de trancher, surtout que je n’ai pas la manie d’ausculter chaque parcelle de mon visage.

JOUR 27

L’excitation des premiers jours est passée. Ma nouvelle routine est assez bien installée, mais cette rigueur presque militaire est parfois contraignante. N’est pas cobaye qui veut!

JOUR 42

C’est le dernier jour! Je contemple ma feuille de route avec fierté, heureuse à l’idée de retrouver bientôt ma liberté cosmétique. L’équipe du laboratoire me demande de noter mes impressions. Oui, pour le teint lisse. Pour le reste, je suis moins affirmative. Les six dernières semaines ont aiguisé ma rigueur scientifique. J’exige des preuves!

La technicienne prend des photos de mon visage. En temps normal, les résultats ne sont pas dévoilés, mais grâce à mon statut de journaliste en mission, elle accepte de me montrer les photos avant et après afin que je puisse les comparer.

Évaluation de l’efficacité de la Solution Peeling Éclaircissant de NeoStrata sur ma peau. Ces résultats représentent l’efficacité du produit sur un seul sujet. (Résultat fourni par Spincontrol).

Il n’y a plus de doute possible. Le teint est plus clair et uniforme, les ridules sont atténuées, les taches ont pâli, voire ont carrément disparu. Je dois m’incliner. En seulement 42 jours et 21 utilisations, les résultats sur ma peau sont visibles.

Évidemment, l’équipe du laboratoire devra analyser les résultats de l’ensemble des participantes avant de tirer des conclusions. Mon cas n’est peut-être pas représentatif de la majorité.

Le seul bémol? Alors que je suis plus vendue que jamais aux bienfaits de mon peeling, on m’annonce que je dois m’en séparer. Les volontaires doivent remettre les produits testés à la fin de l’étude.

Déception.

Je devrai donc patienter jusqu’au lancement avant de retrouver mon amour perdu. Mais cette fois, ce sera une relation sans feuille de route!

Voici le peeling éclaircissant de NeoStrata testé. Il sera disponible fin mars.

Photo principale: Shutterstock

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Et vous, embarqueriez-vous dans l’aventure d’un essai clinique cosmétique?

Catégories : Beauté
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  1. Katy dit :

    Bonjour,
    Ce n’est pas tout le monde qui peut faire un peeling. Mon dermato m’a interdit d’en fait, ma peau étant trop fine.
    Avant d’en faire un, il faut consulter plutôt que d’abimer sa peau.
    Bonne journée.

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