Donner… un sens à la vie

02 Déc 2017 par Louis Morissette
Catégories : Culture

Louis recommande à tous de s'impliquer dans une cause.

Généralement, mes billets sont plutôt sarcastiques. Avec les années, c’est devenu un réflexe pour moi. Je me méfie des mouvements de masse où tout le monde a la même opinion, et je crois que l’humain est très complexe: personne n’est totalement bon et peu de gens sont fondamentalement méchants. La vie est pleine de nuances. Mais on passe peu de temps sur les nuances parce que c’est moins vendeur que les opinions bien tranchées. Le sarcasme est aussi une fantastique armure pour cacher ses émotions et ses faiblesses. Ça permet de garder une distance avec un sujet et d’autres individus. Dans ce numéro axé sur les œuvres caritatives, je vais laisser tomber une partie de mon armure pour vous parler de ma nouvelle passion: la philanthropie. Donner, redonner.

Je l’avoue, la création de la Fondation Véro & Louis a donné un sens à ma carrière, à ma vie. Parce que malgré les projets qui se succèdent, une chose me revient continuellement en tête: à quoi sert ma vie si elle n’est utile qu’à accumuler des mentions dans les journaux, des apparitions à la télé, des récompenses ou des sous? Certes, bien gagner sa vie est un luxe que je ne banalise pas, mais lorsque mon existence prendra fin, aucun trophée, aucun REER ne me survivra.

Ma réflexion m’amène aussi à une conclusion plus large. Je crois que, quand la vie nous le permet, nous devons redonner aux moins nantis de notre société. Pour réparer certaines injustices. Parce que la vie n’est pas juste. C’est faux et utopique de prétendre que nous naissons tous égaux. C’est d’une bêtise inouïe. D’accord, à la première seconde, à la naissance, nous sommes pas mal tous égaux. Et à notre dernier souffle, nous sommes également tous vulnérables. C’est entre ces deux moments que ça se complique. Voilà pourquoi une saine démocratie sociale devrait mettre sur pied des dispositifs pour réduire l’écart entre les individus. Et quand le gouvernement ne peut en faire plus, ça revient aux citoyens de prendre la relève. Parce que je ne pense pas que qu’un enfant qui vient au monde avec un handicap, un quelconque syndrome ou une condition particulière naît avec les mêmes chances que le prince William.

Ça me ramène à ma propre histoire. Je suis l’aîné d’une famille de deux enfants. Ma sœur Ève est née deux ans après moi… avec la paralysie cérébrale. Une paralysie qui l’empêche de marcher mais qui n’a heureusement jamais touché ses capacités intellectuelles. Ma sœur est une battante qui a su faire sa place, étudier à l’université, conduire sa voiture et même accoucher de sa petite Jeanne. Mais une réalité demeure: des deux enfants que ma mère a mis au monde, la personne handicapée c’est ma sœur, pas moi. Et je me sens redevable. Je ne me sens pas coupable, je me sens redevable.

Je n’ai pas l’impression d’avoir volé quoi que ce soit à quiconque. Mais je suis investi d’un profond désir d’aider. Ça sonne peut-être un peu pompeux, mais je crois sincèrement que chacun d’entre nous peut changer la société, un geste à la fois. Mon but n’est pas de culpabiliser les gens en santé, mieux nantis ou qui ont «réussi» dans la vie. Cependant, quand tu as eu la chance de venir au monde dans une famille aimante, que tu as reçu une bonne éducation et que ton code génétique te donne la force mentale ou physique d’accomplir des choses, tu dois aider les autres. Tu peux utiliser ton argent pour te gâter, mais tu devrais aussi tendre la main à son prochain.

Et si on faisait un deal ensemble? Participez à une activité destinée aux personnes dans le besoin pendant le congé des Fêtes. Allez à l’épicerie et procurez-vous des choses à l’intention des gens démunis. Achetez un trio de fast food à un itinérant, contactez Tel-Jeunes (ou tout autre organisme d’entraide) et partagez votre vécu avec des gens qui ont besoin de soutien, rendez visite à des personnes âgées, offrez un jeu vidéo au service pédiatrique de l’hôpital de votre région, consacrez une heure de votre temps à des gens de votre famille.

Donnez pour les autres. Mais donnez pour vous, aussi. En ce qui me concerne, ça redonne un sens à ma vie qui roule à 100 milles à l’heure. Merci à l’avance. Au prochain numéro, je vais retrouver ma mauvaise foi et mon sarcasme habituels, promis. 😉

Lire les autres billets de Louis Morissette:
Le grinch
L’arroseur arrosé
On écoute trop les enfants
Oser faire… mon mea culpa

Photo: Andréanne Gauthier


Ce billet est paru dans le magazine VÉRO de Noël.

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  1. Micheline dit :

    Simplement pour partager que j’ai vraiment beaucoup de sens à ma vie depuis toujours,je suis dans le domaine de la santé depuis 41 ans et j’ai encore quelques années à donner à. La société. Puis il y 33 ans mon fils est né ,il est autiste ,Dieu sait que cela n’à pas été de tout repos tout le temps étant monoparentale et obliger de me séparée de lui partiellement car il fallait continuer à survivre et payer les factures. Mais je dois vous avouez que l amour que je reçoit de mon fils et de mes patients n’à pas de prix et donne un sens à ma vie depuis toujours .Bravo à toute votre famille pour votre implication auprès de nos enfants-adultes.Le besoin est très pertinent.MERCI.

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