Ce restant d’hiver…

12 Mar 2018 par Bianca Longpré
Catégories : Famille

Bianca décrit les "joies" de l'interminable hiver.

Arrive, encore une fois, ce temps de l’année que j’appelle le «restant d’hiver». Oui, le restant d’hiver. Je sais, ç’a l’air déprimant, mais c’est vraiment comme ça que je perçois ces dernières semaines avant l’arrivée du printemps.

Il n’y a plus d’émerveillement quand on se lève le matin et qu’on réalise que le char est, une fois de plus, enseveli sous la neige et qu’on va devoir pelleter une grosse demi-heure pour emmener les enfants à l’école, puis se rendre au boulot.

Sans compter les 10 minutes de plus que ça prend pour attacher toute la marmaille dans la voiture. Parce que les gros manteaux d’hiver et les sièges d’auto ne font pas bon ménage: j’enlève d’abord chaque manteau, les échappe parfois dans la sloche et réajuste les sièges tandis que les enfants s’écrient «J’ai froiiiid!», «Veux mon manteauuuuu!» et que le petit dernier lance sa tuque dans le rétroviseur.

Il n’y a plus de magie ni d’étincelles dans mes yeux quand ça fait 37 fois que je mets les bottes des enfants sur le calorifère et que la maison sent la vieille doublure mouillée.

Je dirais même que les étincelles se transforment en flammèches quand je m’aperçois que fiston a encore perdu une mitaine et que son cache-cou ressemble plus à un mouchoir usagé qu’à un foulard. Parce que oui, mon gars se sert parfois de son cache-cou pour essuyer la morve qu’il a au nez quand ses mitaines sont trop trempées pour se moucher avec.

Ce restant d’hiver est la période de l’année où j’ai l’impression de faure l’élevage du virus du rhume dans ma maison pleine de microbes. En février et en mars, mes enfants sont toujours malades à tour de rôle. Chaque hiver, c’est la même chose. Le bébé ramène un rhume et le transmet à sa sœur, qui, elle, le transforme en bronchite. Puis, ma fille le communique à mon autre gars, qui, lui, attrape aussi une gastro, avant que mon chum et moi finissions par être atteints d’un mal de gorge doublé d’une sinusite. Évidemment, quand mon tour arrive, je dois dealer avec le rhume, la sinusite, la fatigue et… mes enfants qui, eux, ne m’accordent pas de congé de maladie. Parce que quand t’es une mère, tu n’as aucun congé de maladie prévu à ton contrat.

Et toutes les mamans savent que plus elles sont malades, plus leurs enfants leur font la vie dure. Ils n’ont aucune empathie envers nous. Au contraire, ils en profitent même pour être surexcités, se chicaner et disperser le plus de jouets possible partout dans la maison.

Je ne m’en sors pas: chaque année, j’y passe en croyant que je ne me rendrai pas jusqu’au printemps.

Pourtant, je réussis toujours à traverser ce restant d’hiver… malgré le nombre immanquablement impair de mitaines, malgré les traces quotidiennes de bottes sur mon plancher, malgré la neige devenue brune et le froid qui tarde à s’en aller.

Je dépense le peu d’énergie qui me reste pour me rendre, avec mes enfants, là ou la neige est encore blanche et belle. Promenade dans les bois, ouverture de cabane à sucre et raquette. J’essaie de raviver mon amour pour l’hiver avec des bonheurs tout simples en pleine nature.

Mais chaque matin, le nez collé à ma porte-fenêtre, je rêve que la neige disparaisse et que les tulipes arrivent comme par magie. Je rêve aussi de brûler tout le linge d’hiver et de me réchauffer autour de ce feu de joie.

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Photo : Andréanne Gauthier

Ce billet est extrait du magazine VÉRO d’hiver, spécial cocooning, en kiosque!

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