Le virus du printemps

15 Mai 2017 par Bianca Longpré
Catégories : Famille

L'arrivée du printemps agit sur moi comme un vent de changement et de remises en question. Chaque année, j'attrape le "virus du printemps".

J’ai envie de changer ma vie. J’ai envie de me retrouver. De changer d’air. De changer mes habitudes. J’ai envie de prendre du temps pour moi. De me remettre en forme.

Avec l’arrivée du printemps, j’ai le goût de me débarrasser de la fourrure que j’ai sur les jambes, de teindre ma repousse et de prendre soin de moi. Pour une fois, j’aimerais penser à moi en premier. M’acheter des vêtements de printemps au printemps et ne pas traîner mes pantalons chauds jusqu’à la fin du mois du juin, pour finalement sortir mon vieux linge d’été que je n’ai pas renouvelé depuis trois ans. Prendre les deux heures qu’il faut pour aller chez la coiffeuse au lieu d’essayer de camoufler ma repousse avec une teinture en boîte sous prétexte que je ne vais quand même pas faire garder les enfants pour ça. Comme si consacrer deux heures à mes cheveux faisait de moi une mère indigne!

Je voulais des enfants. J’en ai eu trois. Trois beaux enfants que j’aime plus que tout. Mais après trois congés de maternité de 10 mois en moins de 5 ans, après avoir changé plus de 12 500 couches sans répit, après avoir donné plus de biberons que je n’aurais pu l’imaginer, ben la Môman, ça ne lui tente plus d’être «juste» maman à plein temps.

Maman a besoin de sentir le vent de liberté que procure une journée de travail à l’extérieur de la maison. Parce que, oui, le travail est synonyme de liberté. Sortir de la maison où je passe 70 % de mon temps à ramasser, à cuisiner et à plier du linge, c’est comme une aventure. Délaisser pour huit heures d’affilée mes propos de mère et de femme au foyer pour rencontrer d’autres adultes qui ne me parleront pas d’enfant, ça me tente en maudit.

Partir le matin avec des vêtements repassés, sans tache de lait ni de beurre de pinottes, pour me rendre au travail où je pourrai, enfin, me servir de mes compétences professionnelles, ça me tente. Et même s’il y a du trafic, faire une heure de char sans enfant, à écouter mes tounes préférées, sans devoir crier «ARRÊTEZ DE VOUS CHICANER» à tout bout de champ, j’ai le goût.

Passer la journée à faire autre chose que discuter avec un bébé ou préparer des plats pour la semaine, me rendre utile à d’autres personnes que ma progéniture et luncher avec des collègues, j’en ai envie.

Des fois, quand ma marmaille revient de l’école, que le petit dernier est marabout et que l’aînée s’amuse à faire pleurer son frère, je me demande si j’étais réellement faite pour être mère. Et si je m’étais trompée? Et si, finalement, j’avais plutôt été programmée pour être une femme sans enfant?

Ça m’arrive même de remettre en question mon couple. Ben oui, après plus de 10 ans ensemble, je me demande encore si mon chum, c’est le bon. C’est terrible, mais c’est ça. La combinaison du doux soleil printanier et de mes hormones en ébullition me fait douter. Et si la liberté qu’apporte le célibat était pour moi?

Le virus du printemps, c’est ben maudit. Ça me fait douter, ça me donne le goût de retourner travailler à l’extérieur… jusqu’à ce que je réalise que j’ai envie d’être là, à la maison, pour accueillir ma gang quand elle revient de l’école. Ça me donne aussi le coup de pied au derrière qu’il me faut pour m’occuper de moi et passer du temps en dehors de la maison, pis après, je me sens mieux. Une fois mes jambes redevenues lisses, mes nouveaux vêtements achetés, ma remise en forme amorcée et le virus du printemps chassé, mes doutes s’envolent et je me sens d’attaque pour affronter l’été.


Lire les autres billets de Bianca Longpré:
Libido sous zéro
Saint-Valentin: une soirée mé-mo-rable
Les devoirs
Samedi matin en leggings

Photo: Andréanne Gauthier

Ce billet est paru dans le magazine VÉRO de printemps.

Cliquez ici pour vous abonner au magazine.

 

 

 

Catégories : Famille
1 Masquer les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Marie dit :

    Pauvre elle.. je pense réellement qu’elle n’est pas faite pour avoir des enfants.. elle est payée pour écrire et chiâler constamment sur ses 3 enfants adoptés.. elle aurait dû y réfléchir avant d’aller les chercher.. elle est constamment en révolte .. elle s’ennuie de sa liberté d’autrefois.. pauvre cocotte.. ET pourquoi en avoir adopté 3 dans un laps de temps si court.. je crois que le rôle de mère de famille ne lui convient pas du tout.. désolée!

Ajouter un commentaire

Magazine Véro

S'abonner au magazine