La maudite lettre au Père-Noël

24 Nov 2017 par Bianca Longpré
Catégories : Famille

Bianca Longpré décrie la course aux cadeaux des Fêtes.

Chaque année, mes enfants écrivent au père Noël. C’est comme une tradition; même celle qui n’y croit plus le fait.

Autour du 5 décembre, j’apporte un paquet de catalogues et de circulaires qu’ils feuillettent avec attention avant d’écrire leur lettre. Ils font la liste de tout ce qu’ils souhaitent posséder, juste pour le fun d’en avoir toujours plus.

Voulez-vous ben me dire pourquoi je perpétue ce genre de tradition?

L’année passée, ma fille a découpé l’image d’une pouliche qu’elle avait déjà reçue en cadeau. Je vous jure, je n’en revenais pas! Faut-tu avoir trop de jouets pour souhaiter recevoir quelque chose que t’as déjà? Le pire, c’est qu’elle ne s’en souvenait plus. J’ai dû aller fouiller dans la pile de pouliches en dépression (parce qu’elles ne sont pas sorties de leur armoire depuis deux ans) pour la trouver. Elle était là, toute neuve, avec ses poils lustrés, à attendre depuis deux Noëls qu’on la sorte du placard. Je me suis dit que ça n’avait pas de bon sens.

Chez nous, les garde-robes sont remplis de jouets inutiles reçus à Noël. Ma fille qui tripe fort sur les toutous et les pouliches en redemande chaque année. Pourquoi? On pourrait ouvrir une écurie de poneys et un magasin de toutous avec tout ce qu’elle a déjà reçu! Et mon plus vieux, qui rêve de maudits Playmobil depuis qu’il a 3 ans, en a assez pour tapisser le plancher de la maison, du sous-sol au grenier. La preuve? Il n’y a pas une journée où je ne sacre pas en marchant sur la tête d’un chevalier ou d’un bonhomme sans cheveux. Ma maison est comme un champ de mines de Lego et de Playmobil chauves.

Chaque Noël, mes enfants reçoivent un cadeau du père Noël. Ce cadeau-là, c’est celui avec lequel ils vont jouer pendant environ sept jours… une éternité pour un jouet. Ils vont aussi recevoir de leur grand-mère un cadeau beaucoup trop gros et trop bruyant, avec lequel ils vont jouer une journée et demie avant que j’enlève les piles ou que je le fasse disparaître dans une cachette secrète. Et ça, c’est sans compter les cadeaux des proches qui en ont beaucoup trop à acheter et qui finissent par offrir un bidule cheap qui ne durera même pas un après-midi avant de finir dans le bac de cossins dépareillés ou, pire, aux poubelles. Tout ça multiplié par le nombre d’enfants, ça fait une sacrée montagne de jouets!

Pour vous figurer l’état de mon salon pendant les Fêtes, pensez à une bombe qui aurait explosé dans un Toys “R” Us. Pis moi, debout au milieu de la pièce, tannée de ramasser sans arrêt du papier et des jouets, avec l’air d’une employée de centre d’achats au bout du rouleau le 26 décembre au soir.
En plus, j’ai remarqué l’an dernier que ma marmaille développe les cadeaux à la vitesse grand V, comme s’il y avait un concours de qui va en déballer le plus durant le moins de temps possible.

Le cycle de Noël, pour mes enfants, ça se résume à: «Je demande, je reçois, je laisse traîner, maman ramasse et, finalement, ça aboutit au fond d’un bac.» Yark!

Le pire, c’est que c’est moi qui ai créé ça. Je pensais que plus mes enfants recevraient de cadeaux, plus ils seraient heureux. C’est faux. Ils les apprécient juste moins. Ça ne me tente plus de vivre ça. Ça ne me tente plus qu’ils n’apprécient pas leurs cadeaux.

Cette année, mes enfants n’auront qu’un seul cadeau. J’imagine qu’ils prendront plus de temps pour l’ouvrir et qu’ils joueront davantage avec.

Si les tantes et les grands-mères veulent leur faire plaisir, ils leur donneront une carte cadeau pour le cinéma ou une librairie. Je n’ai pas envie de ramasser des morceaux de jouets cheap pis du papier d’emballage jusqu’au 3 janvier.

En somme, on va revenir en 1980, la belle époque où on était vraiment heureux de recevoir LE cadeau qu’on avait vu dans le catalogue de Distribution aux Consommateurs.

Joyeux temps des Fêtes!

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Photo: Andréanne Gauthier

 

Ce billet est paru dans le magazine VÉRO de Noël en kiosque.

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