20 personnalités québécoises qui s’assument!

08 Oct 2018 par Laurie Dupont
Catégories : Culture / Oser être soi

Sans filtre aucun, 20 personnalités québécoises qui n’ont pas la langue dans leur poche prennent position sur cette cruciale question: est-il facile de s’assumer tel qu’on est?

  • LA MUSE: Véro. «Au cours des dernières années, j’ai entamé le processus pour assumer davantage qui je suis publiquement. J’y travaille encore et je souhaite parvenir à tout assumer, en passant par mes opinions et mes choix de vie, des plus importants aux plus futiles.»
  • Pier Luc Funk
    L’ÉTOILE MONTANTE: Pier-Luc Funk. «Si tu trouves ça difficile d’être toi-même, c’est parce que tu ne l’es pas assez souvent, justement. De toujours vouloir montrer seulement tes beaux côtés, ce n’est pas ça, t’assumer. Il faut accepter chacun des passages de ta vie, chacun des ups and downs de tes montagnes russes. Je suis un jeune philosophe, hein?» (rires)
  • LA LUCIDE: Natasha Kanapé Fontaine. Comment oses-tu être toi-même au quotidien? Je crois que ma recherche d’authenticité est influencée par la volonté de connaître ma réelle identité innue, qui a souvent été dépeinte de façon erronée par Hollywood et de nombreux chercheurs et ethnologues. Ce que nous sommes réellement, ce que nous avons toujours été, n’a jamais été documenté, parce que ce n’est pas ce qui les intéressait. Alors, j’assume mon identité au quotidien, et ce n’est pas si facile. Dans le milieu où j’évolue, les gens connaissent peu – ou pas du tout! – qui nous sommes. Je dois donc souvent parler de mon identité et faire de l’éducation. Je crois qu’assumer mon identité, aussi en tant que «racisée», est un devoir de mémoire et d’éducation. Et pour bien faire ce travail, je dois rester moi-même. Et, surtout, en maîtrise de mes émotions. Ce n’est pas toujours reposant.
  • Yes-Mccan
    L’ANTICONFORMISTE: Yes Mccan (Jean-François Ruel). «De nos jours, on dirait que l’erreur est inadmissible. Tu fais un mauvais choix, tu dis un mot de travers, et la police de la pensée et des bons comportements se pointe. Ce n’est pas bon pour l’individualité.» Est-ce une tâche facile, oser être soi? Je pense que c’est le défi d’une vie, un combat de tous les instants. On doit déprogrammer nos façons de fonctionner. L’être humain apprend par mimétisme, et c’est ce qu’on a comme références qui détermine comment on agit. Il faut alors se demander si les désirs qu’on ressent sont d’ordre naturel ou plutôt conditionnés par notre environnement.» Assumes-tu toujours tes décisions? «Récemment, j’ai fait des choix vertigineux en décidant de faire confiance au feeling que j’avais en dedans. Au pire, si je me casse la gueule en m’écoutant comme je l’ai fait, la défaite sera la mienne. Je ne pourrai pas blâmer qui que ce soit. J’aime mieux subir un échec cuisant qu’une victoire que j’obtiendrais en n’ayant pas été moi-même. Être soi-même, ça veut aussi dire se tromper et ne pas toujours faire les bonnes choses.»
  • Penelope-mcquade
    L’INCLUSIVE: Pénélope McQuade. «À 47 ans, c’est pas tant que j’ose être moi-même, mais que j’ai une incapacité à être autre chose que moi-même.» Que veut dire «oser être soi»? Oser se coller à ses valeurs en toutes circonstances. Quand on commence dans un métier, on veut plaire et avoir l’approbation de tous. C’est normal. Mais plus on vieillit, plus ça devient difficile d’aller à l’encontre de ses convictions. Plus ça devient impossible de laisser passer des propos qui n’ont plus leur place. Cela dit, je suis très ouverte aux gens qui énoncent des faussetés parce qu’ils manquent de connaissances. Ça me fait alors plaisir d’expliquer les enjeux qui sont en cause. Mais je n’ai pas envie non plus de jouer à la maîtresse d’école qui a tout compris. Est-il facile de s’assumer au quotidien? J’essaie d’être authentique le plus souvent possible, mais des fois, c’est tough et il m’arrive de laisser passer certaines choses à cause du contexte, par exemple. Oser être soi-même, c’est aussi se pardonner chaque fois qu’on aurait dû agir d’une certaine façon et qu’on ne l’a pas fait.
  • Christian-Begin
    L’AUTHENTIQUE: Christian Bégin. Que veut dire «oser être soi»? Le piège dans le métier que j’exerce, c’est de ne pas être soi-même, de se bâtir un “faux soi” et d’être en représentation. C’est un combat quotidien que de ne pas succomber à cette tentation. Par exemple, j’aimerais parfois sortir sans que personne me regarde, alors que d’autres fois, je cherche le regard de l’autre. Quand ça fait deux semaines que je suis en voyage à l’étranger et que je tombe sur un Québécois, je me précipite sur lui, comme pour nourrir la bête. Tu fais preuve d’une grande honnêteté... Oser être soi, c’est accepter cette dualité. Je me connais assez pour ne pas la nier. Mais je ne fais jamais de compromis sur ce que j’ai à dire. Mon discours ne s’est pas bâti en fonction de ce que les autres allaient penser de moi. Et je ne me suis pas toujours construit un capital de sympathie avec ce que j’ai dit. Mais ça n’empêche pas que j’arrive difficilement à me passer du regard des autres sur moi. Quand je suis à Montréal, je peine à rentrer chez moi tout seul et à vivre dans l’absence de ce regard. Je suis fatigué, mais je sors pareil, comme pour rester dans le manège. Je dois apprendre tranquillement à me déposer.
  • Louise-Latraverse
    LA RÉFLÉCHIE: Louise Latraverse. Que veut dire «oser être soi»? Il y a des années, une femme que j’aime beaucoup m’a dit cette phrase que je me répète encore: «Il faut dire qui on est, au risque de tout perdre.» Quand on est jeune, on veut que les autres pensent qu’on est fine et bonne, et on ne montre pas notre vulnérabilité. Les gens jugent donc qu’on est très forte et ils nous rentrent dedans comme si on était capable de se défendre, mais on ne l’est pas. On se fait beaucoup de mal en cachant qui on est réellement. Alors, est-il facile de s’assumer telle qu’on est? C’est un long processus avant d’accepter de ne pas plaire à tout prix. On veut que le monde nous aime, mais au bout du compte, on nous apprécie davantage lorsqu’on est vraiment authentique. Ce que j’aime le plus, chez un être humain, c’est son authenticité. Alors oui, je suis parfois déplaisante parce que je dis ma vérité, que ça dérange les autres ou pas. Je me répète souvent ceci: «Non est une phrase complète.» Pas d’explication, c’est non. C’est très efficace. Mais n’allez pas croire que je suis capable d’appliquer ça tout le temps. J’ai beaucoup de difficulté à dire non, mais j’aime l’idée. Et j’ai de plus en plus d’expérience, avec l’âge. (rires)
  • Paul-Houde
    LE SURPRENANT: Paul Houde. Est-ce facile d’oser être soi? C’est le travail d’une vie au complet. Et comme dans n’importe quel apprentissage, il y a des jours où on est moins fort et on retombe alors dans nos tracks pour ne pas déplaire. On meurt en n’ayant pas encore tout à fait atteint cet objectif. Enfant, on est programmé à réagir en fonction de la pression que nous mettent les autres. Plus on vieillit, moins ç’a d’importance et plus on s’assume tel qu’on est. Excusez-moi de l’exprimer comme ça, mais oser être soi, c’est faire un immense doigt d’honneur à toute l’humanité contrôlante autour de soi. Il faut arrêter de vivre dans la peur!
  • Juliette-Gosselin
    LA RELÈVE: Juliette Gosselin. Est-ce facile, «oser être soi»? À l’ère d’Instagram et des réseaux sociaux en général, je trouve ça difficile d’être moi-même. Mon plus gros travail, depuis quelques années, c’est d’arrêter de me comparer aux autres femmes et de plutôt m’inspirer de celles qui m’entourent. Ça m’a permis d’apprécier mon individualité. Il faut arrêter d’envier ce qu’on n’a pas et embrasser ce qu’on a. Adolescente, j’étais convaincue que j’allais refaire faire mes seins un jour tellement je les trouvais petits… et maintenant, jamais je ne ferais ça! J’adore mes seins! C’est donc un travail qui se fait peu à peu. On ne s’en rend pas nécessairement compte, mais on évolue.
  • Félix-Antoine Tremblay
    LE RECONNAISSANT: Félix-Antoine Tremblay. «Oser être moi-même, ç’a toujours été assez facile. On m’a enseigné que c’était la plus belle qualité qu’une personne pouvait avoir. C’est quand quelqu’un est authentique que tu as accès à ses valeurs, à son humour, à son intelligence, à sa sensibilité, à sa beauté et à sa vulnérabilité.»
  • Genevieve-Shmidt
    LA JOVIALE: Geneviève Schmidt. Oser être soi, c’est ne pas trop se poser de questions. Pas de flafla. Dans un métier d’image comme le mien, je serais malheureuse de ne penser qu’à mon apparence. Mais ça ne m’empêche pas d’être coquette et de me trouver belle en me regardant dans le miroir! Il faut se connaître pour se sentir bien.
  • Alex-Perron
    L’ASSAGI: Alex Perron. «Être bien avec soi-même, c’est la base de tout. Ça devient alors facile d’être bien avec nos proches et dans tout ce qu’on veut faire dans la vie. Quand on a un malaise avec une partie de soi-même, on ne peut pas être en harmonie avec ce qui nous entoure. Le fait d’oser être soi vient teinter ce qu’on dit, ce qu’on projette comme image. Si on écoutait davantage notre petite voix intérieure, on s’éviterait ben de la schnoutte!» (rires)
  • Josee-Boudreault
    LA RÉSILIENTE: Josée Boudreault. Avant, c’était facile pour moi de m’exprimer. Maintenant, c’est plus ardu, mais ce n’est pas grave, je m’y fais. J’ai encore des choses à dire, j’ai juste moins de mots. Ma vie n’est pas finie, c’est juste une autre vie. Alors, qu’est-ce que je fais maintenant? J’avance et je fonce. Je suis chanceuse au boutte, parce que je ne suis pas seule là-dedans. Je suis accompagnée du meilleur chum. Avec lui, tout est possible. On est heureux. Il faut juste que ça continue.
  • Mathieu-Baron
    LE TRAVAILLANT: Mathieu Baron. Que veut dire «oser être soi»? C’est oser assumer ses actions, et non pas agir en fonction de la façon dont on s’imagine que les gens aimeraient qu’on agisse. C’est arrêter d’écouter tout le monde et s’écouter soi, tout simplement. Je ne dis pas qu’en prenant tes propres décisions, ça va toujours bien aller, mais tu pourras au moins les assumer à 100 %.» Ça peut donc vouloir dire déplaire? «Si on plaît à tout le monde, c’est clair qu’on n’est pas soi-même. Il faut assumer que certaines personnes ne seront pas d’accord avec nos choix et qu’on peut même déplaire à nos meilleurs amis en refusant de sortir un vendredi soir pour répéter des textes, par exemple. Au bout du compte, les gens qui vont rester près de nous sont ceux qui peuvent comprendre qu’on se respecte et qu’on fait les meilleurs choix pour soi.»
  • Michelle-Blanc
    L’INSOUMISE: Michelle Blanc. Est-il facile d’oser être soi-même? C’est dans ma nature. J’ai toujours été moi-même, même avant de changer de sexe. Je suis provocatrice, je n’ai pas la langue de bois, je sacre et j’en suis fière. Humblement, j’ai toujours eu beaucoup de «fond» mais pas tellement de «forme». J’utilise des mots québécois comme «diguidine», mais je peux aussi dire Nabuchodonosor, qui était souverain de Babylone. J’assume autant ma culture intellectuelle que ma culture populaire, mais il y a du monde que ça fatigue beaucoup.
  • Phil-Roy
    LE RÉALISTE: Phil Roy. Assumer qui on est passe aussi par l'acceptation corporelle, n'est-ce pas? J'ai 30 ans et je vais probablement ressembler à ça toute ma vie. Je ne serai jamais mannequin pour Calvin Klein. Il faut arrêter de vouloir ce qu'on ne sera jamais capable d'avoir! Cela dit, je ne peux quand même pas mettre autant de temps à écrire une joke en nourrissant la machine qui va la livrer - c'est à dire moi - avec de la poutine matin ,midi et soir. Je dois être en forme.
  • Yama-Laurent
    LA RÉSERVÉE: Yama Laurent. Que veut dire «oser être soi»? Peu importe le milieu dans lequel tu gravites et les sentiments que d’autres personnes pourraient avoir à ton égard, il est important de rester soi-même et de ne pas projeter une image qui exige trop de travail! (rires) On doit aussi être confiante et avoir du respect pour soi-même. Est-ce que l’aventure de La Voix t’a changée? Non, pas du tout. J’accepte mes obligations tout en restant Yama et je ne cherche pas à devenir quelqu’un d’autre. Ça demande quand même du travail, parce que je souhaite être à la hauteur de toutes les attentes. Ça représente aussi beaucoup d’attention pour une personne qui n’en a jamais eu, c’est vraiment gros! Mais j’ai appris à comprendre et à embrasser ma nouvelle réalité. Et ça va bien aller.
  • Laurent-duvernay-tardif
    LE SURDOUÉ: Laurent Duvernay-Tardif. Que veut dire «oser être soi»? Ça veut dire de ne pas renier ses valeurs pour adhérer à un moule social X ou Y. Mais j'avoue que c'est facile pour moi de dire ça. Je suis un homme blanc, né au Québec, dans une famille aisée et unie; j'ai donc plein de facteurs à mon avantage pour oser être moi-même. Comment réussis-tu à rester aussi humble? Quand je sentais que mon égo commençait à gonfler pendant la saison de la NFL parce que je jouais devant 80 000 personnes et que tout le monde m'adulait, il fallait que je me ground. Alors je retournais à l'hôpital étudier la médecine au plus bas de la hiérarchie du monde hospitalier, ou encore, j'allais servir les clients à la boulangerie de mes parents, histoire de me ramener sur terre. Je suis qui, moi, pour penser que je fais quelque chose de si hot en jouant au football? Le mot le dit: je joue! Dans le vestiaire, je suis clairement un de ceux qui sont les plus conscients que c'est seulement un jeu... parce que quand tu es à l'hôpital, tu ne joues pas.
  • Chantal-Lacroix
    L’INSPIRANTE: Chantal Lacroix. «Oser être soi, c’est s’affirmer, ne pas avoir peur de ses opinions, mais c’est aussi, dans mon cas, s’afficher telle qu’on est. Avec mon vitiligo qui devenait de plus en plus apparent, il y avait une limite à ce que je pouvais camoufler. J’ai donc lâché prise, et le fait d’assumer cette différence m’a rendue plus forte. Je suis fière de qui je suis. J’ai hâte qu’on vive dans une société qui valorise davantage l’«être» que le «paraître». Après tout, on n’est qu’une enveloppe physique. Il faut commencer à trouver la différence belle et à comprendre que notre bonheur ne passe pas par le regard des autres, mais bien par celui qu’on pose sur soi-même. Cela dit, je n’ai pas la prétention de tout savoir et de mettre en pratique tout ce que je dis, mais je suis dans ce cheminement au quotidien.»
  • Pierre-yves-Lord
    LE RASSEMBLEUR: Pierre-Yves Lord. «Jouer le jeu de la vie en n’étant pas soi-même, ça peut peut-être fonctionner un temps, mais pendant toute la durée de notre passage sur Terre, je ne vois pas comment on y arriverait. C’est sûr qu’on passe beaucoup de temps à la recherche de soi-même, mais un jour, on réalise qu’on ne change pas tant que ça en vieillissant, et qu’on est pogné avec qui on est. Il faut juste l’accepter! Depuis que je laisse davantage de place à qui je suis vraiment, ma vie va mieux. Le chemin se trace plus facilement quand on suit son instinct et ses pulsions. On dirait qu’on fait moins de détours inutiles pour se connecter au bonheur. S’affirmer, ce n’est pas juste un geste individuel. Souvent, c’est lorsqu’on est entouré des bonnes personnes qu’on parvient à faire ressortir notre véritable “soi”.»

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Cet article est tiré du numéro automne du magazine 2018 VÉRO en kiosque présentement.

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Photos : Pierre Manning

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