Patsy Gallant, la femme qui n’a rien perdu de sa fougue!

18 Mai 2018 par Annie St-Amour
Catégories : Culture / Oser être soi

Cumulant plus de 60 ans de carrière, Patsy Gallant, celle qu’on a longtemps surnommée «La reine du disco» n’a rien perdu de sa fougue. Portrait d’une artiste qui a encore beaucoup de choses à dire.

Quel rapport avez-vous avec la beauté, Patsy?

Je sais que c’est terrible à dire, mais je ne me suis jamais trouvée belle. Ça remonte à l’enfance. Quand on te dit que tu ressembles à Cheeta, le chimpanzé de Tarzan, ou qu’on te conseille de ne pas te regarder dans le miroir sous peine d’y voir le démon, tu ne peux jamais te trouver belle… Aujourd’hui pourtant, quand je regarde des photos de moi à 18 ans, je constate que je n’étais pas seulement belle… j’étais canon! (rires)

Êtes-vous à l’aise avec le fait de vieillir?

Oui, parce que je ne le vois pas. Il y a l’arthrite qui me rappelle que je vieillis, autrement les gens trouvent que je ne change pas. C’est génétique. Ma mère, mes sœurs et moi avons des peaux de porcelaine! Je pense que le fait de boire du thé et de n’avoir jamais fumé ont eu une influence là-dessus aussi. Souvent, les esthéticiennes me disent: «Pasty, we don’t know what you’re doing, mais change pas de crème, ça marche!»

Avez-vous déjà ressenti une pression de la part de l’industrie pour subir des chirurgies esthétiques?

Non, jamais. Je suis une femme forte et je sais ce que je veux. Certaines personnes trouvaient que j’étais bossy à l’époque où je travaillais à la télé parce que je ne voulais pas qu’on filme mes deux profils. On a pris assez de photos de moi pour que je sache ce qui m’avantage. Bien sûr, j’ai fait des trucs avec mon visage, mais j’ai attendu extrêmement tard. C’est bien beau un facelift, mais qu’est-ce qu’on fait quand le visage ne va plus avec les mains? Comme je fais de l’arthrite, les miennes ont l’air d’être celles d’une femme de 90 ans.

Quel âge avez-vous dans votre tête?

J’ai encore 40 ans. C’est le plus bel âge. De nos jours, les femmes de 40 ans ont presque l’air d’en avoir 25. Et celles de 60 ont l’air de 40 ans. Quand tu es active, que tu fais ce que tu aimes, tu trouves de l’énergie pour n’importe quoi… comme faire des shows de deux heures et demie en talons hauts!

Si vous le pouviez, revivriez-vous autrement certaines parties de votre vie?

Non, parce que c’est ce qui a défini ce que je suis aujourd’hui. Quand j’étais enfant, nous étions pauvres, et vivre dans la misère, à mon avis, a fait en sorte que je me suis battue un peu plus pour avancer. Je n’ai pas eu d’enfance, mais je ne l’ai jamais regretté. Sur scène, je recevais toute l’attention du monde, ce que je n’avais pas à la maison car nous étions une famille de 10 enfants.

De monter aussi jeune sur scène vous aura permis de...

Je dirais de trouver ma quête. Ma voix, c’est un don du bon Dieu et je le remercie tous les jours pour ça. Chanter, c’est ma façon de donner. Si, pendant deux heures de spectacle, je rends des gens heureux, je les touche et je change le cours de leur journée, j’aurai fait ma part dans ce monde.

Qui a été votre mentor?

Ma mère est celle qui m’a le plus aidée. Quand j’étais jeune, elle me faisait monter sur les tables pour chanter et elle disait: «Est bonne, la p’tite.» Ce sont des mots qui restent.

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Qu’est-ce que vos amis diraient de vous?

Ils diraient que je suis intègre. Quand j’aime quelqu’un, c’est pour la vie. 

Quel est votre plaisir coupable?

La mode! C’est quelque chose qui m’habite depuis mon très jeune âge. À 18 ans, j’achetais tous les magazines Elle. J’avais des sous, je n’allais pas au théâtre, je m’achetais des magazines. Je rêvais d’avoir des vêtements parce que je n’en avais pas.

Quel est votre rapport avec la mode aujourd’hui?

La mode, c’est pour moi un reflet de la société. J’aime tellement ça que j’ai tendance à exagérer, mais il faut que je me calme, parce que je n’ai pas tant d’occasions pour porter tous les beaux vêtements que j’ai dans ma garde-robe. Et les chaussures, on n’en parle pas. Ne me demandez pas de vous dire combien j’en ai. (rires)

Quel est le designer qui vous allume le plus?

J’ai beaucoup aimé Azzedine Alaïa, qui est à mes yeux un des grands couturiers. Quand je l’ai découvert, j’ai capoté. J’avais le corps pour le porter. J’ai aussi longtemps porté du Thierry Mugler, que j’ai connu à Paris.

Quels sont vos endroits préférés pour faire du shopping?

Je vais souvent chez Winners et Zara. Il faut avoir l’œil. Je peux attendre la saison suivante avant d’acheter un morceau qui va s’agencer avec un autre. Quand je magasine, j’apporte des photos de vêtements que je découpe dans les magazines; je cherche partout jusqu’à ce que je les trouve.

Qui sont les artistes que vous écoutez beaucoup ces temps-ci?

Rihanna, Adele, Ed Sheeran. Mon fils est un maniaque de musique et il a beaucoup d’influence sur mes goûts musicaux. Du côté francophone, Charlotte Cardin est fabuleuse. Et la première fois que j’ai vu Cœur de pirate, je me suis dit qu’elle irait loin. Enfin, j’adore Marie-Mai qui, comme moi, chante aussi en anglais.

Que pensez-vous des réseaux sociaux?

Je ne suis pas sur les réseaux sociaux. Je ne sais pas comment ça fonctionne et il faudrait que je l’apprenne, surtout avec la campagne de sociofinancement* qui s’en vient.

Est-ce en vue d’un prochain album?

Oui. Ça fait 40 ans que j’écris. À mon âge, il était temps que je me décide à faire quelque chose avec ces textes. Ce sont des chansons que j’ai longtemps gardé secrètes parce qu’elles étaient en anglais. Il y en a une, Ain’t No Way to Treat a Woman, qui parle de la condition des femmes. Je l’ai commencée il y a 25 ans pour parler de ma propre expérience en tant que femme et j’y ai ajouté un couplet dans la foulée de l’affaire Weinstein et du mouvement #MoiAussi. C’était personnel et c’est devenu universel.

* La campagne de sociofinancement intitulée Patsy Gallant Unsung Songs – Debut est présentement en ligne sur le site indiegogo.com.

 

 

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Cette entrevue est parue dans le numéro printemps du magazine VÉRO. Abonnez-vous ici!

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  1. Suzanne Pilon dit :

    Merci pour l’entrevue avec Patsy Gallant , je l’aime depuis toujours .C’est ma chanteuse préféré. J’aime bien sa personnalité !

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