Être généreux, ça rend heureux!

20 Déc 2017 par Nicole Bordeleau
Catégories : Psycho

Nicole Bordeleau, auteure, conférencière, maître en yoga et professeure de méditation nous parle de générosité...et de bonheur.

Nous sommes vendredi soir. Le supermarché est bondé de gens pressés de rentrer chez eux pour le weekend. Tout près de la porte, un kiosque a été installé. On y récolte de l’argent pour un organisme à but non lucratif. La dame derrière la table accoste gentiment les clients qui défilent en leur tendant une boîte de plexiglas déjà remplie de billets et de pièces de monnaie. À travers ce brouhaha, un jeune homme, début vingtaine, tente de se faufiler vers la sortie, mais la bénévole est plus vite que lui. Avant qu’il atteigne la porte, elle lui tend sa boîte de plastique. Au lieu de piger dans ses poches pour y déposer quelque chose, l’homme passe tout droit. En le voyant quitter les lieux aussi promptement, la personne qui me précède dans la file d’attente s’exclame: «Le monde est tellement rendu égoïste!»

Tandis que je marche vers ma voiture, des questions me trottent dans la tête. Est-ce réellement par manque de générosité que ce jeune homme n’a rien mis dans la boîte? Son geste était-il égoïste, vraiment? Si, par exemple, je donne de l’argent à une association caritative parce que je n’ai pas le choix ou par sentiment de culpabilité, est-ce là un acte plus généreux? Ici, je ne conteste pas qu’il faille partager nos ressources financières avec les plus démunis, mais je crois que le chemin de la générosité peut aussi emprunter d’autres avenues.

De retour à la maison, je repense à la situation qui vient de se produire à l’épicerie. L’homme n’a pas donné d’argent à cet organisme de bienfaisance, soit, mais peut-être contribue-t-il au bien-être des gens autrement. Qui a dit que la générosité doit obligatoirement se traduire par un don monétaire? Pour lui, être généreux peut signifier donner un coup de main à son voisin, céder sa place dans le bus, ramasser des déchets sur le trottoir, ouvrir une porte pour une personne aux bras chargés de sacs, céder le passage sur la route, laisser passer quelqu’un dans une file d’attente, dire bonjour à un étranger, offrir un vrai sourire ou une présence réconfortante à quelqu’un de son entourage. Ce sont là des gestes tout simples, mais lorsqu’ils sont empreints d’une vraie générosité, ils ont le pouvoir de changer la vie de bien des gens et de transformer progressivement notre monde.

Dans sa plus belle définition, la générosité est un geste authentique qui vient du cœur et qui est libre de tout calcul. Autrement dit, lorsque j’offre quelque chose, je n’attends rien en retour. Un être généreux sait aussi que, quelle que soit sa condition financière, il peut contribuer à améliorer la vie d’autrui. Car c’est en donnant à l’autre que je remercie à mon tour ceux et celles qui m’ont donné dans le passé et que je poursuis ainsi une chaîne de bonté. En ce sens, la générosité est un cadeau au-delà des mots.

Ce cadeau, disent les études scientifiques, on se l’offre aussi à soi-même. À ce propos, une équipe de neurobiologistes des universités de Lübeck (Allemagne), de Zurich (Suisse) et de Chicago (États-Unis) a récemment fait une découverte fascinante: quand nous sommes heureux, nous avons tendance à être plus généreux. Et quand nous sommes généreux, nous avons tendance à nous sentir mieux. En revanche, l’égoïsme aurait tendance à nous compliquer la vie. Quand on s’agrippe aux choses et qu’on garde tout pour soi, on devient plus anxieux et plus méfiant. Il y aurait donc un lien direct entre notre degré de générosité et notre bien-être. En fait, l’équation est simple: dans la vie, on reçoit autant qu’on donne.

En somme, la vraie générosité, ça ressemble à quoi? C’est non seulement plonger les mains dans ses poches, mais aussi au fond de son être pour partager la meilleure partie de soi avec l’autre. C’est se questionner régulièrement sur ce qu’on pourrait bien offrir aux autres de beau et de bon, en cet instant même. C’est donner au suivant, ici et maintenant, sans attendre le temps des Fêtes, un anniversaire ou une catastrophe humanitaire.

Ma journée se termine sur une pensée de gratitude envers cette bénévole et ce jeune homme à l’épicerie. Merci de m’avoir rappelé que la générosité est une qualité qui enrichit notre vie et qui donne du sens à notre existence. Ce soir, je vais m’endormir avec une belle et douce certitude: en étant généreux, on détient la clé du bonheur. Le vrai. Le nôtre. Et celui des autres.

Nicole Bordeleau est auteure, conférencière, maître en yoga et professeure de méditation.

Photo: Laurence Labat

À lire aussi:
Comment vivre la période des fêtes en solo
10 façons de toucher au bonheur 

Pour d’autres articles des Fêtes, rendez-vous dans le magazine VÉRO de Noël en kiosque.

Cliquez ici pour vous abonner.

 

 

Catégories : Psycho
1 Masquer les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Caroline dit :

    J’aime beaucoup votre billet. Je trouve qu’il est effectivment facile de juger la générosité des gens juste parce qu’ils ne donnent pas d’argent mais il y a tellement d’autres façons d’être généreux. À y repenser la prochaine fois avant de passer un commentaire…

Ajouter un commentaire

Magazine Véro

S'abonner au magazine