Comment vivre la période des Fêtes en solo

07 Déc 2017 par Rose-Marie Charest
Catégories : Psycho

Dans certains cas, célibat rime avec frustration, chagrin et même souffrance causée par un manque d’amour. Rose-Marie Charest nous livre ici quelques pistes pour composer avec cette dure réalité, surtout en ce temps de festivités.

Les temps changent, mais…

En 2017, ce n’est plus une tare d’être célibataire, soit. Mais ça ne nous rend pas forcément heureuse de l’absence d’un amoureux dans notre vie… En effet, même si les mentalités ont changé et que les discours d’empowerment insistent sur le fait qu’on peut très bien (voire qu’on doit) être heureuse en étant célibataire, il y a encore bien des femmes qui acceptent mal cette réalité. Qu’est-ce qui se passe pour qu’on ait tellement envie d’être les nouveaux Roméo et Juliette, John et Yoko ou Louis et Véro?

Il se passe que tout le monde veut être aimé; c’est un besoin universel. Il ne faut donc pas se considérer comme une dépendante affective si on aspire à vivre à deux plutôt qu’en solo. Cela dit, il se peut qu’on ait tendance à penser que l’amour conjugal satisfera tous nos besoins affectifs, ce qui est faux: c’est plutôt la variété de nos relations interpersonnelles qui comble ces besoins.

La relation amoureuse apporte néanmoins plusieurs satisfactions:

  • l’intimité sexuelle, et ce, qu’on habite avec notre partenaire ou non;
  • la confiance qu’on développe envers quelqu’un qu’on apprend à découvrir au quotidien et la confiance en soi que procure le regard de l’autre qui nous connaît par cœur et nous accepte;
  • le partage des joies et des peines ou, de façon plus terre à terre, des finances et des tâches ménagères! Pour la plupart d’entre nous, la vie est effectivement plus simple quand on est deux pour assumer les dépenses, élever les enfants ou partir en voyage.

«Je n’ai pas le goût de me forcer à aimer ma vie de célibataire!»

Si les articles, les ouvrages et les blogues procélibat ne nous interpellent pas du tout, alors non, on n’a pas à se forcer pour endosser leur point de vue. Il faut éviter de tomber dans un schème de pensée où l’on se sent obligée de faire partie d’un camp. Ce n’est pas parce qu’on est célibataire en ce moment qu’on doit adopter un mode de vie anticouple pour autant!

À défaut d’aimer notre situation actuelle, on gagnera plutôt à l’accepter ou, du moins, à ne pas vivre dans l’obsession du manque. On n’a pas le contrôle absolu sur cette situation, c’est vrai, mais on n’est pas impuissante non plus! Accepter la situation signifie qu’on décide d’en tirer le meilleur parti et d’adopter une attitude d’ouverture face à ce qui existe déjà et à ce qui pourrait survenir dans notre vie.

Arriver à apprécier sa vie de célibataire est non seulement possible, mais aussi positif. Ce qui l’est moins, c’est de clamer haut et fort qu’on est mieux en solo… si une telle affirmation est plus motivée par le dépit que par nos réelles convictions. Cette copine qui n’arrête pas de répéter qu’elle en a fini avec les relations amoureuses, la croit-on vraiment? Pourquoi faut-il qu’elle essaie si fort de nous en convaincre? S’avouer qu’on rêve d’être amoureuse – même si on vit actuellement une traversée du désert – n’a rien de pathétique. Le jardin de notre existence est vaste. On peut constamment enrichir nos relations interpersonnelles et développer d’autres passions que les seuls rapports amoureux.

Être prête pour l’amour… qui ne vient pas

On a tant à offrir, on est prête à tout partager, mais on dirait que personne ne s’intéresse à nous… Avant d’aller plus loin, mettons une chose au clair: on n’est pas un bibelot qui attend d’être choisi. Alors au lieu de se demander «Pourquoi personne ne s’intéresse à moi?», on devrait plutôt se poser cette question: «Est-ce que moi, je trouve les autres intéressants?» Cette façon de changer la perspective fait d’abord en sorte qu’on cesse de se percevoir comme une victime. Ensuite, pour peu qu’on réponde à la question de bonne foi, on obtient un nouvel éclairage sur notre célibat. Se pourrait-il, par exemple, que personne ne nous intéresse parce qu’au fond, on a peur de laisser quelqu’un bouleverser notre vie, peur de lui faire de la place? Ou encore peur d’être rejetée, ce qui s’avère un puissant inhibiteur?

Si le désir d’une relation amoureuse est conscient, les peurs, elles, sont le plus souvent inconscientes. Et ces craintes peuvent nous mettre en échec, soit en altérant notre vision de l’autre («Il n’est pas assez ceci ou trop cela…»), soit en nous faisant poser des gestes ou lancer des affirmations rabat-joie («Voici mes exigences…», «J’aspire à une relation intense où on fera tout ensemble…»). Puis, on attribue le statu quo au fait qu’on n’a pas plu à l’autre, alors qu’au fond, ce sont nos propos rébarbatifs qui l’ont fait fuir.

Notre meilleure amie pense qu’on reproduit toujours les mêmes patterns amoureux. Comment savoir si elle a raison? Si on passe d’une relation à l’autre sans qu’aucune ne fonctionne, on devrait se questionner sur ce qui nous attire chez l’autre, sur notre attitude et nos comportements. Si on estime que tous les hommes qu’on a rencontrés étaient «pareils», c’est parce qu’on s’est intéressée à des gars qui se ressemblent.

Dans ce cas, un exercice de réflexion s’impose. Et au cours de ce processus pour trouver de vraies réponses, il faut fouiller un peu afin de dégager ce qui se répète chaque fois sur le plan de nos réactions et de celles de l’autre, de nos choix, de nos émotions. On ne peut changer un que dans la mesure où on comprend ce qui se passe.

Par exemple, si on a peur de l’intimité, il se peut qu’on tombe inconsciemment amoureuse d’hommes qui sont rarement disponibles et avec qui il est difficile d’établir une relation. Puis, quand l’échec survient, on se contente de mettre la faute sur les absences de l’autre, sur ses loisirs ou ses fonctions qui le font voyager, au lieu de pointer la vraie raison qui émane – du moins en partie – de… nous. Une personne n’a pas à agir contre sa nature pour réussir sa vie de couple ni à se forcer pour répondre aux attentes de son partenaire. À cet égard, on se doit d’être honnête envers soi-même, la seule personne qu’on a réellement le pouvoir de changer.

On sort encore d’une relation éphémère qui nous laisse un peu plus cynique et désabusée. Pourtant, cette fois-ci, on pensait avoir vraiment trouvé LE bon gars… C’est peut-être parce qu’on idéalise trop l’amour, à tel point qu’on est incapable de compromis dans la vie réelle. Aucun homme n’est parfait et aucune relation ne peut répondre à toutes nos attentes. Si on se base sur les héros de la littérature ou du cinéma pour établir le profil du chum idéal, pas étonnant qu’on soit déçue par le commun des mortels!

La clé, c’est avant tout de se connaître, de savoir ce qui est essentiel pour nous et ce qu’il serait aussi bien agréable d’avoir, mais dont on peut faire le deuil assez facilement. Parce qu’il y aura forcément des compromis à faire. Avec lesquels peut-on vivre sans problème? Dans l’expression «relation amoureuse», il y a d’abord le mot «relation». On ne cherche pas seulement un amoureux, on souhaite développer une relation. Or, même l’homme idéal peut ne pas pouvoir – ou vouloir – offrir la relation qu’on espère.

Il est vrai que plusieurs femmes préfèrent rompre au premier désenchantement plutôt que de se donner la peine de connaître ce nouvel amoureux, d’explorer ce que pourrait devenir une relation avec lui, d’évaluer ce qu’elles seraient prêtes à partager avec cette personne. On découvre que notre Jules déteste la danse contemporaine alors que c’est notre grande passion? Ou encore qu’il est travailleur communautaire alors qu’on est vice-présidente d’une grande société? Il faudra alors sortir du modèle idéalisé pour voir si le modèle réel peut nous apporter une relation satisfaisante. Qui sait? Il est fort possible qu’on adore discuter avec lui, qu’on ait les mêmes valeurs et qu’on développe une belle intimité à deux… Dans ce cas, on assistera aux spectacles de danse avec une amie et on parlera affaires avec nos collègues!

«Ça doit être de ma faute si ça ne marche jamais…» Quand la relation ne fonctionne pas, on y est certainement pour quelque chose, mais ça ne veut pas dire qu’on en est entièrement responsable. Après tout, it takes two to tango!

Ça nous ramène à cet exercice qui consiste à trouver le dénominateur commun dans nos relations qui n’ont pas fonctionné. Nos Roméo finissent tous par nous ennuyer? Il se peut que ce qu’on cherche avant tout dans l’amour soit la passion. Or, chacun sait que la passion n’est jamais éternelle.

On a un jour le sentiment d’être abusée? Peut-être qu’au départ, on était fascinée par le pouvoir de l’autre, par son côté «mâle alpha». Difficile ensuite de le blâmer de ne jamais participer aux tâches ménagères si on s’en est toujours occupé toute seule pour ne pas le déranger… ou pour que ce soit fait à notre manière.

Notre amoureux se sent étouffé? Peut-être que nos attentes envers lui étaient trop grandes. Personne ne veut avoir l’entière responsabilité du bonheur de l’autre: c’est un trop gros mandat, voire un fardeau. Normal qu’il ait envie de fuir… Mais il se peut aussi qu’il était justement libre parce qu’il a lui-même peur de l’intimité ou de l’engagement. À ce sujet, on gagnerait à discuter avec lui de ce qui a mis un terme à ses relations passées.

Notre chum nous tombe souvent sur les nerfs? Peut-être qu’on a un tempérament un peu plus solitaire que le sien et que passer du temps seule dans notre bulle est essentiel à notre relation. Car les couples ne sont pas tous faits pour vivre ensemble!

Va pour l’examen de conscience et les compromis qu’on est prête à faire. Mais on ne va quand même pas changer de personnalité pour plaire à l’autre? Bien sûr que non! L’authenticité est non seulement essentielle au bonheur, mais elle s’avère aussi très attrayante. Être authentique ne veut toutefois pas dire qu’on est irréprochable. Imposer ses vues et se montrer intransigeante ne font pas de nous des femmes fortes et indépendantes, mais des femmes qui se ferment et repoussent les autres.

Retenons qu’un couple, c’est la somme de trois territoires: le nôtre, le sien, et le territoire qu’on bâtit à deux. Si on cherche une relation amoureuse harmonieuse, il faut:

  • être ouverte aux interactions;
  • avoir le goût de la découverte pour construire quelque chose de nouveau;
  • accepter que les choix, les pensées et les réactions de l’autre moduleront notre vie de couple autant que les nôtres.

Est-il vrai qu’à trop chercher l’âme sœur, on finit par ne jamais la trouver? Il y a une différence entre chercher de façon obsessive et être présente et disposée à découvrir ce qui pourrait exister. Il faut prendre le temps de regarder l’autre, de le questionner, de l’écouter, de s’intéresser à lui pour vrai. On n’est pas dans une séance de lèche-vitrine où, si on ne trouve pas ce qu’on veut dans la première, on passe aussitôt à la suivante! Le magasinage intensif risque de nous embrouiller la vue. Mieux vaut y aller mollo, entrer tranquillement dans la boutique et être curieuse des découvertes qu’on pourrait y faire.

Cela dit, être réceptive ne signifie pas être aux aguets: ça se sent et ça se voit quand on est en train de pister une proie. L’autre aussi doit pouvoir séduire… et non pas avoir le sentiment d’être traqué! On a déjà vu des femmes tellement résolues à séduire qu’elles se concentrent exclusivement là-dessus plutôt que d’exprimer ce qui est réellement intéressant en elles.

Ça y est, on a enfin trouvé celui qui fait battre notre cœur, stimule notre esprit et fait monter le désir en nous… Dommage que ce ne soit pas réciproque! Comment survivre au drame d’aimer à sens unique? Il faut accepter la réalité telle qu’elle est et s’enlever de la tête qu’on va finir par faire changer d’idée l’élu de notre cœur. Si la perfection faite homme affirme qu’il n’est pas intéressé, on a avantage à le croire plutôt qu’à se nourrir d’illusions. On entame ensuite notre deuil de cette relation en admettant notre désir frustré et en évitant d’idéaliser celui qu’on n’a pas réellement connu dans des rapports quotidiens.

Alors quoi? On le chasse de notre vie, on fait semblant qu’il n’existe plus? Ou alors on accepte son offre d’amitié, faute de mieux? Cette option est bien sûr tentante, ne serait-ce que pour le plaisir de côtoyer cet être fantastique qui a croisé notre route. Mais il faut se demander si cette amitié – qu’elle soit à caractère sexuel ou non – nous plonge dans un état de manque par rapport à ce qu’on aimerait vraiment vivre. En étant son amie, on procure à l’autre la relation qu’il souhaite, mais pas celle que nous, on désire. Il faut éviter de subir longtemps cette situation d’entre-deux par crainte de trop souffrir d’une rupture claire et nette.

Crédit photo: Stocksy

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