Voyager entre amis: les bons plans pour que tout baigne!

06 Juin 2018 par Carolyne Parent
Catégories : Psycho

Rien ne vaut un séjour ensemble pour mieux se connaître et consolider nos liens. Mais il arrive aussi que l’expérience vire au fiasco! Conseils pour qu’un voyage avec nos chums de filles ou notre couple d’amis préféré soit un franc succès.

CanadaStays, TripAdvisor Rentals, Homelidays, Airbnb et sa nouvelle fonctionnalité permettant à chaque membre d’un groupe de voyageurs de payer sa quote-part: décidément, les plateformes proposant la location d’appartements, de maisons, de villas ou de haciendas se multiplient à la vitesse grand V! Parallèlement, une nouvelle tendance se dessine dans le secteur touristique: le voyage entre parents et amis.

Le premier phénomène n’est certainement pas étranger au second, compte tenu que l’hébergement constitue le plus important poste de dépenses de n’importe quel périple. La fermette provençale ou le condo en Floride sont en effet beaucoup plus accessibles quand on y séjourne en groupe.

Le recoupement de commentaires en ligne et de résultats d’enquêtes permet d’ailleurs au site de réservation d’hébergement Booking.com de conclure que les escapades entre copains seront plus populaires que jamais cette année. En effet, 25 % des 19 000 personnes interrogées ont déclaré avoir l’intention de passer leurs vacances entre amis en 2018, comparativement à 21 % l’an dernier. Aussi, 4 répondants sur 10 ont précisé que ce genre de séjour leur permettait de louer des hébergements qu’ils n’auraient jamais pu s’offrir s’ils étaient partis seuls.

À titre d’exemple, Catherine* avait déniché la «cabane» de ses rêves au bord de la mer, en Martinique. «Avec mon mari et ma fille de 12 ans, nous sommes partis rejoindre ma sœur et son époux, ainsi qu’un couple d’amis et leur fille de 10 ans, raconte-t-elle. Un cauchemar de deux semaines…» Pourquoi donc? «Parce que même les gens qu’on aime beaucoup finissent par nous tomber sur les nerfs quand on les côtoie au quotidien!»

TURBULENCES EN VUE

Partir en vacances en gang n’est donc pas une décision à prendre à la légère. Selon Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, il y a d’ailleurs toute une série de paramètres à prendre en compte avant de concrétiser le projet.

«La première question à se poser, c’est: “De quel genre de vacances ai-je besoin?” Parce que si on a envie de faire le vide, on ne voyagera pas de la même façon que si on a le goût de l’aventure, dit la psychologue. Ensuite, il faut se demander: “Est-ce que je connais bien ces amis?” et “Dans quel contexte est-ce que je les fréquente?” Car s’il s’agit de gens avec qui on mange au restaurant une fois par semaine, mais qu’on n’a jamais vu vivre et dont on ignore les habitudes et les manies, ça peut poser problème.» Le fait d’avoir beaucoup de plaisir avec certaines personnes depuis des lunes n’est donc pas garant de la réussite d’un voyage ensemble.

Quant aux amis de nos amis, il n’est pas du tout assuré qu’on ait des atomes crochus avec eux. S’ils font partie du groupe, c’est un risque à assumer sans se faire d’idées… histoire de ne pas être trop déçue. «Nourrir de grandes attentes envers des étrangers n’est pas très réaliste», souligne Mme Grou.

Par ailleurs, bien voyager avec d’autres re- quiert certaines qualités, dont l’empathie et la tolérance. «Il faut être capable de se mettre à la place des autres et reconnaître qu’ils sont différents de soi, explique la psychologue. C’est ce qu’on appelle l’altérité, la reconnais- sance de cette différence. L’autre ne vit pas forcément comme nous. À ce propos, une autre bonne question à se poser est: “Quelles sont les choses sur lesquelles je ne suis pas prête à faire de compromis?”»

DE BONS PLANS

Chose certaine, séjourner une semaine dans un tout-inclus dans le Sud, où chacun des membres du groupe pourra aller s’aérer sur la plage ou au gym en cas de frustration, est moins risqué que de cohabiter en gang dans une même maison!

«Cinq copines qui partent ensemble au soleil pour profiter de la plage et lire de bons livres est un scénario bien différent du cas de cinq filles qui s’installent un mois en Europe dans une villa sans s’être entendues au préalable sur les musts de chacune», dit Martine Potvin. Conseillère en voyage depuis 32 ans, elle organise chaque année plusieurs voyages entre amis, et plusieurs de ses groupes préfèrent l’hôtel. «Ils sont tellement conscients du fait qu’être tout le temps ensemble peut engendrer des conflits que les célibataires du groupe sont prêts à payer le supplément pour personne seule afin d’éviter de partager leur chambre», révèle-t-elle.

Selon la spécialiste de Voyages Club Sol Playa, à Laval, la croisière est une belle façon de voyager entre parents et amis, car elle permet à chacun de choisir les activités qui lui conviennent. «On fait – ou pas – les excursions qui nous intéressent, et on se retrouve aux repas pour partager les expériences de la journée.» Cependant, la location d’une maison demeure le premier choix d’hébergement des gros groupes. «Et présentement, la villa en Toscane est très populaire», affirme Martine Potvin.

Dans un contexte de séjour de groupe en région, au pays ou à l’étranger, cette pro du voyage conseille de louer plus d’une voiture: «Idéalement, une pour quatre personnes, dit-elle, de façon à disposer d’une certaine autonomie pour les visites – ou ne serait-ce que pour pouvoir aller faire l’épicerie quand les autres sont partis ailleurs.»

SOS, ÇA BARDE!

Avant de partir un mois au bout du monde avec les copains, ça vaut sûrement la peine de faire un test de cohabitation, le temps d’un long weekend, par exemple. «L’un boit trop, l’autre déteste magasiner, celle-là met une éternité à prendre une photo, celui-là ronfle: en vacances, on découvre nos amis sous un autre jour», assure Martine Potvin.

Cela dit, les belles histoires existent aussi. Depuis trois ans déjà, Mme Potvin organise des voyages entre voisins, un groupe de neuf personnes, dont cinq enfants de 9 à 15 ans. «L’an dernier, ils ont visité la vallée de la Loire en camionnette pendant trois semaines et tout s’est très bien déroulé.»

Tout le contraire du séjour de la famille de Catherine avec deux autres couples en Martinique. Elle en a vite eu plein les bras avec son mari impatient «qui avait voulu nous faire plaisir, mais qui, au fond, n’avait aucune envie de passer ses vacances avec autant de monde».

Mais comment faire pour aplanir les différends qui surgissent pendant le séjour sans blesser personne ni empoisonner l’atmosphère du groupe? La psychologue Christine Grou conseille de les régler au fur et à mesure, mais surtout pas à chaud. «Il ne faut pas attendre la fin du voyage, car on aura alors gâché nos vacances, dit-elle. Mais il ne faut pas non plus réagir sur le coup, car on manque alors souvent d’ouverture. Le mieux, c’est de prendre un peu de recul pour s’interroger: “Qu’est-ce qui m’a contrariée à ce point?”» On devrait ensuite être capable de dire les choses sans attaquer l’autre.

«Mais si ça se passe vraiment mal, sachez qu’il n’y a pas grand-chose qui ne se répare pas», affirme Mme Grou. À preuve, Catherine est encore mariée!

* Nom fictif à la demande de la personne interviewée.

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Photo: Stocksy

 

 

Ce reportage est paru dans le numéro printemps 2018 du magazine VÉRO. Abonnez-vous dès maintenant!

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