Le point sur le syndrome des ovaires polykystiques

26 Avr 2018 par Véronique Alarie
Catégories : Santé

Même s’il s’agit du trouble hormonal et de fertilité le plus fréquent chez les femmes, le syndrome des ovaires polykystiques demeure largement méconnu. On fait le point là-dessus.

Menstruations douloureuses et irrégulières – voire carrément absentes –, infertilité, acné, pilosité accrue et poids hors de contrôle: les symptômes liés au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) sont aussi pénibles que nombreux. Et bien que de 6 % à 10 % des femmes âgées entre 18 et 45 ans soient atteintes de cette condition métabolique d’ordre génétique, à peine la moitié d’entre elles auraient reçu un diagnostic… Un constat pour le moins alarmant, quand on sait que le syndrome est associé à de nombreux autres soucis de santé.

LE DÉFI DU DIAGNOSTIC

Pourquoi y a-t-il si peu de femmes au courant de leur condition parmi celles affectées par le syndrome? Selon l’endocrinologue Jean-Patrice Baillargeon, cela s’expliquerait en partie par le fait que lorsqu’une patiente mentionne un des symptômes à son médecin généraliste, il lui offrira probablement une solution pour pallier ce problème précis, sans forcément investiguer davantage. «Par exemple, si la femme souffre d’acné sévère, on va se contenter de lui prescrire la pilule contraceptive, note le Dr Baillargeon. Il serait pourtant beaucoup plus pertinent de poser un diagnostic le plus tôt possible (voir l’encadré ci-dessous), afin d’aviser la patiente qu’elle court un risque accru d’éprouver divers problèmes de santé à long terme.» Parmi ceux-ci, en plus de l’infertilité, mentionnons la dépression et l’anxiété, le diabète, un taux élevé de cholestérol, l’obésité, les maladies coronariennes et cardiovasculaires, les troubles du foie, le cancer de l’endomètre et l’apnée du sommeil (30 fois plus fréquente chez les femmes atteintes du SOPK).

SOIGNER LES SYMPTÔMES

D’abord et avant tout, l’endocrinologue recommande d’opter pour un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée et variée, ainsi qu’au moins deux heures et demie d’activité physique par semaine. «Plus que n’importe quel médicament, c’est ce qu’on devrait toujours privilégier chez ces patientes, car ça reste le meilleur moyen de prévenir d’éventuelles complications, souligne le Dr Baillargeon. On n’en tire que des bénéfices et pas un seul effet secondaire! Chez certaines femmes obèses, ce mode de vie actif peut susciter une perte de poids de 5 % à 10 %, entraînant une nette amélioration des symptômes.»

S’il n’existe pas encore de traitement pour guérir ce syndrome, il est néanmoins possible d’en réduire les effets indésirables chez les personnes atteintes. «Par exemple, les femmes dont le taux élevé d’hormones mâles nuit à la fertilité peuvent prendre des médicaments, comme le Metformin, pour stimuler l’ovulation.» En ce qui concerne l’acné, la pilosité abondante ou encore les règles irrégulières et douloureuses, on obtient en général des résultats probants avec la pilule contraceptive.

Une fois les symptômes du SOPK maîtrisés, un suivi adéquat devrait notamment inclure des tests de dépistage du diabète et des bilans lipidiques sanguins à intervalles réguliers, ainsi qu’un contrôle de la pression artérielle.

ALIMENTS ALLIÉS

Le syndrome des ovaires polykystiques est étroitement lié à une résistance à l’insuline, qui multiplie par quatre le risque de développer le diabète de type 2. Pour le prévenir, la nutritionniste Marianne Lefebvre conseille de privilégier des aliments riches en fibres (céréales à grains entiers, fruits, légumes et légumineuses), qui favorisent une plus lente absorption du sucre dans le sang. «On veille aussi à ne sauter aucun repas, afin de maintenir un taux adéquat de sucre dans le sang. Pour les collations, on mise sur les glucides complexes (fruits, crudités, craquelins de grains entiers) et les protéines (noix, graines, yogourts, fromages allégés, beurre de noix et houmous).»

De même, mieux vaut limiter notre consommation de produits transformés, riches en gras trans et saturés, qui font augmenter notre taux de mauvais cholestérol. On leur préfère des poissons gras comme le saumon, le maquereau ou encore la truite arc-en-ciel, et on remplace certaines portions de viande par des protéines maigres (haricots, lentilles, pois, tofu). Enfin, on s’assure de dormir suffisamment (idéalement, entre 8 et 9 h par nuit). «Il a en effet été démontré qu’on se laisse davantage tenter par des aliments riches en sucre et en mauvais gras quand on est fatiguée.»

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POUR ÉTABLIR LE DIAGNOSTIC

Le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques peut être posé lorsque la personne présente deux des
trois critères suivants:

  1. Un excès d’hormones mâles observable par les symptômes ou révélé par un 
test en laboratoire;
  2. Des ovulations irrégulières indiquées par des règles sporadiques ou peu fréquentes, ou encore par des tests sanguins;
  3. La présence d’ovaires polykystiques constatée lors d’une échographie pelvienne.

«En présence des deux premiers
critères, il n’est pas nécessaire de se soumettre à une échographie, indique l’endocrinologue Jean-Patrice Baillargeon. À l’inverse, même si l’échographie est parfaitement normale, on peut tout
de même avoir le syndrome des
ovaires polykystiques.»

 

Cet article est tiré de l’édition printemps du magazine VÉRO.

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