L’ABC du voyage en solo

Voyager seule
08 Oct 2018 par Carolyne Parent
Catégories : Voyage

Pour s’accomplir, certaines visent le marathon. D’autres, un diplôme en vue d’une promotion. D’autres encore, le bout du monde en solitaire. Cette troisième option est certainement la plus agréable de toutes! Un voyage en solo, ça vous tente?

Ce n’est pas pour me renfler la valise, mais le voyage, je connais ça: après tout, c’est mon métier! À titre de touriste professionnelle, je pars à l’étranger en moyenne une fois par mois depuis plus de deux décennies. Or, à chaque voyage en solo, c’est toujours la même histoire: immanquablement, il se trouve quelqu’un pour me dire: «Mais… tu n’as pas peur?» Et invariablement, je réponds: «Oh oui, je crains toujours de ne pas vouloir revenir!»

Peut-être suis-je naïve ou un brin insouciante, mais je crois que le monde est foncièrement bon. Alors, de quoi pourrais-je bien avoir peur? Des boas? Coché! De manquer d’argent à Tombouctou? Évidemment. Sinon, c’est la joie. Pure. Hasta la vista!

Notre époque valorise beaucoup les départs. À juste titre. Aller ailleurs, c’est se frotter à la différence de l’autre, de sa culture, de ses idées, de ses savoir-faire, de sa cuisine, alouette! C’est aussi repousser les frontières de notre propre univers. On en revient meilleur, certainement plus empathique parce que plus au fait de l’état du monde.

Notre époque glorifie aussi les vagabondages solitaires. Et pourquoi pas? Partir seule peut nous entraîner loin, très loin dans notre territoire intérieur… Chemin faisant, on apprend à mieux se connaître et à se respecter; à se tromper et à en rire. On gagne en assurance et on rentre au bercail en étant devenue sa véritable meilleure amie si on ne l’était pas déjà.

Voyager seule n’est pourtant pas toujours facile ni idyllique, quoique puissent en montrer Instagram, Facebook et cie. En cours de route, il y a des hauts, des bas et des moments de grande solitude où on se demande: «Mais qu’est-ce que je fais ici, si loin des miens?» Des moments bientôt balayés par d’autres remplis du bonheur de vivre des expériences hors du commun.

Non, ce n’est pas pour me vanter, mais de Bamako à Bagan via Bucarest, j’ai tiré plusieurs enseignements de mes bourlingues. Et si vous voulez bien lire les paragraphes qui suivent, je ne vous refilerai que les meilleurs, promis!

voyage solo

Explorer… un pas à la fois

Oui, partir seule est enivrant: après tout, on n’aura que nos propres envies à satisfaire, pas vrai? Effectivement, mais n’oublions pas que la liberté a un prix. Devoir prendre seule toutes les décisions liées à la logistique du voyage peut vite devenir une source d’anxiété quand on est inexpérimentée ou simplement de nature angoissée. Le mal du pays, qui survient lors de longs périples dans des contrées culturellement très différentes de la nôtre, peut s’avérer encore plus pénible quand on se sent isolée. Bien sûr qu’apprendre à se débrouiller par soi-même à l’étranger et à surmonter les difficultés est source de satisfaction, mais… ne voyage-t-on pas avant tout pour passer du bon temps? Dans cette optique, s’évader un long weekend pas trop loin de la maison est un excellent premier test. On a aimé l’expérience? La prochaine fois, on s’aventurera au-delà des frontières pour plus longtemps!

 

Se faire grégaire

Ça y est, c’est réglé, on s’offre une semaine à Paris. Depuis le temps qu’on en rêve! On courra les musées, les marchés, les boutiques et… on prendra rendez-vous. Avec qui? Un ambassadeur de la ville, qui nous la fera découvrir le temps d’un circuit pédestre, gratis en plus! Il suffit de consulter le site globalgreeternetwork.info, qui propose des randonnées guidées dans une cinquantaine de pays.

Voilà un exemple parmi tant d’autres des ressources disponibles sur place qui nous permettent de sympathiser avec des gens du coin et de briser la solitude du séjour tout en apprenant une chose ou deux dans la foulée. Les nouvelles Expériences d’Airbnb – il y en a plus de 2000 à travers le monde –sont une autre formule intéressante.

Durant les voyages au long cours, les trajets en bus et en train favorisent davantage les rencontres que les déplacements en avion. Et en prime, on voit du pays à bon compte!

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Choisir son gîte

À chacune ses préférences d’hébergement à l’étranger, mais pour un bon rapport qualité-prix-convivialité, la maison d’hôte est difficile à battre! En effet, qui, mieux qu’un aubergiste, peut nous renseigner sur l’événement à ne pas rater en ville? Nous prévenir d’éviter tel quartier peu recommandable? Nous dénicher une randonnée de course à pied ou un cours de yoga? Mieux vaut choisir une maison dotée d’espaces communs (salon, jardin, terrasse sur le toit) qui facilitent les contacts avec les autres voyageurs et le partage d’information.

Une autre option sympa et pas ruineuse est l’auberge «postjeunesse», plus spacieuse et stylée que son ancêtre et destinée à une clientèle surtout jeune de cœur. Présente dans toutes les villes européennes qu’on aime (bonjour, Barcelone!) et bientôt à Miami, Generator est l’une des marques montantes dans ce créneau.

voyage solo

Manger seule? Pas question!

À l’idée de s’attabler en solo, il est probable qu’on ressente un léger cafard, surtout le soir. Mais, au fait, pourquoi devrions-nous casser la croûte en tête à tête avec soi-même? Plusieurs plateformes nous invitent en effet à manger chez l’habitant, autant d’occasions de passer une excellente soirée. Par exemple, en vue d’un séjour au Danemark, on s’adresse à meetthedanes.com; à Tokyo, à Naomi par l’entremise de airkitchen.jp; ailleurs dans le monde, on consulte voulezvousdiner.com et eatwith.com.

D’autres bons plans? Choisir des restaurant dotés de tables communes: on s’assure ainsi d’avoir de la compagnie. On peut aussi prendre un cours de cuisine locale à l’heure du souper, ou encore s’inscrire à une visite de marché guidée en fin de journée. Ayant pu tisser des liens avec les autres participants, on sera plus à l’aise de leur proposer de manger ensemble sur place ou ailleurs à la fin de l’activité.

 

Sortir le soir

Quand tombe la nuit, on ne va quand même pas s’encabaner à Chicago, à Lima ou à Tokyo sous prétexte qu’il n’y a personne à nos côtés! Quoi faire alors? Visiter musées et galeries d’art en soirée plutôt que le jour. Monter à bord d’un bus de type Hop On Hop Off pour un tour de ville nocturne, féerique à Singapour comme à Rome. S’inscrire à une tournée guidée des bars d’un quartier, chouette à Berlin comme à Dublin. Assister à un concert dans une église, un vrai must à Prague. Chiner dans les marchés de Bangkok ou de Hong Kong. Se faire dorloter au spa thermal à Budapest et au hammam à Istanbul. Aller au cinéma: c’est une expérience hilarante en Inde. Comme quoi on peut prendre part à la vie locale partout.

 

Faire gaffe…

  • On voyage léger. Il est ainsi plus facile de ne pas perdre ses bagages de vue.
  • On respecte les us et coutumes du pays visité, c’est une évidence. Et on s’habille en conséquence.
  • On laisse ses bijoux de valeur à la maison.
  • On active son radar anti-arnaques et on ignore les rabatteurs et baratineurs qui veulent nous faire profiter du «solde du siècle» ou d’un «spectacle typique».
  • On écoute sa petite voix intérieure quand elle nous dit de ne pas s’aventurer dans cette rue sombre.
  • Dans les pays où la langue écrite est pour nous un mystère, on ne quitte pas notre lieu d’hébergement sans une carte d’affaires de l’endroit, histoire de pouvoir rentrer au bercail.
  • On emporte deux cartes bancaires: l’une à conserver sur soi, l’autre à laisser dans sa valise, pour éviter de se retrouver sans le sou en cas de vol, de perte ou de démagnétisation d’une des deux cartes.
  • On évite les contacts visuels en enfilant nos lunettes de soleil lorsque les regards masculins semblent insistants.
  • On consulte le site voyage.gc.ca/voyager/publications/voyager-au-feminin.

 

Sus au supplément!

Le saviez-vous? Transat a créé une Collection Solo, qui regroupe des hôtels n’exigeant aucun supplément pour personne seule dans 19 destinations soleil. L’an dernier, cette bonne initiative lui a d’ailleurs valu le prix «Meilleurs forfaits tout inclus» aux Solo Travel Awards. Club Med propose aussi des promotions «sans supplément single». transat.com et clubmed.ca

 

Le voyage en solo: pour toutes ou pas?

«Choisir sa façon de voyager implique de bien se connaître et de bien reconnaître ses besoins. Une personne autonome qui aime avoir le contrôle de ses actions et qui entre en relation facilement avec des inconnus aura plus de facilité à voyager seule autour du monde, par exemple», explique la Dre Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

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Cet article est tiré du magazine Véro d’automne 2018. Abonnez-vous maintenant pour plus de contenu exclusif!

 

Photo de couverture : Stocksy

Photo de Paris : Unsplash/Ilnur Kalimullin

Photo de Dublin: Diogo Palhais

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