Coronavirus: guide de survie du parent qui travaille à la maison

19 Mar 2020 par Maude Goyer
Catégories : Actualités / Famille / Véro-Article
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La COVID-19 nous oblige à travailler à la maison tout en nous occupant des enfants! Que faire? Voici des conseils et des stratégies!

Organiser une téléconférence. Rédiger un document. Tenir une réunion. Retourner ses courriels. Toutes ces tâches prennent infiniment plus de temps – et de patience – lorsqu’on les fait de la maison, entourée de notre clan confiné à cause du coronavirus. Mission impossible ?

Cela fait onze ans que je suis travailleuse autonome. Je ne compte plus le nombre de journées pédagogiques, de congés maladie et de semaines de relâche où j’ai dû concilier boulot et enfants qui courent, jouent, se chicanent, cuisinent, bricolent, sont collés sur leur écran, etc. Je ne suis ni coach ni psychologue ni experte – mais au fil des ans, j’ai fait de bons (et de moins bons) coups. Et j’ai développé quelques stratégies.

Les voici.

Alternez les rôles

Si vous êtes en couple, demandez à votre partenaire de diviser l’horaire avec vous. Comparez vos agendas professionnels et voyez qui peut être « en charge » des enfants chaque jour de la semaine. Si cette division est difficile, voire impossible, brisez les jours en plages horaires : est-ce que l’un des deux parents peut gérer la maisonnée en avant-midi, par exemple, et l’autre en après-midi ?

À noter : n’oubliez pas de prévenir les enfants de qui est le « chef du jour ». Même si l’autre parent, celui qui n’est pas en charge, est présent dans l’une des pièces de la maison, il est interdit de le déranger… à moins d’une urgence (non, le visionnement de la vidéo cute de chat ne se qualifie pas).

Faites du donnant-donnant

Obtenir la collaboration et la coopération des enfants est toujours plus facile lorsqu’on est dans une relation égale, sans rapport de force. Si on souhaite consacrer une partie de notre journée à nos activités professionnelles, c’est peut-être une bonne idée de structurer l’horaire pour faire de la place à des moments en famille… On est en téléconférence de 14h à 16h ? On annonce aux enfants qu’à 16h15, tout le monde sortira dehors prendre l’air ensemble puis s’attablera pour jouer une partie d’un jeu de société (choisi par les enfants).

Nos enfants, confinés ou non, petits et grands, ont soif d’attention et d’amour : c’est normal… et sain. Soyons à l’écoute !

Laissez-leur de la place

On n’a pas de contrôle (ou peu) sur le déroulement des choses « à l’extérieur »; gardons en tête qu’il est important que nos enfants aient le sentiment qu’ils sont en mesure de décider certaines choses, au quotidien. Plusieurs études le disent : cela renforce leur sentiment d’efficacité personnelle, en plus de faire baisser le stress et l’anxiété.

Imposer un horaire rigide, beaucoup de tâches ou une tonne de devoirs et leçons (ce qui n’est pas requis par le ministère de l’Éducation pour le moment) risque de froisser et décourager les enfants… et il y a de fortes chances qu’ils se braquent ! S’ils en ont envie, on leur imprime des petits jeux (mots croisés, devinettes, jeux d’observation, énigmes, etc.) ou des dessins à colorier, sans rien exiger. Il y a fort à parier qu’ils viendront s’installer à nos côtés, à un moment ou un autre…

Et s’ils décident de se construire un fort ou une cabane dans le salon, on résiste à la tentation de tout défaire le soir venu. Ils s’amusent, ils ont un plan de match pour le lendemain et oui, ils ont fait un peu le bordel dans la pièce… Est-ce bien grave ? Et si cela nous achetait une heure ou deux de télétravail ? On les encourage plutôt en sortant de nouveaux accessoires (des lampes frontales, par exemple, peuvent les occuper longtemps, je vous en donne ma parole !).

Occupez-les !

On les veut avec nous, dans la maison, sans ami et préférablement décollés des écrans. La fameuse phrase « je ne sais pas quoi faire » risque de faire surface, plus tôt que tard. Voici des idées qui font mouche généralement.

Pour les tout-petits (2 à 5 ans)

Tout ce qui occupe leurs petites mains (bricolage, jeux d’assemblage, dessin, etc.) risque de les absorber pendant un bout de temps. Pensez aux activités passives qui impliquent des matériaux avec de la texture (les tout-petits adorent cela) : pâte à modeler, sable cinétique, bacs remplis de différents objets (dans l’un, on met des bas; dans l’autre, des plumes; dans la suivante, des pâtes courtes sèches, etc.). On s’installe tout près avec son ordi et on surveille.

Une idée : on prend 15-20 minutes pour fabriquer une slime avec eux (par exemple, celle sans borax suggérée ici) et ils pourront ensuite jouer pendant de longs moments avec elle.

Pour les enfants d’âge scolaire (5 à 8 ans)

C’est l’âge d’or des jeux de blocs de type Lego. On peut encourager son enfant à ne pas suivre de plan précis, mais à créer un nouveau vaisseau spatial, une maison futuriste, une cité sous-marine, un univers attaqué par un vilain microbe… Il n’y aucune limite à leur imagination !

Les jeux de personnages, pendant lesquels les enfants imaginent des scénarios et des histoires, en parlant à voix haute, sont aussi des valeurs sûres. On déniche toutes les figurines qui dorment dans la maison (animaux de la ferme, petits soldats, Shopkins, Trash pack, Playmobil, etc.) et on laisse l’enfant organiser l’espace (on lui laisse un coin d’une pièce pour qu’il puisse « s’étendre » à son goût).

Un truc : Notre enfant rechigne à vouloir se plonger dans ce jeu ? À genoux à ses côtés, on consacre 5-10 minutes à démarrer une histoire avec lui puis on retire… doucement.

Pour les préados (9 à 12 ans)

À cet âge, les goûts et intérêts sont plus développés, plus définis et plus assumés. Les ignorer serait une grave erreur si on veut gagner du temps pour travailler ! Votre enfant adore regarder des clips de danse ? Il peut créer une chorégraphie et vous la présenter plus tard. Il adore les desserts ? On lui propose une recette facile à faire, on supervise de loin et… on le félicite pour sa création (et son autonomie). Casse-tête, bricolage de type scrapbooking (fabriquer des cartes, par exemple), jeu de société, jeu de cartes sont aussi des avenues à explorer pour les occuper.

Évidemment, on ne peut faire fi des écrans. Mais comment gérer le temps d’écran ? Si certains parents optent pour un horaire pour le gérer (en tenant compte du temps passé sur la tablette, la console de jeu et devant la télévision), d’autres choisissent d’assouplir leurs règles. À chacun sa façon ! Chose certaine : l’heure n’est pas aux règles strictes – ni aux comparaisons ni à la culpabilité ! On respire, on lâche prise.

À visiter : il existe des contenus éducatifs et ludiques sur le web. Pourquoi ne pas laisser les enfants explorer certaines des suggestions tirées de cette liste ?

Pour les ados (12 ans et plus)

D’abord, rappelons à nos adolescents, qui ont de grands besoins de socialisation, qu’il est important de respecter les consignes gouvernementales : pas de rassemblement, pas de party, pas de réunion en groupe, que ce soit dehors ou dans un sous-sol. On encourage les appels vidéo (que ce soit par Facetime ou par Messenger) pour qu’ils échangent et discutent entre eux. Comment se sentent-ils ? Trouvent-ils difficile d’être confinés ?

On les guide sur des séries à voir en rafale (qu’on aura plaisir à regarder avec eux), comme Le 422 sur le site de Télé-Québec, L’effet secondaire sur Ici Tou.Tv, La vie compliquée de Léa Olivier sur Illico ou encore, The Dark Crystal sur Netflix. Et on fait de la place à la lecture, quitte à aller faire des achats à la librairie du coin (on évite d’y aller avec les enfants). Voici quelques suggestions : les séries Les Chevaliers d’Émeraude, L’Épouvanteur, La 5e vague, À la croisée des mondes, Gamer, Aurélie Laflamme, Les éternels et l’excellente collection de romans de la série noire à la Courte échelle.

 

Plus informés et conscients de la situation, on invite nos adolescents à tenir un journal de confinement (il peut y inscrire des faits, des chiffres, des données mondiales, ses émotions, son activité du jour, etc.) ou encore, à imprimer une carte du monde et à y noter la situation pays par pays. Se créer des souvenirs quant à la crise actuelle est une excellente façon de rester dans le moment présent.

 

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Photo: Getty Image 



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