Elles sont atteintes de la COVID-19

07 Avr 2020 par Ariane Arpin-Delorme
Catégories : Actualités / Santé / Véro-Article
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Portraits de trois femmes qui sont atteintes de la COVID-19. Des gens qui, malgré les précautions prises, ont contracté ce satané virus. Ça n’arrive pas seulement aux autres!

 Louise (nom fictif) 34 ans, Marie (43 ans) et Alie (43 ans) partagent leur histoire.

Comment est-ce arrivé?

Comme dans bien des cas, il est impossible de savoir comment Louise, Marie et Alie ont été infectées. Si Louise et Alie ont voyagé en Europe dans les jours précédant l’éclatement de la crise au Québec, Marie, elle, est restée dans la province. Souffrant d’asthme chronique, cette dernière a même commencé à s’isoler avant que le confinement ne soit la norme. Par contre, elle a croisé des connaissances qui revenaient de voyage. Est-ce de cette façon que la COVID-19 s’est invitée chez elle? Difficile à dire.

Alie se trouvait en Angleterre avec une compagnie de théâtre lorsque la situation a vraiment dégénéré. «On sentait un peu l’urgence de rentrer, mais en même temps on était dans un pays où la vie continuait comme si de rien n’était. C’était vraiment étrange comme situation, comme si on était sur une autre planète. On nous disait: The show must goes on», dit-elle. Alie a dû voyager avec un collègue qui se sentait déjà un peu malade. Ce dernier s’est fait tester le lendemain de leur arrivée et le résultat s’est révélé positif.

Les symptômes, puis les tests positifs 

Les premiers symptômes ressentis par Louise étaient plutôt atypiques et sont apparus trois jours après son arrivée en France. « Un matin, j’ai réalisé que j’avais complètement perdu l’odorat et le goût. » On sait maintenant que ces symptômes sont associés à la COVID-19. Mais Louise ne le savait pas à l’époque. Étant donné la situation qui dégénérait, elle a ainsi décidé de prendre un vol de rapatriement d’urgence pour le Québec. Le soir de son arrivée à Montréal, elle recommence à faire de la fièvre et ses symptômes de courbatures, douleurs musculaires et maux de tête, jusqu’alors résorbés, refont surface avec intensité. Le lendemain matin, après seulement une vingtaine de minutes d’attente, Louise obtient une réponse au bout de la ligne 811. Comme elle revient de la France et présente maintenant des symptômes identifiés à la COVID-19, son cas est pris très au sérieux et est traité rapidement: on lui propose un rendez-vous pour un test de dépistage le lendemain. Un test qui s’est avéré positif.

Suite aux recommandations d’Info-Santé, Marie s’est rendue à l’hôpital avec ses trois enfants qui démontraient tous des symptômes (fièvre, diarrhée, mal de tête, mal de gorge, difficultés respiratoires et toux). Quelques jours plus tard, elle et sa fille Florence reçoivent des tests positifs. «J’ai éclaté en sanglots, dit-elle. L’automne d’avant, j’ai fait une fausse couche et j’ai aussi failli perdre Florence suite à un décollement placentaire. Ce fut une année trop forte en émotions!»  La bonne nouvelle? Un deuxième test passé à sa fillette de 4 mois quelques jours plus tard était finalement négatif. Quel soulagement pour la maman!  Marie a quand même vécu un mélange d’émotions, du soulagement, mais aussi de colère: elle a eu peur de perdre sa petite Florence.

Alie quant à elle ressentait beaucoup de pression au niveau de la poitrine. Après quatre ou cinq jours, elle est allée passer le test. ««Étant donné que j’étais en quarantaine obligatoire, il a fallu qu’une ambulance m’amène à l’hôpital pour que je passe le test. 12 heures plus tard, j’ai reçu le résultat. C’était positif.».»

L’impact sur la vie

Le conjoint de Louise a choisi de rester à la maison – prenant toutes les précautions nécessaires recommandées par le médecin et la Santé publique – pour l’accompagner et la soutenir. Elle consacre toutes ses énergies à sa guérison et en profite pour dormir jusqu’à 16 heures par jour. Si manger demeure un défi – n’ayant pas retrouvé l’odorat ni le goût -, elle maintient tout de même un régime équilibré et riche en vitamines.

Marie se sent encore faible et la petite Florence dort beaucoup. «On se sent inquiet comme au premier bébé. Mais je peux dire aujourd’hui que le pire est derrière nous. On sent que la situation est maitrisée. Je n’ai plus peur.»

Alie habite avec son conjoint et ses enfants. Même avant le retour, il était clair qu’elle ne rentrerait pas chez elle, mais se rendrait directement au petit appartement dont elle avait accès. Elle ressent encore une importante compression des poumons et des maux de tête, mais rien qui nécessite une hospitalisation. « Au début, je faisais beaucoup de sport comme je m’entraînais à la maison. Mais là, mes bronches ne me le permettent plus et je suis très fatiguée.»

La réaction de l’entourage

«J’ai eu droit à toutes sortes de réactions de la part de mes proches, dit Louise. Certaines personnes se sont montrées emphatiques et solidaires, alors que d’autres ont réagi durement. Certains m’ont reproché d’avoir pris l’avion en étant infectée, alors que je ne présentais aucun symptôme reconnu à ce moment. D’autres m’ont carrément accusée d’avoir agi de manière irresponsable. Si j’avais su que la situation mondiale dégénérerait si rapidement quelques jours après mon arrivée en France, jamais je n’aurai fait ce voyage. À mon sens, j’ai fait ce que je devais faire: rentrer au pays sur un vol de rapatriement», dit Louise.

Dès qu’il a su que Florence avait testé positif, Daniel – le père – a partagé une vidéo via son profil Facebook afin de conscientiser les gens à l’importance de rester à la maison. S’en est suivi une foule de messages d’amour et de solidarité. Plusieurs familles se sont mises à leur écrire afin de leur raconter leur histoire, s’identifiant probablement à eux.

« J’ai reçu beaucoup de témoignages de mamans qui s’apprêtent à accoucher et qui ont peur, affirme Marie. La plus belle décision que j’ai prise, c’est d’allaiter mon enfant. Je ne manque pas de lait et ça me donne les anticorps dont mon bébé et moi avons besoin, comme ma marraine d’allaitement me l’a confirmé. C’est le plus beau cadeau que vous pourrez faire à votre enfant. Mais je comprends que ce n’est pas toujours possible», confie Marie.

Alie connaît sa chance d’être aussi bien entourée et n’a senti aucun jugement autour d’elle. Elle a aussi reçu de nombreux témoignages de gens qui l’ont remercié d’avoir pris le tout au sérieux dès qu’elle a posé le pied au pays. «Je réalise comment les gens sont gentils et ça m’apaise beaucoup», partage-t-elle.

 

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