J’ai les cheveux poivre et sel, et alors?

23 Sep 2020 par Sophie St-Laurent
Catégories : Beauté / Cheveux / Véro-Article
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Elles ont de 33 à 67 ans. Elles sont magnifiques. Leur dénominateur commun? Chacune porte fièrement ses cheveux poivre et sel, argentés ou blancs. Réflexions sur le pouvoir du naturel et preuve par cinq que le gris ne vieillit pas forcément…

Nathalie Nasri, 40 ans

Cofondatrice et designer de la marque de maillots Everyday Sunday
Ses premiers cheveux blancs se sont pointés à 22 ans. «C’est comme si une fine mèche était apparue du jour au lendemain!» Sa réaction? «Ça ne m’a pas trop surprise, car du côté de ma mère, on blanchit jeune! s’exclame-t-elle en riant. Pour tout dire, j’ai tout de suite trouvé l’effet balayage intéressant et je n’ai jamais pensé à le dissimuler avec de la teinture.» Celle qui cultive depuis longtemps une passion pour les arts, le design et la création considère que sa tignasse bicolore lui donne une allure singulière qui la fait sortir du lot. «J’ai toujours eu plein de compliments sur ma tête, c’est peut-être pour ça que je n’ai jamais supposé que mon gris me faisait paraître plus vieille que mon âge.» Maman d’un jeune bambin de trois ans, Nathalie a remarqué que ses cheveux blancs sont plus nombreux depuis l’accouchement. «Je laisse la nature faire son œuvre. J’ai confiance que ce sera tout aussi joli au fur et à mesure que les nuances vont s’inverser. Mes cheveux sont un peu l’expression de mon essence: je suis une fille naturelle, je vis pleinement ma vie et je tente de trouver l’équilibre en tout.»

Jennifer Brodeur, 46 ans

Esthéticienne, entrepreneure et fondatrice de JB Skin Guru
Sa réflexion s’est amorcée il y a environ un an. Jennifer trouvait de plus en plus exigeant de multiplier les visites chez son coiffeur (NDLR: David D’amours, qui nous prodigue ses conseils dans ce reportage). «Pour que mon blond soit toujours impeccable, je devais faire retoucher ma coloration toutes les trois semaines. Je me mettais une pression incroyable pour que ma tignasse soit parfaite, allant même jusqu’à planifier mes activités professionnelles et sociales autour de mes rendez-vous de teinture, relate-t-elle. Mon cuir chevelu était devenu très réactif. Ça n’avait plus aucun sens… Et, je l’admets, j’avais aussi l’impression de focaliser sur quelque chose de futile, de combattre la nature.» La gourou des petits pots, qui vante les vertus de la simplicité en matière de beauté, a donc effectué sa dernière coloration en décembre dernier. «J’assume tellement ma décision que je n’ai pas senti le besoin de couper mes cheveux court pour faire la transition du blond à l’argenté.» Jennifer laisse donc sa repousse prendre le dessus et estime que d’ici deux ans, le doré aura complètement disparu de sa longue crinière. «Cette étape symbolise un réel lâcher-prise pour moi. Je me sens libérée de l’esclavage capillaire auquel je me suis astreinte si longtemps! J’ai vraiment hâte d’avoir complété cette transformation.»

Lina Vandal, 67 ans

Artiste peintre et mannequin
Après avoir longtemps œuvré dans le milieu de la publicité, Lina a décidé de se consacrer à sa passion pour l’art visuel. Sa carrière de mannequin, elle, est venue sur le tard et elle la doit en partie à sa chevelure immaculée. «Mes cheveux étaient blancs depuis longtemps, mais ce n’est qu’à la cinquantaine que j’ai eu le déclic: ma repousse, d’un blanc laiteux très lumineux, était de loin plus belle que mes cheveux colorés! J’ai donc simplement décidé de ne plus la camoufler», se souvient-elle. Le hasard faisant bien les choses, c’est à ce moment que la proprio d’une agence de mannequins la remarque et lui propose de faire ses premiers pas dans le métier… à 56 ans! «À ma grande surprise, j’ai pris conscience que ma tête blanche était un atout.» L’artiste ne veut toutefois pas qu’on se méprenne sur sa décision. «Je ne revendique rien. Mes cheveux ne sont pas un pamphlet contre l’âgisme. Honnêtement, si le blanc ne m’allait pas bien, je colorerais encore ma tignasse! Cheveux blancs ou pas, ça prend toute une vie pour finalement aimer, accepter, laisser émerger et affirmer notre vraie nature! Ce qui m’importe davantage, c’est d’être un modèle de vieillesse sereine.»

Maëva Cangé, 33 ans

Stratège en marketing
À 25 ans, Maëva arrachait son tout premier cheveu blanc. Puis, en l’espace de quelques mois, le blanc a rapidement progressé jusqu’à former une jolie mèche qu’il n’était plus possible d’éradiquer. «À l’époque, je défrisais déjà ma chevelure chimiquement. Il n’était pas question que je la colore en plus! Est-ce que ça m’a dérangé d’avoir les cheveux poivre et sel si jeune? Pas du tout! Il y a des gens qui paieraient pour avoir ça!» blague-t-elle. C’est vrai que sa mèche opaline, qui a élu domicile dans sa frange, nous remémore la coiffure de Malicia – un personnage du film X-Men – que plusieurs filles tentent d’ailleurs de pasticher en ayant recours à la coloration. Dans les cheveux crépus de Maëva, les filaments dépigmentés prennent une allure différente selon son humeur. «Je joue beaucoup avec ma mèche afin de la mettre en évidence en fonction de la coiffure que j’adopte, dit-elle. Je ne reçois que des compliments sur ma tête plutôt originale. Je crois que c’est parce que je l’assume que les gens sont admiratifs. Quand on est jeune, la différence est souvent montrée du doigt comme quelque chose de négatif. Plus on vieillit, plus la différence devient une caractéristique qu’on apprécie.»

Mélanie Savard, 43 ans

Maquilleuse-coiffeuse et entrepreneure
Il y a cinq ans, Mélanie s’est fait raser le coco dans le but d’amasser des fonds pour la Société canadienne du cancer. C’est à ce moment-là qu’elle a pris conscience que ses cheveux, qu’elle croyait toujours naturellement châtains, étaient en fait presque entièrement blancs. «J’ai toujours fait des mèches blondes à intervalles réguliers dans mon châtain clair, alors je n’avais aucune idée de ma couleur réelle.» Sur le coup, l’allure de sa nouvelle tête ne lui a pas plu: «Ça m’a donné un coup de vieux. Je n’étais pas prête à ça! J’ai donc recommencé à me faire faire des mèches blondes, dit-elle. Pour être honnête, j’avais peur que ça me vieillisse, peur de ne plus intéresser les hommes de mon âge.» (NDLR: Mélanie est veuve depuis bientôt trois ans.) Ça, c’était avant qu’elle tombe par hasard sur des photos de la magnifique Sarah Harris, du Vogue britannique (Voir: 6 influenceuses qui assument leurs cheveux blancs)  Une révélation! J’avais sensiblement le même âge qu’elle et… la même couleur de cheveux. J’allais maintenant l’assumer à 100 %!» Mélanie a officiellement cessé toute coloration il y aura bientôt deux ans. Ironiquement, des inconnus l’arrêtent maintenant dans la rue pour savoir où elle se fait faire des mèches si naturelles… «La réaction des gens est très positive. De mon côté, je pense que ça me donne plus de style, je me sens différente!»

Photos: Marjorie Guindon

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  1. Mounia Amine dit :

    Ces femmes sont magnifiques, ça donne envie de tourner poivre et sel 🙂

  2. Josee Papi dit :

    Bonjour, est-ce possible d’avoir un article sur la perte de cheveux des femmes et comment camoufler celle-ci, des trucs qui pourrait nous aider à se sentir bien malgré tout ?

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