Entrevue avec Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier
23 Jan 2014 par Émilie Villeneuve
Catégories : Culture
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Louis-Jean Cormier: entre le sport et la musique

Louis-Jean CormierPourquoi cet enthousiasme à pousser une puck sur une patinoire? «Je vis dans la musique au quotidien. Je suis un mélomane maladif, un audiophile aussi. Et j’achète beaucoup, beaucoup de vinyles. Tu sais, ce n’est pas ta tête ou tes oreilles qui comprennent les sons qui sortent de là, ce sont les poils sur tes bras.» Les miens se dressent quand je l’entends disserter sur le grain des microsillons, mais il n’a pas répondu à ma question. «Ça me prend quelque chose pour me sortir de là [il pointe sa tête], pour habiter mon corps.» Ah… Mais il y a plus. «Comme le dit mon médecin, si on avait la possibilité de mettre tous les bienfaits du sport dans une pilule, ce serait le meilleur antidépresseur au monde.» Il prend une gorgée, puis précise qu’il n’est pas dépressif, plutôt du genre anxieux, angoissé. «Quand je suis vraiment “loadé” et que je commence à trop penser à ce qui s’en vient, le sport me dilate les pupilles et les vaisseaux sanguins. Je vois plus clair. On dirait que l’effort physique, ça te récompense en dopamine, en bonheur. C’est ça que je recherche en ce moment. Mon but n’est pas d’être le meilleur hockeyeur du monde.» Pas comme quand il était petit, à Sept-Îles, et qu’il rêvait de faire les grosses ligues. Un jour, le ti-cul a tripé moins sur ses patins que sur la musique, et son amour du rock a fini par faire fondre la glace. «Je viens d’une famille de mélomanes. Mon père est chef de choeur depuis toujours. Il a l’âge de Gilles Vigneault, avec qui il a étudié. Et mon frère est violoniste classique pour l’Orchestre symphonique de Québec. Je suis le rockeur de la gang.»

Rockeur, mais pas seulement. Après 10 ans de piano classique, Louis-Jean a été pris d’un amour-fusion pour la guitare, bête qu’il a apprivoisée seul, d’abord, avant de tâter de la guitare classique dans le but d’aller étudier la musique au Cégep de Saint-Laurent, à Montréal. À 16 ans, il a donc pris la 138 pour venir vivre en ville. Très vite, il a côtoyé les grands, comme Michel Rivard, Jim Corcoran, Richard Séguin, Daniel Lavoie et Laurence Jalbert. Le reste, c’est l’histoire de Karkwa, de Douze hommes rapaillés, des Filles de Caleb, de la réalisation des albums de Lisa LeBlanc, David Marin, Béluga, des Félix, d’un Polaris, d’un Juno et de son projet solo.

J’en profite pour le féliciter pour le succès de son album, Le treizième étage, et pour sa «nomination» en tant que juge à La voix. «C’est une drôle d’affaire, le trip de La voix. J’ai accepté ce projet alors que j’étais déjà très pris. Je me suis dit que ça allait faire changement, m’amener ailleurs. C’est quelque chose qui est loin de moi…» Tellement que le musicien a essuyé plusieurs critiques. On l’a entre autres traité de vendu, lui qui ne fait surtout pas dans la pop gomme balloune et les gros tubes commerciaux. Sa réponse: «C’est mon chapeau de réalisateur de disques, plus que celui de créateur, que je vais porter. Aussi, avant d’accepter, je me suis assuré d’être le grand directeur général du répertoire de mon équipe. Autour de moi, j’ai plein d’amis qui écrivent des chansons hallucinantes. Pourquoi ne pas les faire entendre en leur permettant de chanter à la télé? Je ne serai pas le grand sauveur de la chanson québécoise, mais je vais faire ma part.»

Photo : Jocelyn Michel

La suite de l’entrevue en page 3.



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