Entrevue avec Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier
23 Jan 2014 par Émilie Villeneuve
Catégories : Culture
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L’amour et autres ravissements

Louis-Jean CormierLa vie d’artiste, la télé, les tournées. Ajoutez à cela deux enfants (Camille, six ans, et Édouard, trois ans), et la question de la conciliation travail-famille survient inévitablement. Pour Louis-Jean, «ça se passe dans le meilleur de ce qu’on peut donner». Je sens, non pas un malaise, mais une hésitation. Il reprend: «Ma blonde est une sainte sur ce plan-là. Ça fait longtemps qu’on est ensemble. Dès le début, elle savait que les tournées faisaient partie du contrat. La musique me passionne tellement que je ne laisserais ça pour rien au monde. Je ne dirai jamais: “Je vais commencer à travailler à la shop pour toi, bébé.”» Gorgée de bière: «Cela dit, je suis un père assez présent, dans des cases plutôt étranges de l’horaire. Au début de la semaine, je peux garder le plus jeune à la maison et faire des courses.»

Je jette un coup d’oeil au verre presque vide de Louis-Jean. Je me dis que c’est le moment, que je peux oser. Une grande lampée pour me donner du courage, et je lui demande d’un trait où il en est dans ses réflexions par rapport à la relation amoureuse. Je veux dire, ça fait longtemps qu’il est avec sa blonde, il est souvent loin de sa famille et il est plutôt… pas mal. Croit-il en quelque chose qui s’apparente à l’amour avec un grand A? «J’y crois, mais je ne suis pas convaincu que j’en ai la même définition que tout le monde. Pour moi, l’amour avec un grand A, c’est vivre une relation qui se construit petit à petit. Tu sais, des papillons, t’en as tout le temps au début d’une relation, mais ça ne dure jamais longtemps. Moi, ce qui me donne des papillons, c’est de penser que j’ai le goût de vivre avec quelqu’un, de construire ma vie autour de ça. Je ne suis pas le gars parfait, elle n’est pas la fille parfaite, mais j’aimerais être témoin de ce qu’on va faire de tout ça ensemble. Pour moi, c’est ça, l’amour avec un grand A, c’est un projet de vie.»

Après une pinte, ses yeux se détachent enfin de la chaise vide sur sa gauche et il plante son regard dans le mien. Il poursuit: «Ce n’est pas facile, et c’est beau que ça soit comme ça. On réfléchit tous un jour ou l’autre à la question de la fidélité. Des pulsions, tout le monde en a. Mais plus tu bâtis quelque chose avec quelqu’un, moins tu as le goût de rebâtir ailleurs. Et ce n’est pas parce que ça serait trop forçant. C’est parce que tu es bien. Ça veut dire que tu es avec la bonne personne.»

Et juste là, j’ai un peu l’impression d’être one of the boys après une partie de hockey, à entendre des affaires qu’«on ne se dirait pas s’il y avait des filles».

Photo : louisjeancormier.com

La suite de l’entrevue en page 4.



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