Entrevue avec Vincent-Guillaume Otis pour la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle

26 Mar 2021 par Laurie Dupont
Catégories : Culture / MSN / Santé
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Malgré son horaire on ne peut plus chargé, Vincent-Guillaume Otis a pris le temps de répondre à nos questions en lien avec la 33e édition de la  Semaine québécoise de la déficience intellectuelle.

Vincent, qu’est-ce qui vous motive à vous impliquer année après année auprès de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle?

Je m’implique parce que je sens que le message doit continuer à être martelé. Répété. Après 11 ans d’implication, il faut malheureusement admettre que les choses n’ont pas beaucoup évolué. Oui, le regard de la société sur les gens qui vivent avec une déficience intellectuelle a changé. La cause jouit d’une plus grande visibilité. Mais un manque criant de ressources humaines et financières persiste. Les enjeux d’intégration en milieu de travail sont toujours présents et les personnes âgées de 21 ans et plus qui vivent avec une déficience intellectuelle sont complètement oubliées. Nous sommes sur la bonne voie. Cependant, il reste beaucoup de travail à faire.

Je m’implique aussi pour mon frère Jean-Sébastien. Parce que côtoyer une personne qui a une déficience intellectuelle, c’est un cadeau de la vie. Et j’ai envie de le dire.

Croyez-vous que les personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle sont suffisamment représentées sur la sphère publique?

Je trouve qu’il y a une amélioration. Par exemple, de plus en plus d’acteurs qui vivent avec une déficience intellectuelle incarnent des rôles à la télévision. Des rôles qu’on aurait auparavant confiés à des acteurs sans déficience intellectuelle.

Il ne faut pas oublier, qu’il n’y a pas si longtemps, ces gens étaient cachés dans les institutions. Aujourd’hui, on les voit un peu plus. Le tabou s’estompe tranquillement. C’est encourageant.

Quels préjugés peut-on déconstruire en ce qui a trait à la déficience intellectuelle?

Je pourrais vous dire que, contrairement à ce qu’on pense, les gens qui vivent avec une déficience intellectuelle en milieu de travail sont assidus, disciplinés, rigoureux et qu’ils apportent beaucoup de positivisme.

Je pourrais aussi vous parler des relations amoureuses sérieuses et durables qu’ils développent. Ou bien de la soif d’apprentissage qui les habite.

Quels petits gestes du quotidien pouvons-nous poser afin que les gens qui vivent avec une déficience intellectuelle se sentent moins isolés et plus acceptés?

Commençons d’abord par être plus ouvert d’esprit. Posons-nous sincèrement la question: «Pourquoi je pense que les personnes avec une déficience intellectuelle sont limitées?» Juste pour y réfléchir et peut-être comprendre qu’on a pas de raisons valables de le penser.

Aussi, je suggère de faire un peu de ménage dans les mots qu’on emploie. Beaucoup sont porteurs de préjugés. Le mot «mongol» par exemple. On l’utilise souvent à tort sans s’en rendre compte.

On n’est pas atteint de déficience intellectuelle. C’est un état, pas une maladie. On devrait dire qu’une personne vit avec une déficience intellectuelle.

Il existe un petit pense-bête sur le site de la société québécoise de la déficience intellectuelle. Je conseille à tous d’aller le consulter. Quelques petites minutes qui feront une énorme différence.

Je me permets aussi de m’adresser aux parents qui ont des enfants qui n’ont pas de déficience intellectuelle. Je pense que sensibiliser nos petits aux rejets des autres, ça commence au tour de la table, à l’heure du souper.

Les préjugés et la discrimination naissent dans les cours d’école. Je le sais, je l’ai vécu.

Quels sont les événements prévus dans le cadre de cette semaine de sensibilisation?

Il y a beaucoup d’activités virtuelles initiées au quatre coins du Québec: expositions, projections de films, jeux-questionnaires, webinaires et formations pour faire de la sensibilisation. De nombreuses personnes ayant une déficience intellectuelle participent elles-mêmes à sensibiliser et à déconstruire les préjugés par le biais de ces activités en ligne.

Pour plus d’infos : sqdi.ca

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Photo : Nicolas St-Germain



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