Quelle relation entretenez-vous avec votre corps?

Quelle relation entretenez-vous avec votre corps?
10 Sep 2014 par Patrick Marsolais
Catégories : Culture
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Il n’y a pas si longtemps, les hommes étaient plutôt indifférents aux diktats de la mode et de la beauté, convaincus que les femmes les aimaient inconditionnellement. Mais est-ce encore vrai?

Quelle relation entretenez-vous avec votre corps?Parler de notre corps, nous, les gars? Confier qu’on a déjà avalé des pilules qui retardent la chute des cheveux? Avouer qu’on s’épile ou qu’on veut maigrir? Voilà des choses qu’on fait plutôt rarement autour d’un pichet, en regardant un match du Canadien… C’est pourtant ce qui arrivé pendant ce Souper de gars, alors qu’on dégustait une délicieuse lasagne, accompagnée d’un bon vin, au resto Impasto.

Au début, je ne savais pas si la conversation allait vraiment s’animer. Après tout, Jean-François Mercier, Vincent Vallières et Charles Lafortune ont peu de points communs. Le premier est imposant, voire intimidant, alors que le second est plus réservé, parfois timide. Charles, lui, est plutôt du genre à analyser, observer, avant de pimenter la discussion de ses réflexions. Au bout du compte, j’ai été soufflé par leurs aveux qui, soyons honnêtes, demandaient beaucoup d’humilité à ces trois grandes stars québécoises.

Alors messieurs, est-ce que les hommes ont le même type de relation amour-haine avec leur corps que les femmes? La pression sociale les pousse-t-elle, eux aussi, à avoir un corps parfait et une allure juvénile? La sentez-vous, la pression?

Leur réponse est unanime: on s’entend, les filles subissent beaucoup plus de pression que nous. «Mais moi, quand je passe à la télé et que je me trouve gros, ça ne me fait pas triper du tout, avoue Vincent. Je ne trouve pas ça super gratifiant. Quand ma blonde est tombée enceinte de notre premier enfant, j’ai pris environ 25 lb. Et c’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à avoir du succès, à me faire inviter à des shows à la télé. Je me regardais et je me demandais: “Ai-je vraiment l’air de ça?”»

«Moi, dans ce temps-là, je mets un veston, lance à la blague Jean-François. Ça paraît moins… Non, mais sérieusement, j’ai souvent l’impression de subir de la pression pour rester gros. Comme si ça faisait partie de mon personnage.»

«Moi aussi, j’avoue que mon image est importante, révèle Charles. J’anime La voix, où on me voit à côté de jeunes chanteuses d’une vingtaine d’années, toutes belles et toutes menues, alors il faut que je fasse attention. Je mesure 6 pi 3 po et, quand je pèse plus de 220 lb, j’ai l’impression d’être un immense truck. L’âge n’aide pas non plus. Je vais avoir 45 ans cet été. Si je ne prends pas soin de moi, je vais pouvoir enfiler un jumpsuit et avoir l’air d’Elvis à la fin de sa carrière… J’ai déjà pesé 256 lb, il y a quelques années, et je ne veux plus vivre ça. Ce n’est pas qu’une question de look: c’est aussi une question de santé. En fait, c’est un éternel combat. J’ai toujours un petit démon qui m’encourage à manger des ailes de poulet.»

«Mais c’est correct d’avoir ces démons-là, dit Jean-François. C’est parce qu’on aime la vie. Moi, entrer chez les moines et manger du gruau, je ne trouverais pas ça amusant. À un moment donné, tu te dis: je suis un peu gros, pis c’est ça qui est ça… Même si c’est mal perçu dans la société, même si les gens ne sont pas toujours gentils. Il m’est arrivé de me faire prendre en photo avec des femmes qui me tâtaient en me disant: “T’as pas perdu de poids…” Crisse! Moi, si je faisais ça, j’aurais droit à une plainte pour harcèlement sexuel… Il y a quelques années, je suis descendu à 195 lb. J’étais cute… mais toujours affamé. Ce n’était pas un poids santé pour moi. Je me souviens d’avoir décidé que ma tête l’emporterait sur mon corps. Parce que si j’avais écouté mon corps, je serais entré chez Tim Hortons et j’aurais commandé deux douzaines de beignes. Après, je serais allé à la pizzeria en face pour avaler une grosse pizza! J’ai donc commencé ce régime drastique. Je ne mangeais que des légumes et des protéines, rien d’autre. Quand les gens me demandaient comment j’avais fait pour perdre autant de poids, je n’osais pas leur répondre, parce que je savais que ma méthode était ridicule. Je sortais avec une nutritionniste à l’époque, et elle-même me disait que mon régime était mauvais pour moi.»

Maigrir n’a pas été chose facile pour Vincent non plus. Son métier veut qu’il soit régulièrement en tournée, entre boys; dans ces circonstances, la malbouffe est souvent reine. «Il a fallu que je diminue les partys et les poutines à 3 h du matin. Avoir des enfants m’a aussi aidé à manger à des heures un peu plus régulières et à opter pour des légumes plus souvent… Pour moi, la pression n’était pas médiatique, mais plutôt sociale. Quand je suis au resto avec mon band et que je commande une salade, les gars se payent systématiquement ma tête. C’est comme un running gag. En plus, en tournée, les restaurants ne sont pas toujours hyper gastronomiques. C’est sûr que je me tape un club sandwich de temps en temps. Pas le choix…»

La suite de cet article en page 2.



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  1. Louise Tremblay dit :

    Très intéressant comme article, on se rend compte que les hommes ont la même inquiétude que nous les femmes au bout de la ligne. Les hommes des revues sont autant retouchés par Photoshop que les femmes, alors acceptent le fait que l’on vieillit. Et rien n’est plus beaux que des rayon de soleil au coin des yeux quand on sourit, cela a beaucoup de charme.
    Louise

  2. nathalie dit :

    je vous trouve parfait comme ça!
    je ne vous trouvent pas gros du tout!
    et Jean-François tu es beau comme ça!

  3. Sylvie Monette dit :

    Sujet fort intéressant et bien traité !
    Quel bon article !!

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