L’art de trimballer bébé sans (trop) nuire à la planète

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18 Nov 2021 par Unpointcinq
Catégories : Environnement / MSN / Véro-Article
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Vivre sans voiture serait la deuxième action climatique la plus efficace après «faire un enfant de moins», selon une étude parue en 2017*.

Mais, autant vous le dire tout de suite, on a une voiture. La bonne nouvelle? En vivant en ville, on peut tout à fait s’en passer!

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Par Laura Martinez

Habiter dans un quartier offrant tous les services comme celui d’Hochelaga, à Montréal, présente l’avantage de permettre la majorité des déplacements à pied. Dix minutes pour arriver sur la rue commerçante Ontario, 30 minutes pour atteindre le gym ou l’ostéo, une heure pour la maison de naissance. Bon, évidemment, là, ça devient un peu long.

«C’est impressionnant! Laura trimballe toute seule notre bébé et sa poussette dans les escaliers du métro», raconte avec enthousiasme Sam à son frère au téléphone. Devant l’absence d’ascenseur et un métro désert en temps de pandémie, il a bien fallu que je développe des superpouvoirs. Ma technique : remplir mon sac à dos des bébelles traînant dans la poussette, puis me lancer à l’assaut des escaliers, la coquille avec bébé dans une main et la poussette dans l’autre. Rassurez-vous, je suis vite passée à l’écharpe de portage.

«Essayer de se déplacer le moins possible en voiture», comme me l’a suggéré, pour diminuer l’empreinte carbone de notre bébé, Jean-François Ménard, analyste au Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), est donc possible en ville. Mais ça l’est aussi en région! Depuis que la journaliste Émélie Rivard-Boudreau, de Val-d’Or, en Abitibi, a vendu sa voiture, sa fille et elle se déplacent presque exclusivement à deux roues! C’est décidé : ce printemps, j’investis dans un bon vélo et un siège arrière pour bambins.

Le plein air, notre péché carboné

«Tu entends ce sifflement aigu?», me demande Sam 24 heures après l’achat de notre première voiture hybride d’occasion. Limiter l’empreinte carbone de nos excursions en pleine nature en achetant une voiture hybride nous semblait être une bonne idée. Sauf qu’au premier pépin – un sifflement anormal –, on a troqué l’hybride pour une voiture à essence.

La bonne nouvelle est que, depuis la naissance de Lili, on a réussi à s’échapper dans la nature tout en restant sur l’île de Montréal. Excursions en hauteur au parc du Mont-Royal, promenades au bord du Saint-Laurent dans le quartier de Verdun, tour du lac au parc Angrignon, balades hivernales et ski de fond dans le magnifique Jardin botanique et le parc Maisonneuve. Des destinations accessibles à pied ou en métro!

Mais c’est vrai qu’on a bien hâte de revoir la famille de Sam à Sherbrooke – notre dernière visite date de l’été dernier – et de faire quelques virées un peu plus exotiques que notre excursion estivale sur l’île d’Orléans. Ira-t-on à Tadoussac l’été prochain pour voir les baleines? Si oui, il va falloir qu’on réfléchisse à nos options de covoiturage!

S’évader dans la nature sans voiture

L’épineuse question de l’avion

Depuis mon arrivée au Canada en 2012, je vis dans le pays où se déroulent mes recherches – je suis biologiste marine. J’évite ainsi deux ou trois allers-retours transatlantiques chaque année. Et ce n’est pas rien, car chacun de ces allers-retours émet environ 1,6 tonne d’éq. CO2selon une étude de 2017 publiée dans Environmental Research Letters.

Toutefois, pour voir ma famille française et que Lili la rencontre enfin, il nous faudra quand même voler. En attendant les avions électriques – ou solaires! –, comment traverser l’Atlantique sans plomber le bilan d’émissions de gaz à effet de serre (GES) de la famille?

Il n’y a pas de solution miracle, mais quelques petites choses peuvent aider à réduire notre note salée en GES : limiter nos voyages à un vol par année, quitte à rester plus longtemps sur place, opter pour des vols directs et voyager léger, puisque moins l’avion est lourd, moins il brûle de carburant. Et puis il est toujours possible de compenser nos GES ensuite.

Et quand Lili sera plus grande, on traversera l’Atlantique à la voile!

* Wynes, Seth, et Nicholas, Kimberly A. (2017). The climate mitigation gap: education and government recommendations miss the most effective individual actionsEnvironmental Research Letters12, 074024.

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Photo principale : Andriyko Podilnyk Unsplash



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