Pollution textile: un véritable fléau

04 Août 2020 par Mélissa Pelletier
Catégories : Environnement / Véro-Article
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À l’image de la planète, le Québec se met de plus en plus en mouvement pour lutter contre la pollution textile. Regard sur cet inquiétant phénomène et sur les pistes de solution.

Le cercle est particulièrement vicieux: on jette pour acheter, puis on recommence, contribuant au gaspillage et augmentant la demande de produits vestimentaires. «L’industrie de la mode est la deuxième plus polluante sur terre, après celle du pétrole», apprend-on dans le documentaire The True Cost (2015), qui dénonce les affreuses conditions de travail dans le secteur des vêtements bon marché.

Il y a de quoi sursauter quand on apprend que la production de vêtements engendre 1,2 milliard d’émission de CO2 sur la planète et utilise 4 % des ressources mondiales d’eau potable par année, selon une étude menée en 2017 par la fondation britannique Ellen MacArthur. Si des habits ne trouvent pas preneur, ils risquent alors d’être éventuellement transportés vers un site d’enfouissement; en plus du transport très polluant, les tissus ensevelis génèrent beaucoup de gaz à effet de serre.

Ici et là, les initiatives se multiplient pour contrer cette catastrophe écologique et humanitaire. Alors que la Fashion Week de Stockholm a été annulée en août dernier pour dénoncer la situation, plus de 30 géants de la mode – dont Adidas, Chanel, H&M et Gap –, ont récemment signé un pacte pour réduire leur impact environnemental en marge du G7. Des gestes symboliques, certes, mais qui ont tout de même une influence sur certains consommateurs désireux de s’éloigner de la mode éphémère, c’est-à-dire du flot constant de vêtements de piètre qualité à petits prix. En témoigne notamment la faillite partielle de la chaîne de boutiques de prêt-à-porter Forever 21, qui a décidé de mettre la clé sous la porte de ses 44 magasins au Canada.

«Je sens que les gens sont de plus en plus conscients, mais on en trouve encore beaucoup dans les centres d’achats! Les entreprises suivent la demande du consommateur. S’il va vers des choix plus éclairés, ça ne peut que forcer l’industrie du textile à s’adapter», explique Danny Roy, directeur général adjoint de Récupex, un organisme d’insertion sociale sans but lucratif qui se concentre sur la récupération de vêtements, de tissus et d’accessoires à Sherbrooke. Un service essentiel, quand on sait que les produits textiles ou vestimentaires représentent 3 % des matières résiduelles des ménages québécois, ce qui correspond à environ 12 kg annuellement par personne, selon les plus récentes données (2012-2013) de RECYC-QUÉBEC. Quand même!

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Les bonnes adresses

Quelles sont les bonnes adresses à fréquenter? Voici quelques pistes pour bien gérer les vêtements dont on veut se départir… et pour se gâter de manière consciente!

  • Friperies D’une ville à l’autre, de nombreuses options sont offertes pour tous les portefeuilles. Pas le temps de se rendre à la friperie de notre quartier? Il existe plusieurs friperies en ligne, dont les très intéressantes La Défroque (friperieladefroque.ca), Kapara (kapara.life) et Deuxième édition (deuxiemeedition.com).
  • Boutiques de location de vêtements Pas envie de dépenser une fortune pour des tenues qui risquent de prendre la poussière dans notre garde-robe? De nombreuses boutiques offrent maintenant la location de vêtements, dont des habits de tous les jours à Station Service (stationservice.co), des robes chic de l’Atelier Privé (atelierprive.ca), en passant par les tenues de grossesse chez Livia maternité (liviamaternite.com).
  • Centres de récupération textile Dans le doute, on donne! Plusieurs organismes se consacrent à récolter des résidus textiles pour en assurer la revente, le réemploi, le recyclage ou la valorisation. On pense ici à Certex (certexcanada.com), qui offre des points de chute partout au Québec; à Récupex, à Sherbrooke (recupex.ca); et à Ekotex, à Montréal (ekotex.ca).
  • Créateurs spécialisés en suprarecyclage  En donnant une seconde vie aux objets, de nombreux designers arrivent à créer de vraies merveilles! Qu’il s’agisse des sous-vêtements zéro déchet conçus par Les Belles Bobettes (lesbellesbobettes.ca), des créations de denim recyclé de Kinsu (kinsu.ca) ou des accessoires fabriqués avec des déchets publicitaires par l’Atelier Entre-Peaux (entre-peaux-ecodesign.com), le choix est vaste… et conscient!

 

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Photo: Stocksy 



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