72 JOURS où je suis mère à temps plein

25 Août 2016 par Bianca Longpré
Catégories : Famille
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L’été, je m’occupe de mes enfants. Je travaille le soir ou quand mon chum est là. Je deviens la mère qu’on juge, une mère indigne et irresponsable pour une période de 72 jours.

Pendant les mois d’école, je suis une bonne mère. C’est facile, car je vois mes enfants durant 48 heures, réparties sur sept jours. C’est vraiment l’été que ça se gâte…

À la mi-juin, je suis bourrée de bonnes intentions. Mes enfants vont réviser leur année scolaire, pratiquer un nouveau sport, entrer chez les scouts, parfaire leur anglais, s’adonner à plein d’activités et apprendre un tas de choses pertinentes. De mon côté, je vais faire du sport, prendre soin de moi et en profiter pour lire davantage et me mettre à jour dans mes cours en ligne.

Hélas, tous ces vœux pieux disparaissent avant le mois de juillet. À la fête du Canada, je suis déjà indigne.

Généralement, à cette date, mes enfants savent qu’un saut dans la piscine compte pour un bain et que le lavage de cheveux devient une activité spéciale. Manger une pomme remplace un brossage de dents, et des rôties au beurre d’arachides et à la confiture jumelées à un verre de lait se transforment en un excellent souper.

Indigne à souhait.

Au parc, j’ai déjà arrêté de jouer avec les enfants. Ils sont laissés à eux-mêmes pendant qu’au lieu d’avancer dans ma lecture, je regarde des vidéos de chats. Oui, je suis cette mère-là.

Cette mère qui, au dépanneur, achète des Mr. Freeze, vêtue d’un short enfilé sur son maillot de bain usé.

Vous vous demandez qui achète les petits sandwichs coupés en triangles à l’épicerie? C’est moi.

Je suis cette mère indigne qui est amochée le dimanche matin au cours de natation des enfants parce qu’elle a bu trop de vin avec son chum la veille, pendant que les petits dormaient en bobettes parce que les pyjamas n’étaient pas encore secs après le lavage d’il y a trois jours.

Pis l’été, je suis en retard: mon réveille-matin est en vacances au fond de la garde-robe. J’oublie volontairement de mettre un soutien-gorge; je bois du vin blanc en cachette au parc; un maillot remplace mes sous-vêtements; je procrastine; je fais dur. L’été, mes enfants disent que je suis cool.

L’été c’est ça, chez nous. C’est aussi une saison pour les adultes, non? Je de- vient alors une mère moins politically correct, mais davantage kids correct.

L’été, mes enfants ne font rien de vraiment éducatif. L’été nous corrompt peut-être même un peu, car en septembre, il faut réapprendre à devenir des humains normaux, responsables. Je dois laver mes enfants dans un bain, les éduquer, remettre un soutien-gorge et arrêter d’être en retard.

L’été, c’est comme 72 dimanches. C’est le moment où la vie passe tranquillement, où les enfants aux ongles sales oublient les jours de la semaine. C’est la saison où je ne suis pas éducatrice-remplaçante-marâtre-femme de ménage-folle du ménage. L’été, je suis juste une mère ordinaire, un peu indigne, que les enfants aiment un peu plus que d’habitude.

 

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