COVID-19 et stress: et les enfants, eux?

enfant anxiété
16 Avr 2020 par Équipe VÉRO
Catégories : Famille
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Le confinement peut s'avérer être une période stressante pour nos petits. Voici les conseils de Dr Nicolas Chevrier, psychologue.

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Écrit par Dr Nicolas Chevrier, psychologue

On parle beaucoup du stress des parents et des travailleurs ces temps-ci. À première vue, on aurait pu croire que nos enfants seraient à l’aise avec le confinement, qu’ils vivraient ce confinement comme des vacances. « Youppi ! pas d’école aujourd’hui! » Or, ce n’est pas le cas. Le syndrome de la tempête de neige ne s’applique pas ici.

Cette pause prolongée peut avoir des implications importantes pour nos enfants, petits et grands. Si on analyse le CINÉ (Contrôle, Imprévisibilité, Nouveauté, Égo), on se rend compte que cette situation est très stressante également pour eux.

Est-ce que votre enfant vit du stress?

Il faut apprendre à bien identifier les manifestations de stress chez notre enfant. Reconnaître les changements comportementaux de nos enfants est important. Voici les comportements à surveiller :

  • pleurer plus souvent ;
  • chigner ;
  • sucer le pouce ;
  • s’accrocher à papa ou à maman ;
  • se plaindre de maux de ventre ou de maux de tête ;
  • s’isoler du reste de la famille ;
  • fixer le vide ;
  • avoir des problèmes d’appétit ;
  • avoir des troubles du sommeil ;
  • être irritable ;
  • faire des colères ;
  • être plus agité qu’à l’habitude.

Les réactions seront différentes selon les enfants et selon leur âge. Plusieurs de ces comportements sont normaux, mais le mot d’ordre reste de se questionner lorsqu’on remarque un changement dans ces comportements. Est-ce que je vois plus de ces comportements? Est-ce que j’en vois de nouveaux? Est-ce que d’anciens comportements recommencent?

Dans mon cas, j’ai pu identifier au moins une manifestation par enfant. Leeloo « pot de colle », 8 ans, a besoin de beaucoup de câlins et qu’on la rassure sur des questions entendues dans les médias (les masques, les morts, les autres virus, les grands-parents… alouette!). Akira, 12 ans, a besoin de passer du temps avec moi pour m’apprendre à jouer à un jeu vidéo qu’il connaît bien (il se sent en contrôle et c’est bon pour son estime de soi!). Finalement, Toshiro a un grand besoin de passer du temps en FaceTime avec son groupe d’amis, isolé dans sa chambre, isolé parmi les isolés… Don’t ask!

Intervenir sans dramatiser

C’est important de ne pas dramatiser. La crise que nous vivons en ce moment est une crise extraordinaire. Aussi, les réactions des enfants sont pour la plupart des réactions ordinaires à une situation extraordinaire. Donc, avant d’intervenir, aidez votre enfant avec des gestes simples. Par exemple, passer plus de temps avec son enfant dans une activité positive qu’il apprécie, jouer à la cachette, regarder une émission comique (chez nous, c’est la série Science de la stupidité, mais bon, chacun son humour!), lire et mimer une histoire amusante, etc. Un peu plus d’attention peut avoir un effet étonnant!

Ensuite, évitez de punir votre enfant pour ces comportements. Bienveillance et compassion sont importantes dans ces temps difficiles. Ça vaut pour nos enfants et ça vaut aussi pour nous. Attardons-nous aux comportements positifs et moins aux comportements négatifs : disons bravo pour les bons coups, ignorons les mauvais coups.

Faites-vous des conférences câlins sur le divan! Quoi de mieux que de regarder le film préféré de votre enfant, avec lui collé sur vous. On peut même intégrer certains de ces moments dans nos routines. C’est ce que j’ai fait avec l’heure de jeu avec Akira. Ça lui donne un objectif plaisant pour sa fin de journée. Parlant routine, je ne m’attarde pas trop à ce point. On en a déjà beaucoup parlé : une routine stable sans qu’elle soit trop stricte permet à l’enfant d’avoir un bon sentiment de contrôle de son environnement. Ça rend la journée un peu plus prévisible et donc réduit le stress et l’anxiété de l’enfant.

Finalement, prenez le temps de parler de la situation avec votre enfant. Demandez-lui comment il se sent. S’il vous dit qu’il s’ennuie de ses amis ou de son éducatrice, dites-lui que vous aussi vous vous ennuyez de vos collègues ou de votre sœur. Comprendre que nos émotions sont normales dans les circonstances est important.

Une fois que vous aurez fait tout ça, ce sera le temps de prendre soin de vous. Du temps en solitaire, si vous le pouvez, avec un bon livre, une série télé, un bon album, une activité avec un peu de détachement, ça fait du bien!

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Photo: Unsplash

 



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