Homoparentalité : À la recherche d’un inconnu pour fonder une famille

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10 Jan 2022 par Migaelle Geoffrion
Catégories : Famille / MSN / Véro-Article
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En couple avec une Maman2, Migaelle Geoffrion jongle entre la garde partagée des ainés et le congé de maternité du p’tit dernier. Elle nous partage les histoires et les questionnements du quotidien de sa famille homoparentale.

Vous êtes-vous déjà demandé, lorsque vous étiez enfants, à quoi ressemblerait votre partenaire de vie? Quels traits transmettrait-il à votre progéniture? Avez-vous déjà pensé à eux, vos futurs enfants? Auraient-ils vos yeux verts ou votre nez retroussé? Avez-vous déjà imaginé ce dont aurait l’air votre famille?

Moi oui. Enfant, j’aimais rêvasser à cette famille que j’aurais. Je me plaisais à imaginer que les enfants nous ressembleraient, à mon amoureux et moi. Quand j’ai compris que j’étais lesbienne, j’ai dû revisiter ce rêve et y apporter quelques modifications. En fait, je pensais que je ne pourrais jamais avoir d’enfants, tout simplement. Ça semblait venir avec le package deal de l’homosexualité; vous savez, celui qui nous garde longtemps dans le placard avec nos peurs et nos incertitudes.

J’ai donc cessé d’imaginer ces enfants qui ne viendraient jamais. C’était plus facile comme cela et moins souffrant. Puis en vieillissant, j’ai entendu parler du petit miracle qu’est la procréation assistée. Avec quelques (centaines de) dollars de moins dans mes poches, je pouvais avoir accès à cette famille que j’avais tant imaginée.

Quelques années plus tard, avec ma douce moitié, nous sommes entrées dans les rouages de la marchandisation de gamètes. La couleur des cheveux, des yeux, de la peau, la grandeur, le timbre de voix, les origines, bref, nous avions une multitude de critères possibles pour sélectionner notre donneur idéal.

L’amour, dans un couple de même sexe, ne donne malheureusement pas accès à cette loterie des traits physiques entre les parents. Ses grands yeux ne se retrouveraient jamais mélangés à mon nez retroussé. Il a fallu procéder par une sélection de traits physiques pour trouver notre inconnu. Comment choisir celui qui donnera à nos enfants, la moitié de leur bagage génétique?

Nous avons aujourd’hui deux beaux enfants. Ils n’ont pas ses grands yeux et mon nez retroussé. C’est à l’aveuglette que nous avons choisi cet inconnu avec qui nous avons fondé notre famille. Son apparence ne nous importait peu, puisque comme tous parents nous savions que, peu importe leur apparence, nos enfants seraient les plus beaux au monde. Et nous avions raison.

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Photo : FG Trade Getty Images



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