La parentalité positive

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16 Fév 2022 par M. Geoffrion
Catégories : Famille / MSN / Véro-Article
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En couple avec une Maman2, M. Geoffrion jongle entre la garde partagée des ainés et le congé de maternité du p’tit dernier. Elle nous partage les histoires et les questionnements du quotidien de sa famille homoparentale.

Attention: Le texte suivant reflète l’interprétation et la compréhension de l’auteure. Il ne remplace pas une consultation professionnelle. En cas de nécessité, vous pouvez contacter Info-Social au 811 ou bien la Ligne Parents au 1-800-361-5085.

 

La parentalité positive, qu’est-ce que c’est?

Selon Naître et grandir, la parentalité positive se veut une approche parentale permettant d’écouter et respecter les besoins de ses enfants1. En d’autres mots, il s’agit d’écouter, valider et guider son enfant plutôt que de le contrôler et lui imposer une façon de faire. Bon, j’entends déjà les puristes me dire qu’un parent se doit de se placer en position de dominance face à son enfant, que l’enfant a besoin de savoir qui est le boss de la maison et qu’une petite dose de crainte lui permettra de marcher drette. Ce à quoi je réponds oui, et non.

Lorsque, comme parents, nous sommes témoins d’une crise théâtrale pour la couleur d’une assiette, nos yeux d’adultes analysent la justesse de la réaction de notre enfant. Est-ce une contrariété justifiée ou non? Lorsque le problème nous apparaît futile, nous optons pour certaines stratégies afin de résorber la crise.

 

Le raisonnement: «Tu as mangé dans l’assiette rouge ce matin. Là, il ne restait que la bleue dans l’armoire.»

La critique: «Encore une crise pour une assiette? Tu réagis encore de manière démesurée.»

L’imposition: «Ce sera la bleue et c’est tout!»

La minimisation: «La couleur de ton assiette n’est pas importante; c’est le même repas!»

La comparaison: «Ta sœur mange bien dans une assiette bleue, elle.»

 

Ces stratégies sont toutes logiques. Après tout, si notre partenaire s’offusquait d’une couleur de crayon, nous aurions des réflexions semblables. Le problème, c’est qu’il y a une grande différence entre une contrariété d’adulte de 20-30-40-50 ans et celle d’un enfant de 2-3-4-5 ans. L’enfant, à travers ses contrariétés, apprend une foule de choses; la reconnaissance et gestion de ses émotions, l’affirmation de soi, l’identification de ses besoins, la confiance envers l’autre, etc.

Les petits problèmes des petits sont autant importants pour eux que les grands problèmes des grands. La couleur d’une assiette prend, chez l’enfant, l’ampleur d’une promotion donnée injustement à un collègue ou bien l’indisponibilité de notre grandeur de jeans dans une grande surface. C’est frustrant, injuste et cela nous laisse un goût amer en bouche.

Vous me direz qu’aucun adulte ne se jette par terre en frappant du poing au milieu du Walmart. Non, mais combien en voyez-vous se plaindre, crier à l’injustice et dire des choses inadéquates sur Facebook ou Twitter? Les «crises» des grands ne sont parfois pas très loin de celles des petits.

En quoi la parentalité positive est-elle différente?

Je compare les stratégies éducatives de la parentalité positive à la manière dont on répondrait à un adulte vivant une injustice ou une contrariété. On ne serait pas tenté d’utiliser les stratégies énumérées plus haut. À la place, on chercherait à comprendre quel est le besoin non comblé qui génère une réaction vive.

 

On l’écouterait: «Explique moi ce qui te dérange afin que je comprenne mieux.»

On la validerait: «Je comprends que cette situation est injuste et frustrante, moi aussi j’aime conserver mes habitudes.»

On chercherait des solutions avec l’enfant: «Comment pourrions-nous rendre cette situation un tout petit peu plus facile?»

 

Par ces moyens, on traite cette personne comme un égal, un humain à part entière qui présente des besoins légitimes et qui méritent d’être considérés. Pourquoi serait-ce différent lorsque l’on élève des enfants? La position d’autorité justifie-t-elle l’utilisation de stratégies dénigrantes ou invalidantes? Diriez-vous à un proche que sa sœur a été en peine d’amour bien moins longtemps que lui ou bien que le décès de sa mère n’est pas bien grave?

La parentalité positive ne se veut pas une approche où l’enfant n’a pas de limite. Elle prône la considération de l’enfant et son implication dans la recherche de solutions. Elle permet à l’enfant d’apprendre et d’expérimenter les moyens à sa disposition (entérinés par l’adulte) pour grandir et forger l’adulte qu’il deviendra. La coopération et la considération avant l’imposition, voilà ce que la parentalité positive offre de nouveau.

Photo : MoMo Productions Getty Images

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Source : 

1. Naitre et grandir. La parentalité positive expliquée.



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