Guylaine Guay: Le temps des esprits féconds

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14 Oct 2020 par Guylaine Guay
Catégories : Oser être soi / Véro-Article
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Moi, ça va. Et vous? Tant bien que bien, je fais de l’ombre au cynisme et je tente du mieux que je peux de rester au soleil des choses.

L’adversité a ce pouvoir de révéler le charbon des cœurs ou la dentelle des âmes. Je me ferai dentellière s’il faut passer au travers de ces temps incertains. Je suis plus poétique qu’à l’habitude, je sais. L’époque le commande. Du doux pour les yeux, du velours pour l’être.

Partout, on clame qu’il faut se réinventer. Bien sincèrement, je n’ai rien contre ça. Électron libre depuis maintenant 50 ans, je vous souhaite la bienvenue dans ma fratrie du «moins conventionnel». Avec des pensées en dehors de la boîte.

La créativité, l’ingéniosité et la débrouillardise n’auront jamais été aussi en vogue. Si, comme moi, vous cultivez ces qualités depuis belle lurette, c’est maintenant l’heure de la récolte. De beaux fruits d’imagination bien mûrs, prêts à être dévorés par quiconque a faim de renouveau. Les esprits féconds ne manquent jamais de rien.

Si vous n’êtes pas familière avec votre propre force créatrice, je vous rappelle deux choses. La première: pas de censure. Et la deuxième: toujours pas de censure.

Laissez-vous aller. Pas besoin d’être «bonne» en quelque chose, l’important, c’est que ça vous fasse vibrer. Que ça vous reconnecte avec une certaine forme de joie. Que ça vous remue. Que ça chasse vos doutes pour un moment. Que ça vous donne envie de ne pas avoir envie de comprendre ce qui vous arrive.

Après des mois de «ça» et des dizaines de contrats annulés, entre les marches journalières et «l’école à la maison» (je l’écris entre guillemets parce que je n’ai rien d’une prof; chapeau à toutes celles et ceux qui ont relevé ce défi!), comment me rebrancher sur mon canal de plénitude?

Par un heureux hasard, en guise d’activité quotidienne avec mon fils Clovis, j’ai sorti peinture, pinceaux et paillettes – les trois «P» de l’imaginaire –, et nous avons créé un tableau si beau qu’à lui seul, il a déclenché une véritable passion.

Ce rouge profond, ce rose vif, ce vert lime, ce bleu ciel, ce jaune moutarde, ce jet de glitter turquoise et ces formes abstraites ont fait jaillir le concret de tout ça. Créer pour se sentir vivante.

Le lendemain, en écoutant quelques chansons de mon groupe fétiche d’adolescence, The Cure, j’ai peint encore. Je planais un peu, je souriais beaucoup.

Le jour d’après et le suivant, les couleurs étaient encore au rendez-vous. Puis, par un après-midi ensoleillé où tout me semblait possible, j’ai même transformé un vieux meuble en un monument d’allégresse!

Depuis, chaque matin, je bois mon café assise devant cette commode d’époque devenue épique. Et je me sens bien. Comme si j’avais enfanté la beauté, encore.

Je vous souhaite un vieux meuble, je vous souhaite un cœur neuf, je vous souhaite ce voyage intérieur aller simple, je vous souhaite la création.

Pas pour que ce soit absolument une «réussite», mais pour habiter ce coin de votre tête que vous ne connaissiez peut- être pas encore.

Le reste de nos vies est comme un canevas, une fresque à inventer.

Énorme câlin et jet de peinture à vous que j’aime.

Photo: Andréanne Gauthier

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