L’image corporelle, selon Karah Stanworth-Belleville et Kim Gingras

26 Nov 2020 par Véronique Alarie et Alex Gonthier
Catégories : Actualités / Forme / Oser être soi / Santé
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La Semaine Le poids? Sans commentaire! a lieu chaque année en novembre et a pour but de sensibiliser l’ensemble de la population à l’omniprésence et aux conséquences négatives des commentaires sur le poids et l’apparence physique.

Discussion sur l’image corporelle avec Karah Stanworth-Belleville, nutritionniste, ex-athlète et chef de projet chez ÉquiLibre (un organisme ayant pour mission de prévenir et de diminuer les problèmes liés à l’image corporelle), et Kim Gingras danseuse professionnelle  et ambassadrice de l’édition 2020 de la semaine Le poids? Sans commentaire! autour de la campagne « Mise sur ce que ton corps peut faire, pas ce qu’il a l’air ».

Le point de vue de Karah Stanworth-Belleville

Quel message l’organisation Équilibre souhaite-t-elle véhiculer dans le cadre de cette campagne?
Quand on pratique une activité sportive et quand notre corps est notre outil de travail et quand il est central dans notre pratique, on peut devenir la cible de différents commentaires en lien avec notre apparence et notre poids. Et qu’ils soient positifs ou négatifs, qu’on se les adresse à soi-même ou qu’ils soient adressés à quelqu’un d’autre, ces commentaires peuvent nuire à l’estime de soi, à la confiance, au plaisir de bouger. L’insatisfaction corporelle a beaucoup d’impact sur la santé mentale et physique, et est un obstacle à l’adoption de saines habitudes de vie. Elle peut mener au décrochage de l’activité physique — c’est d’ailleurs problématique chez les jeunes filles à l’âge de la puberté — ou encore à une pratique non sécuritaire du sport. Pourtant, l’activité physique devrait, à la base, contribuer à favoriser l’image corporelle en développant une connexion avec son corps! Cette campagne invite donc à miser sur l’être plutôt que le paraître, comme un facteur de protection. On souhaite faire évoluer la culture sportive et promouvoir la diversité corporelle au sein de celle-ci.

L’idée est donc d’agir en prévention et en amont auprès des jeunes qui pourraient ressentir de l’insatisfaction corporelle… 
On doit veiller à ne pas survaloriser l’apparence et le poids, d’autant plus que personne n’a le plein contrôle là-dessus. Le poids n’est pas un comportement! Axer la démarche sportive là-dessus peut mener à des comportements problématiques — des troubles alimentaires par exemple — et renforcer la stigmatisation liée au poids… en plus de nuire tôt ou tard à la performance sportive.

De façon concrète, que peut-on mettre en place comme parent pour accompagner son jeune dans une pratique sportive saine? 
On peut le valoriser autrement qu’en commentant son corps, et être soi-même un modèle en prenant conscience des commentaires qui, s’ils ne sont pas dits pour mal faire, peuvent néanmoins avoir de graves répercussions. Aussi, on peut porter attention aux comportements et aux commentaires que son enfant porte à l’égard de lui-même ou des autres et en se faisant présent dans son milieu. On peut aussi l’exposer à la diversité corporelle en l’invitant à remettre en question les modèles de beauté auxquels nous sommes surexposés, et l’encourager par exemple à choisir des comptes qui encouragent l’acceptation de soi sur les médias sociaux.

Et c’est une conversation qu’on doit entamer tôt, n’est-ce pas? 
Dès l’âge de trois ans, un enfant commence à intégrer des messages de grossophobie. À quatre ans, il peut déjà développer une certaine insatisfaction par rapport à son corps. Au Québec, 90 % des enfants âgés de 8 à 12 ans croient qu’ils devraient modifier leur poids. Il faut donc développer leur jugement critique au plus tôt, leur expliquer que les modèles de beauté auxquels nous sommes habitués sont dans les faits atteignables de façon naturelle pour moins de 5 % de la population. Et insister sur le fait qu’en ligne, les gens utilisent d’ailleurs des filtres et des retouches pour atteindre ces standards-là.

Discussion sur l’image corporelle selon Kim Gingras

Pourquoi avoir accepté le rôle d’ambassadrice pour la semaine «Le poids? Sans commentaire!»?
Pour moi, c’était un oui définitif dès qu’on m’a approché. En tant que danseuse professionnelle, les commentaires sur mon poids et sur mon apparence sont des choses que je dois gérer au quotidien. On me juge physiquement avant même que j’aie dansé ou même parlé. Je suis donc très familière avec ce que les commentaires par rapport à l’apparence et au poids peuvent avoir comme conséquence sur un individu. J’aimerais tellement que ce milieu soin plus inclusif et qu’on voit plus de diversité sur scène. Heureusement on voit qu’il y a des changements qui se font tranquillement, mais c’est important d’aborder le sujet.

Comment as-tu réussi à composer avec ce genre commentaires?
Il s’agit d’un travail d’une vie. Toutefois, j’ai décidé de réapprendre à me parler et à me faire confiance. À me parler comme on s’adresse à une amie. J’ai commencé à pratiquer ça quotidiennement et à changer ma manière de penser. J’ai transformé la petite voix négative en commentaires positifs! Tranquillement, c’est devenu plus naturel pour moi de me supporter personnellement, de me complimenter et de me donner de l’amour. C’est alors plus difficile de briser ta bulle de positivisme et tu ne prends plus ce genre de commentaires de manière personnelle.

En tant qu’ambassadrice et modèle pour plusieurs, quel message aimerais-tu transmettre aux jeunes?
J’inviterais les gens à venir réévaluer la manière dont ils commentent les autres. Je les inviterais également à se remettre davantage en question et de se demander s’ils peuvent aller au-delà de l’apparence? Peut-on plutôt parler d’un trait de personnalité ou d’un talent plutôt qu’un compliment par rapport à l’apparence ou au poids d’autrui ? Il suffit de respecter les gens et leur unicité.

Il n’y pas deux personnes pareilles et c’est ça le pouvoir de chacun!

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