Devrait-on rester ensemble pour les enfants?

14 Jan 2020 par Karine Vilder
Catégories : Psycho / Véro-Article
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Quand notre couple bat de l’aile, faut-il se séparer, au risque de faire souffrir nos enfants, ou faut-il tenir bon pour les épargner? Pistes de réflexion.

Lorsque Julie et Jonathan ont uni leurs destinées en 2003, ils pensaient sincèrement que c’était pour la vie. Ils ont eu deux adorables fillettes et, depuis, pas un jour ne passe sans qu’ils s’en félicitent. Malheureusement, cela ne suffit pas à entretenir la flamme. «En tentant de devenir des parents parfaits, on s’est complètement perdus de vue, confie Julie, qui a aujourd’hui 38 ans. Notre entente amoureuse se conjugue à l’imparfait et, certains soirs, on se regarde en fredonnant Stop ou encore, une vieille chanson de Plastic Bertrand. On serait déjà partis chacun de notre côté si le sort de nos deux puces ne nous importait pas autant…»

L’arrivée d’un enfant: une épreuve difficile pour le couple

Nouveau-néEh oui, l’ère des contes de fées est bel et bien révolue. Car si bon nombre de couples continuent à avoir des enfants, ils ne vivent plus forcément heureux ensemble jusqu’à la fin des temps. «Depuis que le divorce a été instauré, en 1968, et que les femmes ont pris d’assaut le marché du travail, il faut beaucoup plus qu’un contrat de mariage pour que les ménages restent soudés, souligne Renée B. Dandurand, professeure et chercheuse à l’Institut national de la recherche scientifique. Aujourd’hui, au Québec, 60% des couples préfèrent vivre en union libre – en passant, c’est le taux le plus élevé du monde occidental! – et ils ont besoin d’être habités par un sentiment amoureux pour que leur relation dure. Or, justement, c’est sur ce plan que l’arrivée d’un enfant peut parfois avoir un effet négatif.»

Robert Neuburger, psychiatre, thérapeute et auteur du livre On arrête?… On continue? (aux Éditions Payot), va même jusqu’à dire que les couples qui ont des enfants ont moins de chances de rester ensemble que les autres. «Une famille, ça pompe une quantité incroyable d’énergie et, si les conjoints ne font rien pour préserver leur amour, ils courent droit à la catastrophe. Ma fille, qui est avocate, est éberluée par le nombre de jeunes parents qui viennent la voir. Ça n’a rien d’encourageant mais, à l’heure actuelle, il est clair que les enfants sont un péril pour le couple.» Pourtant, s’il y a bien une raison de tenir bon quand une relation commence à battre de l’aile, c’est justement les enfants. Parce qu’on les aime plus que tout au monde, parce qu’on veut leur éviter les affres d’une séparation, parce qu’on ne supporte pas l’idée de les avoir seulement une semaine sur deux, parce qu’on tient à jouer le plus longtemps possible notre rôle de mère ou de père responsable. «Au bout d’un moment, les parents se demandent: “Est-ce qu’on devrait essayer de s’accrocher pour les enfants?” explique le psychologue clinicien et médiateur Marc Pistorio, qui a écrit le livre Vérité ou conséquences (aux Éditions de l’Homme). Si on peut faire quelque chose pour rétablir l’harmonie au sein du couple, on doit le faire, car tout le monde en sortira gagnant. Mais si l’amour n’est vraiment plus au rendez-vous, les enfants ne sont pas une raison suffisante pour éviter une rupture. Il ne faut pas oublier qu’à la base on n’est pas en couple uniquement pour le bien-être des enfants: on l’est aussi pour son propre bien-être.»

La suite de cet article en page 2.



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  1. Aren dit :

    Je suis en couple avec un homme depuis 11 ans, je l’aime, je pense aussi qu’il m’aime mais pas assez pour officialiser notre union. Je l’ai rencontré à l’âge de 20 ans et on a eu notre premier enfant à l’âge de 23 ans et le deuxième à 26 ans. Depuis toute ces années, il n’a travaillé qu’une seule fois et j’ai réagi vite en cherchant du travail un peu partout. J’ai dû subir des moqueries, j’ai dû supporter les torts, les menaces, les injures, les intimidations de sa part et même la violence. J’ai renoncé à mon ancienne vie et même depuis ce temps aussi, mon père m’a ignoré. J’ai sacrifié mon bonheur. Mais au final, je n’ai rien reçu en retour. Aujourd’hui, il est là sans être là, il m’accuse de tout, il m’exige tout, je suis épuisée. Cela fait 5 ans que j’ai assumé sa responsabilité et il m’accuse également de ne pas faire correctement la mienne en tant que femme au foyer et mère, Au fait, c’est comme s’il voulait que j’assume tout et que j’assure tout que ce soit pour la rentrée d’argent, les enfants et la maison. Il n’a pas travaillé sans doute pour me surveiller si je sors avec un voisin ou non. Je lui ai pourtant expliqué que je n’ai pas le temps pour cela et que je suis tout le temps à la maison. Je lui ai même donné la clé pour qu’il m’enferme chaque fois qu’il sort si cela règle la situation. Je dois tout le temps faire attention à mes gestes. Je n’ai cessé de lui dire et de le prouver que je n’aime que lui. Mais c’est peiné perdue. et à chaque fois on déménage et à chaque fois c’est toujours pareil. Je travaille à la maison afin de le rassurer et pour qu’il ne doute plus de moi. Mais cela n’a rien changer. J’ignore si c’est de la jalousie ou non, je ne sais plus. Tout ce que je sais c’est qu’il m’accuse d’avoir rencontré d’autres hommes avant lui, que si comme s’il partageait sa vie avec une personne qui avait déjà une vie. Je peux comprendre tout cela, mais c’était un choix qu’il l’a fait, je ne l’ai pas forcé à m’aimer ou à m’accepter. Du coup, quoi que je fasse, je suis coupable. Si je le quitte c’est comme si je vais abandonner une personne qui n’est pas indépendante financièrement. Car il me disait tout le temps : « vas-y, tu as déjà fait ta vie de toute façon, tu a eu ce que tout voulait… » C’est comme s’il m’accuse d’avoir gâché sa vie. si je reste, on m’accuse d’avoir gâché sa vie. Cette situation sans échappatoire a fini par provoquer une maladie cardiaque en moi. Même une simple réaction émotionnelle me fait mal. J’aime mes enfants et si je supporte tout cela, c’est pour eux. Lui, il peut sans doute arrêter le temps mais moi non, je dois subvenir aux besoins des enfants et préparer leur avenir.

    • Équipe VÉRO dit :

      Bonjour Aren,

      Merci de votre témoignage. Bien que nous ne soyons pas près de vous, nous remarquons que vous semblez vivre dans un climat toxique. Nous vous suggérons d’appeler l’organisme SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ouvert 24/7 ou par texto au 438-601-1211.

  2. Therese Pare dit :

    MARIÉE a 19 ans ,amoureuse folle de mon mari . Je découvre 2 années plus tard qu’il a un problème avec l’ alcool . Les enfants arrivent chaque année .Plus les années passent plus le problème devient sérieux au point que lorsqu’il prend boisson forte et bières ,il perd contrôle devient agressif ,brise tou dans la maison .Mais je connais mon homme et je n’essaie pas le contrôler dans ces moments de crises ; je me sauve de la maison avec les enfants pour éviter le pire , Je me réfugie chez les gens de sa famille et la mienne . Ceci se produisait 3-4 fois l’an .Malgré tout ,je préfèrais demeurer avec le pere de mes enfants que de recommencer avec un autre qui ne serait pas leur père . Je craignais que mes enfants se détourne de moi lorsqu’ils seraient plus vieux . N’ayant pas connu leur père tel qu’il était . J’ai compris que l’alcoolisme est une maladie . Je ne i ‘ai pas dénigré non plus .. J’ai divorcé alors que les enfants étaient tous des adultes .

    Aujourd’hui , mon mari est décédé ,je suis âgée ,mes enfants me gâte énorméments . Aucun regrets

  3. julie dit :

    Évidemment, il existe des situations où les parents n’ont pas avantage à rester ensemble… Mais je trouve que la mode est de baisser les bras très rapidement sur nos relations, souvent au détriment des enfants. Pour en lire plus:
    http://joyeusescatastrophes.com/pour-le-meilleur-et-pour-le-meilleur/#more-356

  4. Carole Drolet dit :

    Bonjour,
    Moi- même ayant divorcée il y a plus de 30 ans je me rends que rien n’a vraiment changé. La vie de couple est difficile à gérer lorsque l’on est 2 personnes alors avec l’ajout d’enfant ça devient très vite épuisant . Les parents tentent ce qu’il peuvent avec les outils qu’ils connaissent livres, thérapie de couple mais seulement une mince portion de ces couples réussiront à traverser la tempête .
    Vos conseils sont judicieux et celui qui pour moi le plus important c’est de ne pas faire souffrir les enfants en dénigrant l’un ou l’autre des parents. Moi j’ai dû intervenir fréquemment auprès de la famille et amis(ies) afin qu’ils gardent leur opinion du papa pour eux et qu’ils parlent entre eux uniquement lorsque les enfants ne sont pas là. On ne doit pas détruire l’image qu’ils ont de leur parent c’est à mon avis primordial pour qu’ils grandissent de façon équilibrée. Merci

  5. Johanne Morin dit :

    C’est un sujet très délicat….moi, mes enfants sont dans la jeune trentaine, de même que les enfants de mon mari actuel et ils avaient 6 et 8 ans quand je me suis divorcée….avec le recul (mais c’est mon expérience) je me dis que j’aurais du rester avec leur père…tout le monde est….plus ou moins perdant dans tout ça, mais surtout les enfants qui ont été déchirés. Aujourd’hui, mes enfants, leurs amis, qui ont tous été des  »enfants du divorce » ne veulent absolument pas de séparation dans leur couple, mais aussi, ils ne veulent pas d’enfants, ils ont retenu que des enfants c’est  »bien du trouble »….et bien des chagrins, alors ils ne veulent pas vivre ça, ni le faire vivre à d’éventuels enfants….et je ne pense pas que c’est toujours vrai de dire: si les parents sont heureux dans un autre couple, les enfants le seront automatiquement…

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