Donner une deuxième chance? Quand, comment et pourquoi?

Donner une deuxième chance? Quand, comment et pourquoi?
19 Jan 2021 par Lory Zephyr
Catégories : MSN / Psycho
Icon

Les B.B. nous l’ont si bien dit : «Donne-moi au moins ma chance. Vois comme j'ai beaucoup changé. Donne-moi une petite chance. Allez! Tu dois me pardonner. Et tout recommencer». Maintenant que nous avons la chanson en tête, qu’en est-il vraiment?

Que ce soit au plan amoureux, amical, familial, professionnel ou même social (ce politicien mérite-t-il à nouveau mon vote?), il peut être difficile de prendre une décision lorsque le cœur et l’esprit semblent en contradiction. Donner une deuxième chance peut être intéressant et positif lorsque certains éléments sont présents, et le premier part de soi.

En premier lieu, savoir pardonner

Le concept de «deuxième chance» est relié à celui du pardon. Certains croient à tort que le fait de pardonner implique simplement de laisser-aller ou de passer à autre chose. Toutefois, pardonner réfère plutôt à l’action d’offrir du positif à la personne/la situation qui a fait vivre des émotions négatives au départ. Que ce soit de la compassion, de la compréhension ou de l’empathie par exemple, ce mouvement positif vers l’autre n’est certainement pas toujours facile à faire. Il faut souligner que le pardon ne veut pas nécessairement dire que l’on obtient justice ou qu’il faut se réconcilier. En fait, le pardon est d’abord une action pour soi-même.

L’objectif est de se dégager de l’amertume, de la colère ou même de la haine pour que le positif nous libère de cette énergie toxique. Non seulement le pardon n’a rien à voir avec la faiblesse ou la naïveté, contrairement à ce que certaines personnes pourraient croire, mais il est associé à une diminution de symptômes anxieux ou dépressifs. En revanche, ce n’est pas toujours le cas considérant que s’exposer à nouveau peut aussi raviver des blessures qui augmentent la détresse psychologique. Pour en arriver à une conclusion plus saine, certaines conditions sont favorables pour donner une deuxième chance à une personne ou un contexte.

Deuxième chance relationnelle

Il est vrai que certaines personnes sont davantage portées à offrir des deuxièmes chances alors que d’autres sont plutôt rancunières. Ainsi, la personnalité peut parfois amener à offrir un pardon à une personne trop rapidement…ou encore de façon démesurément longue face à la faute commise. Certaines réflexions peuvent donc aider à prendre une décision. En voici quelques-unes:

  • Une personne peut changer, mais le meilleur prédicteur des comportements futurs est généralement ceux du passé. Ainsi, avant de donner une deuxième chance, on peut se demander si ce qui a été fait semble particulièrement incohérent avec la personne habituellement. Par exemple, est-ce que ce collègue a dévoilé une confidence pour la première fois? Si oui, c’est probablement simplement un accident. Si ce n’est pas la première fois, il sera plus difficile de lui donner une deuxième chance. Dans ce cas, il pourrait y avoir un désinvestissement de la relation professionnelle.
  • Il est important de considérer la présence de remords sincères lorsqu’une faute a été commise. Par contre, cela peut être difficile à évaluer avec des personnes manipulatrices. Il n’y a pas d’indications claires à observer, toutefois si les remords exprimés apaisent la douleur ressentie, cela pourrait faciliter la seconde chance. Surtout si, lorsque certaines discussions prennent place, la personne fautive tente d’accepter et d’écouter ce qui est dit plutôt que de se justifier.
  • Pardonner peut-être une bonne idée si la personne fautive semble avoir réfléchi en profondeur à ce qui a été fait ou dit. Si le blâme semble rejeté sur les autres par exemple, c’est un indice que donner une seconde chance ne se fait probablement pas dans un contexte sécuritaire.

Deuxième chance contextuelle

Donner une deuxième chance à un partenaire infidèle est émotionnellement plus chargé que de se demander si un retour à son ancien travail est une idée judicieuse. De la même façon, voter à nouveau pour un politicien qui n’a pas respecté certaines promesses électorales peut être frustrant mais demeure assez loin de soi.

Voici des questions à se poser pour faire évoluer certaines réflexions en lien avec un contexte non-relationnel :

  • Qu’est-ce qui m’a amené à prendre ma décision initiale dans le passé?
  • Quels sont les changements que j’observe actuellement qui m’amènent à vouloir donner une deuxième chance?
  • Quelles seraient mes options alternatives?
  • Ai-je l’impression qu’en l’essayant de nouveau, cela me permettra d’évoluer?
  • Quelles étaient les erreurs/fautes/échecs identifiés auparavant et comment cela a été réglé? Si cela n’a pas encore été fait, comment y remédier?

Si les réponses obtenues semblent encourageantes, inspirantes et prometteuses, alors c’est un bon début!

Donner une seconde chance ou pardonner est un processus complexe qui peut autant être puissant et libérateur que destructeur et décevant. Réfléchir aux motivations, contextes, et conséquences de ce choix peut donc aider à la prise de décision. Malgré tout, il est important de garder en tête un plan pour se protéger de l’autre lorsqu’il y a eu des blessures relationnelles ou avoir une solution alternative lorsque cela s’applique à un contexte. Au final, ce qui importe est que votre bien-être soit augmenté et non l’inverse!

À lire aussi:

Photo principale : Gemma Chua Tran Unsplash



Catégories : MSN / Psycho
0 Masquer les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ajouter un commentaire

Magazine Véro

S'abonner au magazine