Guylaine Guay: l’incroyable bienfait de nommer les choses

12 Fév 2020 par Guylaine Guay
Catégories : Oser être soi / Psycho / Véro-Article
Icon

Guylaine Guay nous explique comment et pourquoi elle a décidé de nommer les choses. Un texte inspirant!

J’ai une tête de cochon et un front de «beu», comme on dit. Rien de végane dans mon caractère! Une forte dose de bonne humeur, de créativité et de douceur vient, heureusement, équilibrer le tout.

Je mets actuellement les pieds dans ce qui sera le dernier tiers de mon existence. Oui, je sais, 50 ans c’est encore jeune, mais…Loin de moi l’idée d’être fataliste. Je me perçois plutôt comme étant réaliste, désireuse de mieux profiter de la vie. Je fais ça maintenant, nommer les choses. Plus jeune, mon impulsivité m’a propulsée dans toutes sortes de situations pas possibles, comme faire du pouce en plein milieu de la nuit après une crise de jalousie pour un ex qui ne me méritait même pas, quitter trop d’emplois en claquant la porte ou suivre un régime au yogourt nature jusqu’à en perdre connaissance. Et je ne suis sûrement pas la seule à avoir fait ce genre de trucs! Intense, j’étais. Intense, je suis. Intense, je serai

Si j’avais la chance d’aller prendre un café avec la jeune adulte impulsive et méfiante que j’étais, je lui dirais d’ouvrir son esprit et son cœur, car le voyage qui l’attend est unique et fantastique. Parsemé d’embûches, de joies immenses, de défis en tous genres, de deuils, de déceptions professionnelles et personnelles, d’un nombre incalculable d’éclats de rire. Et j’insisterais pour lui dire que je n’aurais pu choisir un meilleur corps et une meilleure âme pour vivre cette folle aventure. Nommer l’amour. De soi.

Ce qui est absolument formidable dans cette simple habitude de nommer les choses, c’est que je m’accorde aujourd’hui le luxe de la vérité. Vous serez peut-être surpris d’apprendre que l’anxiété fait partie de ma vie. Plus je la cachais, plus elle revenait sournoisement. En la mettant en lumière, en essayant de comprendre son mécanisme et en la traitant par l’hypnothérapie, je l’ai apprivoisée. Elle n’est plus ce monstre qui sommeille en moi, sortant de sa cachette quand je suis dans un lieu public ou que je vis un stress, mais plutôt une émotion comme une autre. J’accepte l’inconfort. Je respire. Je reste dans le moment présent. Nommer la peur.

«Je n’aurais pu choisir un meilleur corps et une meilleure âme pour vivre cette folle aventure.» J’ai aussi longtemps eu de la difficulté à aimer pour vrai. Mes anciens couples sont des désastres de manque de communication. J’ai souvent laissé avant d’être laissée. Il était plus facile pour moi de mettre mon amour-propre dans un sac à dos et de partir avec que de ramasser des miettes d’intimité sur le plancher. À mon mari actuel, j’ai tout de suite avoué mon manque de savoir-faire en matière de verbal affectif. Il m’a épousée quand même et, avec lui, je raconte ce que j’ai dans le cœur, avec ou sans dentelle. Nommer la crainte de l’engagement.

Et il y a aussi eu mes fils qui sont, à ce jour, ma plus grande source d’authenticité et de bonheur. Nommer la gratitude, un mot à la mode.  Cette gratitude comme une boussole qui me donne des repères bienveillants dans ce monde un peu fou. Dire merci pour ces anges que je rencontre et qui embellissent mon existence. (Petit clin d’œil ici à Véro et Louis.) Embrasser les projets qui se présentent à moi. En vouloir plus. Écrire encore tout plein de livres. Faire encore plus de télé et de radio. Parce que j’adore ça et parce que je suis bonne! Nommer ses forces et son désir de prendre rendez-vous avec ses rêves et ses aspirations.

Si j’avais la chance d’aller prendre un café avec la jeune adulte impulsive et méfiante que j’étais, je lui dirais d’ouvrir son esprit et son cœur, car le voyage qui l’attend est unique et fantastique. Parsemé d’embûches, de joies immenses, de défis en tous genres, de deuils, de déceptions professionnelles et personnelles, d’un nombre incalculable d’éclats de rire. Et j’insisterais pour lui dire que je n’aurais pu choisir un meilleur corps et une meilleure âme pour vivre cette folle aventure. Nommer l’amour. De soi.

Et puis je terminerais cet entretien extratemporel en lui confiant que son originalité, celle qui n’est pas toujours comprise par ses pairs, allait être l’as dans son jeu. Nommer sa chance.

À lire aussi: 

 

Guylaine Guay est une autrice, comédienne, humoriste et animatrice québécoise. Elle est aussi la marraine de la Fondation Véro et Louis – et mère de deux garçons vivant avec le trouble du spectre de l’autisme.

 



Catégories : Oser être soi / Psycho / Véro-Article
3 Masquer les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. [email protected] videotron.ca dit :

    Je veux ecrire a Guylaine guay. Comment m’y prendre

  2. Michelle. Gagné dit :

    J’adore Guylaine tellement authentique ,drôle ,sympathique ,Je suis certaine que tout le monde l’a voudrait pour Amie … Moi je l’admire énormément et je lui souhaite que du Bonheur dans sa vie personnelle et professionnelle …xxx.

Ajouter un commentaire

Magazine Véro

S'abonner au magazine