J’ai testé: « dire NON pendant 21 jours »

21 Oct 2019 par Propos recueillis par Chantal Tellier
Catégories : MSN / Psycho / Véro-Article
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Notre directrice artistique Marie Michèle Leduc a accepté de relever le défi d’oser dire non pendant trois semaines. Compte rendu de son expérience.

Le jour où l’aptitude à dire non a été distribuée, j’étais absente. Sans doute occupée à déménager des amis, à faire trois heures de voiture pour aller chercher de vagues connaissances à Yamachiche, à m’occuper des hamsters de mon ex-coloc pendant son voyage de six mois au Pérou ou à faire don d’un de mes reins, juste parce qu’on me l’avait demandé (je plaisante pour mon rein, là). Je suis incapable de dire non.

Pire encore, je serais du genre à mentionner aux voleurs l’objet de valeur qu’ils n’auraient pas vu si j’étais prise dans un braquage à domicile. «Attendez, les gars! Vous oubliez la bague de diamants dont j’ai hérité de ma grand-mère.» Vous voyez le genre? Je partais donc de très loin quand j’ai décidé de relever ce défi: m’affirmer en m’écoutant et en osant dire non. Ce n’était pas gagné d’avance!

Des débuts difficiles

Dans ma famille, dire non, c’est l’équivalent d’un rejet ou d’un abandon. On a peur de faire de la peine, on a peur de ne plus être aimé si on ose dire Le-Mot-Qu’on Ne-Doit-Jamais- Prononcer. Alors je maquille un peu la vérité. Pas des gros mensonges, hein? J’ai de la difficulté à m’affirmer, d’accord, mais je ne suis pas mythomane pour autant!

Je vous donne un exemple. J’avais un rendez-vous chez le médecin dans une clinique privée et je souhaitais l’annuler. Je ne voulais plus payer 200 $ pour des conseils santé que je connaissais déjà, mais j’étais incapable de le lui dire. Ça s’est soldé par un petit mensonge innocent. J’ai dit que j’avais un imprévu et que je ne pourrais pas me présenter. Je me sentais nounoune de lui avoir menti, mais j’aimais mieux ça que d’affronter sa déception. Premier échec.

En fait, les gens sont tellement habitués de m’entendre dire oui que je me demandais si certains n’allaient pas me regarder, incrédubles, en m’apostrophant: «Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Marie-Michèle?»

Apprendre à établir des limites

Durant ma période de test, j’ai quand même réussi à m’écouter et à ne pas accepter trop de choses qui ne me tentaient pas. J’ai su dire non quand l’envie n’était pas au rendez-vous et j’ai remarqué que les gens insistaient moins quand je leur expliquais la vraie raison de mon refus. J’avoue que je le faisais en partie pour atténuer mon sentiment de culpabilité, mais aussi parce que ça me forçait à établir mes limites.

Ce défi m’a permis de constater que lorsque je disais oui aux autres sans le vouloir vraiment, je me disais non à moi. J’éprouvais de plus en plus de frustration, je me sentais même parfois en colère ou découragée (c’est loin, Yamachiche!). L’envie de rendre service est devenue moins automatique, car je le faisais trop souvent avec un sentiment d’obligation. Et comme ça ne me tente pas du tout de devenir une vieille harpie grincheuse, j’ai voulu apprendre à dire non.

Le pouvoir du non

La bonne nouvelle? Plus on s’exerce à dire non, plus ça devient facile! Et dans la foulée, j’ai aussi appris à exprimer réellement ce que je pense. Par exemple, j’ai assisté à un spectacle de danse moderne avec ma blonde et je n’ai RIEN compris. Quand elle m’a demandé si j’avais aimé ça, j’ai réussi à lui dire: «Non, pas vraiment.»

Ç’a l’air de rien comme ça, mais c’est une grande victoire pour moi. Bon, j’avoue qu’elle m’avait vue cogner des clous durant le spectacle… Mais avant d’entreprendre ce défi, je lui aurais sans doute répondu que j’avais adoré ça pour ne pas la décevoir. Surtout que les billets du show lui avaient été offerts en cadeau. Ma mère doit se retourner dans sa tombe!

J’ai réalisé aussi que si je m’écoutais un peu plus, je ne prendrais presque jamais de rendez-vous longtemps à l’avance. J’éviterais alors de me désister à la dernière minute en inventant une excuse.

«Non» est une phrase complète, paraît-il. Je n’ai pas encore le réflexe de répondre avec ce seul petit mot de trois lettres, mais j’y travaille!

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Photo principale: Getty Images



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