« Mon couple n’a pas survécu à la COVID »

21 Sep 2020 par Véronique Harvey
Catégories : Psycho / Véro-Article
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La COVID-19 a eu raison de plusieurs couples, qui n’ont pas survécu au confinement et à tous les dommages collatéraux qui en ont découlé.

Les problèmes financiers et l’éducation des enfants faisant partie des principaux facteurs de discorde au sein d’un couple, il n’est pas surprenant de constater une explosion des cas de divorces et de séparations au Québec depuis le début de la pandémie.

« Pour les couples qui ont des problèmes, le travail et les activités personnelles permettent de s’éloigner du stress qui existe à la maison. Mais, si tu ne peux plus sortir et que tu es en permanence avec ton « ennemi intime », c’est évident que les sources de frictions se multiplient et que la mèche devient très courte », explique Yvon Dallaire, psychologue M.Ps.

C’est exactement ce qui est arrivé à Sophie et Maxime, qui s’étaient rencontrés sur Tinder et qui partageaient leur vie depuis six ans. Pour ce jeune couple sans enfant, le confinement a été fort révélateur. Même s’ils ne s’étaient jamais disputés auparavant et que tout semblait cliquer entre eux, le fait de se retrouver 24h sur 24 ensemble a confirmé que c’était l’heure de se dire au revoir.

« On n’a pas été confiné très longtemps à la maison, car nos emplois nous ont forcés à retourner au bureau après trois semaines, mais ça m’a quand même ouvert les yeux. J’ai découvert certaines facettes de lui que je connaissais, mais auxquelles j’ai été heurtée pour la première fois. Et j’ai réalisé que le désir physique s’atténuait de plus en plus avec le temps, au détriment de notre amitié », explique la jeune femme de la Rive-Sud de Québec.

Selon les dires de M. Dallaire, il existe six sources de conflits insolubles dans un couple, soit l’argent, l’éducation des enfants, la sexualité, les relations avec la belle-famille, le partage des tâches ménagères et la conciliation travail/famille. Et il s’agit qu’un seul de ces besoins légitimes soit bafoué pour que le couple soit en péril…

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Pour éviter de tomber dans le piège, Yvon Dallaire conseille donc aux couples de se garder un espace personnel à la maison, dans lequel l’autre ne vient pas s’infiltrer, et d’éviter de parler de ce qui ne va pas, puisque l’émotion finit toujours par prendre le dessus.

« Il y a un beau paradoxe qui dit qu’il n’y a pas plus impoli entre eux que les deux membres d’un couple qui s’aime. C’est prouvé, quand on est dans l’émotion, notre cerveau émotif se déconnecte du cerveau rationnel. Comme il y a un problème insoluble, sur lequel les deux ne s’entendent pas et ne s’entendront jamais, l’idéal est d’en parler à une personne intermédiaire, qui n’est pas impliquée émotivement, et de négocier des ententes à double gagnant », poursuit le psychologue.

Ainsi, avant de prendre la décision de se séparer, une décision lourde de conséquences pour tous les membres de la famille, il serait raisonnable de se donner une dernière chance en consultant un thérapeute conjugal.

Après tout, ça ne peut pas nuire!

Photo principale: Getty Images



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