Peine d’amitié, peine d’amour

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10 Fév 2022 par Michèle Beauchamp
Catégories : MSN / Psycho / Véro-Article
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À ce jour, ma plus grande peine d’amour demeure ma peine d’amitié. Je l’avoue, ce chagrin suscite encore en moi un sentiment de tristesse.

J’ai rencontré Isabelle à un cours de haute couture. Au premier abord, je n’ai pas sympathisé avec elle, je lui trouvais un petit air snob. Mais au fil des semaines, j’ai découvert en ma compagne de classe une personne généreuse, rieuse, curieuse. Nous sommes devenues amies. J’avais 21 ans.

Inutile de vous dire que nous n’avons pas tardé à nous régaler de soupers au resto, de séances de cinéma, d’expos dans les musées, de virées dans les boutiques de tissus.

Quelques années plus tard, Isabelle s’est mariée, et le couple a déménagé à Paris où son mari venait d’être muté. Comme je travaillais alors pour une société aérienne et que je bénéficiais de certains avantages, notamment des billets gratuits, j’allais fréquemment la visiter. 

Dix ans plus tard, ils sont revenus à Montréal. Son mari étant régulièrement appelé à se déplacer pour son travail, Isabelle et moi nous côtoyions souvent. Un jour que nous prenions le thé ensemble – notre rituel -, je détecte chez elle une certaine fébrilité. Je lui demande ce qui la trouble. Elle me répond que son mari a disparu. Je précise ici que je n’ai jamais su le fond de cette histoire, je n’élaborerai donc pas sur le sujet. Mon seul souci se limitait à réconforter mon amie.

Puis, l’époux est réapparu. Je n’ai posé aucune question. Isabelle et moi allions célébrer 20 années d’amitié, et cela seul m’importait. Sauf que..

Un soir, elle m’invite à l’accompagner au resto. Je l’avise qu’il se pourrait que je ne puisse me joindre à elle, car un ami belge, de passage à Montréal, aimerait qu’on casse la croûte ensemble. Mais, ça reste à confirmer. Aucunement froissée, elle propose de m’appeler le matin pour vérifier ce qu’il en est. Vers 17h, sans nouvelle de sa part, je pars rejoindre mon ami bruxellois. Je présume qu’elle a simplement remis notre souper à une date ultérieure. 

En rentrant chez-moi en fin de soirée, je constate que mon répondeur clignote. À noter qu’à l’époque, les téléphones intelligents n’existaient pas. Isabelle m’avait laissé quatre messages! Son premier m’informait qu’elle m’attendrait devant le resto, point. Dans les deux suivants, je décelais de l’agressivité dans sa voix. Quant au dernier, il ne comportait que des insultes. Soit, à ce moment-là j’ai réalisé que j’aurais dû vérifier ma boîte vocale. Seulement, j’étais convaincue qu’elle avait décidé de reporter notre rencontre. De surcroît, elle ne m’avait pas contacté en matinée, tel que prévu. Je l’ai appelée aussitôt; elle m’a raccroché la ligne au nez. Je ne pouvais croire qu’elle veuille rompre une amitié de longue date pour un malentendu. Que j’ai pleuré! J’ai eu beau par la suite lui téléphoner, lui écrire, et ce, à maintes reprises, elle m’ignorait toujours.

Les années ont passé, et il a bien fallu que je me rende à l’évidence : nous n’étions plus amies. Cela fait 25 ans.

Crédit photo : Klaus Vedfelt Getty Images

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  1. Marilyne dit :

    Ma rupture d’amitié a été bien différente. J’étais amie avec les 2 mêmes filles depuis le secondaire un. A l’âge adulte, quand j’ai été la première à avoir des enfants, nos styles de vie ne fonctionnaient plus ensembles. J’ai commencé à me sentir mise à l’écart. La maternité a apporter une grande solitude dans ma vie. Au fil du temps, nos rencontres se fessaient de plus en plus rares et étaient toujours empreintes d’insatisfaction de ma part du moins. Je me sentais jugée et incomprise. Un jour, après plusieurs mois de silence de leur part, j’ai vu sur Facebook qu’elles étaient parties à New-York sans m’inviter et s’en m’en aviser. J’ai eu le cœur brisé, ça semble ridicule mais c’était ce que je ressentais. J’ai alors pris la décision de mettre fin à notre amitié. Quand je mettais tout dans la balance, j’avais l’impression que cette relation m’apportait plus de peine que de joie. Je regrette parfois ma décision, parce que je n’ai plus personne pour discuter des vielles anecdotes du secondaire et de ma jeune vie d’adulte. Bien que j’ai initié la rupture, j’aime ces 2 personnes et je leur souhaite tout le bien du monde.

  2. Nathalie dit :

    J’ai aussi vécu cette situation à l’adolescence. Les amies sont toute ta vie à cette âge là en plus. À l’école primaire, nous étions toujours ensemble. Nous faisions nos travaux et nos projets ensemble, j’allais chez elle après l’école et on s’amusait comme des enfants dehors à tout et à rien. La première journée de polyvalente (9e année, donc secondaire 3), nouvelle école, avec le stress au plafond, j’arrive et je cherche mon amie bien entendu. J’étais assez timide à l’époque et ce gros changement me stressait. Habituellement, les amies s’entraident et se soutiennent dans cette transition, même à 14 ans. Je lui avais parlé la veille et elle était très silencieuse à l’autre bout du fil. J’essayais qu’on se donne une point de rencontre, car c’était une très grande école de plus de 1000 élèves comparé à notre petite école de moins de 200. Elle me disait simplement qu’on se trouverait. Donc, comme je croyais, je ne l’ai pas trouvé le matin, ni à l’heure du dîner. Dans l’après-midi, je l’ai finalement croisé dans un corridor en allant à un cours. Elle m’a regardé comme si elle ne me connaissait pas et à passer la tête droite. Mon univers s’est écroulé tellement j’ai eu mal. Mal d’incompréhension et de tristesse. 8 ans de ma vie, j’étais quotidiennement avec cette personne! J’avais passé l’été avec elle en plus, à vendre des livres de recettes pour financer un voyage humanitaire qu’elle faisait cette été là. Elle est allée à son voyage et ne m’a jamais rappelé à son retour. Je n’ai jamais su pourquoi elle ne m’a jamais reparlé. Je me suis sentie trahi et usée en quelque sorte. Avec du recul et de l’expérience de vie, j’ai réalisé qu’elle n’avait jamais été sincère dans notre amitié et que l’affection et l’amitié que j’avais pour elle n’était pas réciproque. Ce fut extrêmement difficile pour moi à l’époque et j’ai eu peur de me faire des amies pendant longtemps pour ne pas être blessée à nouveau, même rendu à l’âge adulte. Une chance que j’ai pu compter sur une autre amie durant cette période et j’ai réalisé qu’en fait, elle était une meilleure amie que celle que j’appelais ma meilleure amie. 26 ans plus tard, je suis toujours amie avec cette personne et même si on ne se voit pas souvent, l’amitié est réciproque et sincère.

  3. Melanie dit :

    J ai vécu la même chose une amitié de plus de 20 ans. On a vécu nos grossesse ensemble et c est organiser nos shower elle a
    Même choisi le
    Non de une de mes fille On c était promis de tout se dire et de régler le conflit ensemble malheur un jour elle m’a convoqué à un souper de ma fête de mes 40 ans pour mes crier dés bêtise sur ma relation amoureuse de l époque. Elle était pas d’accord ect… et partir de ce soir là je ne l ai plus reconnu c était pu mon amie je crois qu elle savait que c était terminer à la limite c est ça qu elle voulait ça fait maintenant 6 ans. Triste pu maintenant parce que y a rien qui arrive pour rien dans la vie

  4. Chantal dit :

    Quelle tristesse 🙁

  5. Rachel Lambert dit :

    Il y aura bientôt un an, j’ai aussi dû faire une croix sur une amitié de plus de 35 ans et avec du recul, j’ai compris que mon amie m’a laissé tomber parce qu’elle n’avait plus de contrôle sur na vie. Au fond, j’ai réalisé que c’était une bonne chose pour moi, le premier mois a été pénible mais aujourd’hui je suis très sereine et j’ai le coeur beaucoup plus leger!

  6. Carole dit :

    J’ai vécu semblable, pour un malentendu, après 45 ans d’amitié sans explication j’ai tenter de la joindre j’ai même envoyé une carte pour allez prendre un café en lui disant qu’elle me manquait pas eu de retour…vraiment triste 👍

  7. Myriam Mallette dit :

    ho que je comprends j’ai vécu le même genre de coupure d ‘amitié avec , une excellente amie, qui je pensais être une grande amie, que j’affectionnais beaucoup, depuis plusieurs années. Mais un tel genre de malentendu s’est aussi glissé entre nous, et malgré mes essaie de lui parler et d’éclaircir la situation, je n’ai jamais eu de réponses… Elle m’avait attendu a un resto, plus tot, alors que je n’étais même pas au courant d’un souper…Il avait été question d’une biere en soirée… je n’avais pas pris mes message comme je travaillais dans un endroit ou le cellulaire était interdit.Moi qui pensais que notre amitié était plus forte que tout. Les années passent et je pense que je comprendrai jamais, juste que la peine elle, est toujours la. Je me demande encore parfois ce qui est le pire, ne pas avoir pu m’expliquer pour comprendre, ou de me sentir rejeté, mais bon…

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