Elles étaient sept : La violence conjugale, n’arrêtons pas d’en parler!

25 Mar 2021 par Lory Zephyr
Catégories : MSN / Psycho / Santé
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7 féminicides en 7 semaines au Québec. La proportion est choquante. Et ce n'est pas tout. La violence conjugale, n’arrêtons pas d’en parler!

Selon les dernières données officielles disponibles, 19 406 personnes ont été victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal au Québec. De ce nombre, 78 % étaient des femmes. Elles composent d’ailleurs la totalité ou presque des victimes d’homicides (72,7 %), d’enlèvements (100 %), de séquestration (97,0 %) et d’agressions sexuelles (97,4 %) commis par un conjoint ou un ex-conjoint.

Si ces chiffres sont alarmants, c’est d’autant plus inquiétant de savoir que ni les données policières ou les enquêtes populationnelles ne parviennent à rendre compte de toute l’ampleur du problème. Même si les femmes sont largement à risque d’être des victimes de violence conjugale, les hommes ne sont pas en reste. Peu importe l’âge, l’origine ethnique, le genre, le statut économique, la classe sociale ou l’orientation sexuelle, la violence conjugale n’épargne personne.

Comprendre la violence conjugale

La violence conjugale peut avoir différentes formes. Elle peut impliquer uniquement la victime, se faire via ses enfants, ses proches ou ses animaux. Elle peut être de nature physique, émotionnelle, psychologique, sexuelle, économique, spirituelle, identitaire, et/ou judiciaire. En fait, peu importe sa forme, l’objectif de l’agresseur est d’avoir une emprise sur la victime.

Concrètement voici des exemples de comportements qui peuvent suggérer la présence de violence conjugale dans un couple :

  • Crier
  • Insulter
  • Dévaloriser
  • Culpabiliser
  • Humilier
  • Interdire
  • Obliger
  • Ridiculiser
  • Blâmer
  • Menacer
  • Frapper
  • Retenir
  • Pincer
  • Agresser sexuellement
  • Contrôler (les finances, l’entourage, etc.).

Si les conséquences sont multiples, elles sont toujours négatives. D’un point de vue psychologique, les victimes de violence conjugale rapportent vivre des symptômes d’état de stress post-traumatique, de la dépression, de l’anxiété, de la dévalorisation et un grand sentiment d’impuissance.

Un problème complexe 

La violence est un fléau qui a été étudié à plusieurs niveaux. L’état des connaissances actuellement nous permet de comprendre qu’il est difficile pour les victimes de se sortir de ce climat toxique. Il y a le stress financier, le désir de maintenir une famille intacte, l’impression de ne pas savoir où aller ou comment s’y prendre. Dans le bureau des psychologues vous entendrez également la peur d’abandonner l’abuseur, la peur de vivre seul(e), le sentiment de l’avoir mérité, et parfois aussi le simple « Mais je l’aime encore » qui peut être lourd de sens. Soulignons que les agresseurs montrent habituellement de bons côtés dans la relation. Cela peut rapidement devenir un cercle vicieux pour la victime comme elle s’accroche aux éléments positifs et peut ainsi minimiser le degré de violence qu’elle subit.

Précisons que l’agresseur est également une personne en grande souffrance, souvent victime de sa propre histoire de vie également. Couplé à un manque d’empathie pour sa victime, cela peut faire place à une violence destructrice. Une étude parue en 2018 suggère d’ailleurs que le fonctionnement cérébral des abuseurs les amène à voir leur victime comme étant « l’autre ». Qu’est-ce que cela implique? Des abuseurs semblent ainsi déshumaniser leur victime ce qui pourrait expliquer le détachement émotionnel et psychologique qui est présent lors des agressions. Cela souligne la complexité de la violence conjugale.

C’est pour cette raison qu’il est important pour l’entourage proche et la société d’éviter de juger les victimes. Le jugement ne fera que les isoler davantage. L’écoute et l’accueil seront en revanche des alliés pour maintenir un lien avec la victime, même si vous n’approuvez pas ses décisions. Rappelons-le, la violence conjugale est un phénomène complexe. C’est pour cette raison que ce n’est pas si facile pour la victime de se sortir de cette relation, même si ça semble l’être de l’extérieur.

Comment s’en sortir?

La première étape pour se sortir du cycle de la violence conjugale, que ce soit pour l’agresseur ou la victime, est de reconnaître la présence de ce climat toxique.

La deuxième est ensuite de demander de l’aide. Le soutien de l’entourage qui peut faire toute la différence mais aussi des ressources gratuites qui sont accessibles pour aider les victimes dans chacune des étapes de leur processus.

La troisième étape est de consulter. Rencontrer un professionnel de la santé mentale a pour objectif de non seulement aider à comprendre certains enjeux relationnels, mais aussi de prendre soin des blessures psychologiques qui sont présentes.

Si vous vivez présentement de la violence conjugale, ou en avez vécu par le passé, n’hésitez pas à faire appel dès aujourd’hui à une ressource d’aide. Vous méritez une vie sans violence.

Ressources :

SOS-violence conjugale : 1-800-363-9010

Regroupement maisons d’hébergement : 1-800-363-9010

Tel-aide: 514-935-1101

Centres de femmes : www.rcentres.qc.ca

Urgence psychosociale : 8-1-1

Cavac : 1-866-532-2822

Sources :

 

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Photo : Gemma Chua-Tran Unsplash



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