Je suis tellement SPM! Ou le suis-je vraiment?

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06 Juil 2021 par Sarah Rodrigue
Catégories : MSN / Santé / Véro-Article
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SPM : Comment un acronyme de 3 petites lettres, à l’apparence si innocente, peut-il être aussi chargé émotivement?

Mise en garde : Je ne suis pas une professionnelle de la santé et aucune information contenue dans cet article ne devrait être interprétée ni suivie, comme une recommandation médicale. Il est impératif de consulter votre médecin ou tout autre professionnel de la santé.

Le Syndrome PréMenstruel ou SPM

Comment un acronyme de 3 petites lettres, à l’apparence si innocente, peut-il être aussi chargé émotivement? Car avouez, à le lire, nous viennent à l’esprit des images de femmes qui pleurent, déversant leurs émotions dans un pot de crème glacée, devenant hystériques au moindre affront ou pliées en deux sur un ventre douloureux. C’est tellement cliché, mais aussi tellement criant de vérité. Car au-delà de ces images stéréotypées qui tendent à banaliser, ou à ridiculiser celles qui en souffrent, le SPM peut avoir de réelles conséquences sur la vie d’un nombre significatif de femmes.

Si vous vous sentez concernée, et êtes de celles qui essaient de comprendre pourquoi vous vous transformez, quelques jours avant vos règles, en cette personne «méconnaissable», vous risquez rapidement de vous heurter à une montagne d’informations, parfois floues, parfois contradictoires. Car bien que le sujet soit maintenant beaucoup plus ouvertement discuté dans l’espace public, il n’existe pas de consensus scientifique et médical sur ce sujet qui nous permet de bien le saisir.

Il n’existe pas de consensus quant au nombre de femmes atteintes du syndrome prémenstruel.

Selon les sources consultées, le SPM affecte de 70 à 90 % de femmes. Si vous poursuivez vos recherches, vous verrez que de 20 à 40 % parmi celles-ci présenteraient des symptômes suffisamment dérangeants pour affecter leur fonctionnement global.[1]

Et aucun consensus quant aux symptômes qui y sont associés. Votre recherche internet pourrait faire ressortir près de 200 symptômes différents!

Et encore plus déconcertant, si vous poussez juste un peu plus loin votre recherche internet, vous tomberez indubitablement sur des études qui questionnent son existence même. Comme l’étude Mood in Daily Life (MiDL) qui, après avoir recensé pendant 6 mois, l’humeur, tant positive que négative, ainsi que le taux d’hormones reproductives, d’une centaine de Canadiennes, a conclu que les phases du cycle menstruel avaient très peu d’influence sur les humeurs féminines.[2] Cette étude, comme tant d’autres essais portant sur le sujet, concluent que nos «maux hormonaux» seraient plutôt le fait d’un construit social ou culturel. En gros, la façon dont nous percevons notre cycle menstruel aurait un impact sur notre façon de le vivre! C’est à n’y rien comprendre!

Évidemment, je comprends l’orientation des études et les explications qui tendent à vouloir démystifier et à déconstruire les préjugés négatifs que nous entretenons envers la réalité hormonale féminine. La femme «hystérique» a eu le dos bien large au cours des quelques milliers d’années qui nous ont précédés et il est temps que l’on se libère de cette stigmatisation.

Nos hormones ne sont pas une source systématique d’humeurs, de comportements négatifs ou de pathologies ni ne nous rendent inaptes à quoi que ce soit. Mais que fait-on pour celles qui souffrent réellement de leurs hormones?

Alors qui croire?

Pour ma part, étant continuellement inondée de messages de femmes vivant des souffrances liées à leur cycle menstruel, malmenées par un univers médical qui n’y comprend rien, personne ne pourra me convaincre de l’inexistence du SPM. Qu’il soit le fait d’une construction sociale, ou pas, je sais qu’il peut faire des ravages.

Et c’est cela qui me préoccupe. Le fait d’ignorer les symptômes vécus par des femmes ne renforce que leur sentiment d’isolement et leur ressenti d’être «folle».  Il est donc nécessaire de reconnaitre la souffrance bien réelle qu’elles ressentent en période prémenstruelle et d’approfondir nos propres connaissances à ce sujet.

Alors moi, je choisis de croire celles qui, mois après mois, se sentent «gonflées-épuisées-tristes-colériques-affamées-impatientes-malmenées-poitrines gonflées-boutonneuses-migraineuses» et qui aimeraient pouvoir trouver un peu de répit.

maudites-hormonesSarah Rodrigue est blogueuse du site Hormones & Cie. Elle signe aussi le livre Maudites hormones disponible en librairie.

 

 

 

 

 

 

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Photo principale : PeopleImages Getty Images

 

 



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