Pour ou contre les régimes amaigrissants?

Pour ou contre les régimes amaigrissants?
06 Août 2014 par Linda Priestley
Catégories : Santé

Faire fondre les kilos grâce à un programme minceur, ça marche ou non? Deux spécialistes de la nutrition défendent leur point de vue.

Pour ou contre les régimes amaigrissants?POUR les régimes amaigrissants

Lisa Talamini, diététiste chez Jenny Craig
Lisa Talamini a étudié à la California State Polytechnic University en nutrition. Elle est chef du département scientifique chez Jenny Craig.

Une personne qui choisit de perdre du poids en suivant un programme minceur peut obtenir des résultats positifs. Cependant, pour que ceux-ci soient durables, le programme en question doit reposer sur des preuves scientifiques et préconiser une approche globale.

Ce type de programme offre de nombreux avantages: il encadre et guide les personnes souhaitant perdre du poids, en plus de les encourager à adopter une alimentation faible en calories et en matières grasses, ainsi qu’à modifier certains de leurs comportements liés à la nourriture et à l’activité physique. Il leur enseigne aussi à se fixer des objectifs réalistes, à contrôler leurs efforts et à évaluer leurs progrès, ce qui est très motivant.

Notre environnement a un grand impact sur notre poids (celui-ci est affecté de 50 % à 70 % par notre environnement, selon des études). Ce qui veut dire que, dans la plupart des cas, on peut influencer notre poids et notre santé en modifiant nos choix de vie. L’étude menée par le Registre national de contrôle du poids (National Weight Control Registry) l’illustre bien: grâce à une alimentation plus saine et à l’activité physique, plus de 5000 personnes ont perdu, en moyenne, 30 kg (66 lb) et maintenu leur poids pendant cinq ans et demi. Cela dit, tout le monde n’a pas besoin de perdre autant de kilos. Une baisse de 5 % à 10 % du poids initial suffit pour aider à réduire les risques de diabète, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.

Le programme de Jenny Craig a démontré son efficacité: au cours d’une étude dont les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), 442 femmes ont été observées sur une période de deux ans. Celles qui avaient adhéré à notre programme ont perdu 10 % de leur poids initial au cours de la première année et 7,3 % au cours de la deuxième. Celles qui ont tenté de perdre du poids par leurs propres moyens ont connu une baisse de 2,1 % après deux ans. Ces chiffres suffisent à me convaincre.

CONTRE les régimes amaigrissants

Cora Loomis, nutritionniste-diététiste
Détentrice d’un baccalauréat en nutrition à l’Université McGill, Cora Loomis travaille au Service de santé de l’Université de Sherbrooke et donne des conférences dans le cadre du programme Réussir en santé.

Les diètes ne tiennent pas leurs belles promesses: 95 % des personnes ayant suivi un régime amaigrissant ont repris au bout de cinq ans tout le poids perdu, et davantage dans bien des cas*. Bref, un taux de réussite peu reluisant!

Lorsqu’on le soumet à un régime, le corps absorbe moins de calories par jour. Il tombe alors en panne d’énergie, de fibres, de vitamines et de minéraux. Dans le but de se protéger, il ralentit le métabolisme de base et fait des réserves d’énergie au moindre écart de notre part. Le résultat: en se privant, on augmente notre capacité de stockage… et ce, pour la vie! À long terme, on peut voir surgir des complications, comme l’ostéoporose ou, dans les cas extrêmes, l’aménorrhée. La privation mène aussi à la surconsommation. Un exemple
frappant: pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre d’une étude universitaire, des chercheurs américains ont, pendant plusieurs semaines, coupé de moitié les vivres habituels à des hommes en bonne santé. Au bout de ce laps de temps, les sujets ont eu le droit de manger sans restriction. Ceux-ci éprouvaient des rages de faim et ingurgitaient le double de ce que leur corps avait besoin. Ils songeaient même à essayer des recettes, eux qui pourtant n’aimaient pas cuisiner auparavant (il s’agissait des années 1940 après tout!)**. Malgré les preuves fournies sur l’inefficacité des régimes, les personnes qui sont victimes de l’obsession de la minceur se tournent encore vers ceux-ci. Or, notre poids est affecté à 60 % par notre génétique et à 40 % par nos habitudes alimentaires. C’est dire qu’en suivant un régime amaigrissant, on lutte souvent contre la nature de notre corps!

Avant de vouloir faire fondre nos kilos, il faut d’abord se demander si une telle démarche est vraiment nécessaire. Ensuite, il vaut mieux miser sur une approche globale, c’est-à-dire qu’on doit tenir compte de nos comportements et de nos choix alimentaires, et faire plus d’activités physiques.

* Source: ÉquiLibre. ** La Minnesota Semistarvation Experiment, menée par le scientifique Ancel Keys.



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