Pourquoi ne peut-on pas utiliser les médicaments de nos proches?

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17 Mai 2022 par Alexandre Chagnon, pharmacien
Catégories : MSN / Santé / Véro-Article
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Le pharmacien Alexandre Chagnon nous explique pourquoi il n'est pas recommandé d'utiliser les médicaments d'un proche, et ce, même si les symptômes ressentis sont similaires.

Quand un membre de notre famille dispose d’un médicament déjà prescrit pour des symptômes similaires à ceux que nous ressentons, il peut être tentant de lui demander de nous fournir le médicament en question afin d’éviter de consulter un professionnel de la santé… mais c’est une très mauvaise idée!

Il faut savoir qu’au moment de prescrire un remède, le professionnel de la santé compare l’ensemble des médicaments disponibles pour un problème donné et choisit le plus approprié pour la personne qui le consulte… Et en tant que professionnel, des options, on en a beaucoup! Étant donné que, pour un même problème de santé, il existe une multitude de solutions, il est très probable que notre proche se soit fait prescrire un médicament différent (ou avec une dose différente) de ce qu’un médecin ou un pharmacien nous recommanderait, et ce, même si nos symptômes sont identiques.

Pour soulager des troubles du sommeil, par exemple, un professionnel de la santé peut choisir parmi plus de 25 médicaments différents: des hypnotiques, des principes actifs de la «famille Z», des produits naturels (comme la valériane et la mélatonine), ou encore des médicaments traditionnellement utilisés comme anti­psychotiques ou antidépresseurs. Depuis peu, il peut même recommander l’utilisation d’applications mobiles pour téléphones intelligents, dont l’efficacité a été démontrée par la réalisation d’activités inspirées de la thérapie cognitivo­comportementale (Sleepio ou CBT­i Coach). Son choix tiendra compte de la présence de comorbidités (anxiété, dépression, etc.) et des caractéristiques propres au patient (poids, âge, etc.). Quant au soulagement des symptômes liés à la ménopause, le professionnel dispose d’encore plus d’options! En fonction du risque de formation de caillots, de cancers hormonaux et de maladies cardiovasculaires, ainsi que de l’âge et des préférences de la patiente, il choisira parmi un des 25 produits hormonaux disponibles sur le marché canadien (qu’il devra combiner un à l’autre, dans plusieurs cas), ou encore l’une des 20 options sans hormones également offertes aux patientes québécoises…

En tant que pharmacien ayant œuvré pendant de nombreuses années à l’urgence d’un hôpital, j’ai trop souvent eu l’occasion de rencontrer des patients qui avaient pris le médicament d’un proche, ce qui leur a causé des symptômes d’intoxication, des effets secondaires et même une hospitalisation… bref, tout le contraire d’un gain de temps! D’où l’intérêt d’échanger quelques minutes avec notre pharmacien afin de prendre la décision la plus éclairée possible, ce qui nous aidera à mieux préserver notre santé.

Photo : Stocksy

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