Quels experts pour quels bobos?

28 Oct 2019 par Lynne Faubert
Catégories : MSN / Santé / Véro-Article
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Dos bloqué, infertilité, migraines, sciatique... Quand un problème de santé ponctuel ou chronique nous empoisonne la vie, les médecines douces viennent à notre rescousse.

Qu’on les appelle médecines douces, parallèles ou complémentaires, plusieurs qualificatifs désignent ces pratiques non traditionnelles qui regroupent de nombreux champs d’expertise: chiropratique, acupuncture, physiothérapie, ostéopathie, homéopathie, naturopathie, ergothérapie… et j’en passe. Si vous avez déjà lancé un appel à l’aide sur Facebook – lors d’une violente migraine, par exemple –, vous avez probablement reçu autant de recommandations que vous avez d’amis, l’un vantant son acupuncteur chouchou, l’autre son chiro ou son physio chéri. De quoi en perdre la tête pour de bon! Ces conseils contradictoires ne sont pourtant pas si étonnants, compte tenu des chevauchements – voire des complémentarités – qui existent entre ces diverses disciplines. Parfois, choisir l’une ou l’autre relève de la nature du bobo à traiter… ou d’une question de préférence personnelle.

Un chiro pas juste pour le dos

Au moyen d’ajustements pratiqués avec les mains, la chiropratique aide à traiter et même à prévenir des conditions neuro-musculo-squelettiques, c’est-à-dire concernant les nerfs, les muscles et les os. On connaît tous quelqu’un qui, aux prises avec un torticolis d’enfer, est allé chez le chiro se faire «craquer le cou» – une expression que les chiros n’aiment pas, soit dit en passant. Le but du traitement consiste en fait à rétablir la circulation normale de l’influx nerveux. De tous les praticiens en médecines alternatives et complémentaires (ou MAC, le sigle de l’heure), seul le chiropraticien est habileté par la loi à poser un diagnostic, ainsi qu’à prescrire et à interpréter des radiographies, selon le Dr Jean-François Henry, chiropraticien et président de l’Ordre des chiropraticiens du Québec. Soulignons que la chiropratique met l’accent sur la colonne vertébrale, mais pas exclusivement. Les sportifs nous diraient que, pour se préparer à un marathon et libérer la Ironwoman en nous, le chiro est un précieux coéquipier.

Le syndrome du cou texto

Saviez-vous que notre tête représente 10 % de notre poids? Le syndrome du cou texto survient quand, en textant trop longtemps la tête penchée à plus de 45 degrés, on développe une posture statique et voûtée qui mène à une foule de problèmes musculosquelettiques. On peut ainsi perdre la mobilité du cou (allô les torticolis chroniques!), ce qui provoque des maux de tête, de la fatigue, des pertes de concentration, des engourdissements dans les mains, des douleurs aux poignets et même de l’arthrose à long terme. Avant que ça craque, mieux vaut se rendre chez un chiro!

On consulte un chiro pour traiter, entre autres, les problèmes suivants… dos «barré» • lumbago • torticolis • tendinite du poignet • arthrose au genou • épicondylite (tennis elbow) • entorse à la cheville • dorsalgie entre les omoplates • sciatique • hernie discale • migraine et maux de tête.

Le physio, meilleur ami du corps

Tout comme l’acupuncture, la chiropratique et l’ergothérapie, la physiothérapie est régie par un ordre professionnel. À l’instar du chiro, le physiothérapeute utilise les manipulations pour traiter les limites fonctionnelles sur le plan neuro-musculo-squelettique, à la suite d’un accident ou dû à une condition chronique. Les traitements s’accompagnent d’un programme d’exercices pour poursuivre la réadaptation à la maison. Si plusieurs physios utilisent aussi l’électrothérapie, qui stimule les nerfs et les muscles grâce aux ondes à faible puissance, certains, comme Gabriel Dubé, de la Clinique Physio Cinétique, privilégient le retour à la bonne vieille approche plus manuelle… pour ne pas dire plus intense! «On fait souvent appel au physio après un accident ou quand une condition problématique traîne trop longtemps», dit-il.

PPAS ou puncture physiothérapique

Cette nouvelle technique, qui requiert une formation spécialisée, consiste à stimuler les points myalgiques (trigger points) et les tissus musculaires profonds en insérant une aiguille sèche et stérile sous le derme. Ce n’est pas de l’acupuncture, entre autres parce que la PPAS n’utilise pas les points méridiens, ces grands axes de circulation d’énergie dans le corps selon la médecine chinoise. On dit de la PPAS qu’elle peut aider à améliorer le tonus, à réduire l’inflammation et à soulager certaines douleurs chroniques.

On consulte un physio pour traiter, entre autres, les problèmes suivants… arthrose • AVC • blessures sportives (bursites, capsulites, entorses, déchirures) • fibromyalgie • lombalgie • maux de dos ou d’épaule • pertes d’équilibre et vertiges • emphysème • bronchite chronique • sciatique • torticolis.

L’acupuncture, stimulatrice d’énergie

Contrairement aux autres disciplines axées sur la manipulation, l’acupuncture agit sur le système nerveux et énergétique grâce à des aiguilles insérées à des points névralgiques du corps. L’acupuncteur peut aussi utiliser d’autres techniques: la chaleur, en faisant brûler une herbe appelée moxa (armoise); la pression, à l’aide de ventouses qu’on peut apprendre à utiliser soi-même sous la douche; l’électrostimulation combinée aux aiguilles pour augmenter l’effet analgésique, et même le laser doux. D’après l’acupunctrice Marie-Ève Filion, sous réserve de certains diagnostics, «le corps possède généralement tout ce qu’il faut pour guérir, mais s’il a abandonné la partie, il faut alors lui rappeler de faire son travail». Selon elle, les gens en crise inflammatoire qui ne tolèrent aucune manipulation auraient intérêt à envisager l’acupuncture pour réduire d’abord les œdèmes.

On consulte un acupuncteur pour traiter, entre autres, les problèmes suivants… dépendance (cigarette, alcool, drogue, nourriture) • stress et hypertension • troubles de digestion et du foie • allergies • douleur chronique • acouphènes • infertilité • arthrite • lumbago • crampes menstruelles • migraines • sinusites, otites et vaginites à répétition • perte de libido • eczéma et psoriasis • coliques (bébés)

Un bon massage, svp!

La massothérapie, version moderne de la science millénaire du toucher, se divise en soins de détente et soins thérapeutiques. En aidant à soulager les douleurs musculaires et à diminuer les effets du stress, les massages ont une influence sur notre qualité de vie. Cet apport thérapeutique est d’ailleurs sollicité dans les départements d’oncologie des hôpitaux, où la massothérapie permettrait de réduire les symptômes des cancers et de mieux métaboliser les médicaments. Par ailleurs, les massages sportifs sont reconnus pour maximiser la performance, accélérer la récupération et prévenir les blessures. «Beaucoup de gens passent leurs journées en position assise, un “casse-dos” qui fait travailler des muscles qui ne le devraient pas», explique le massothérapeute Stéphane Dreux, de la Clinique de thérapies manuelles. Le corps en vient ainsi à se déstructurer sous son propre poids…

On consulte un massothérapeute pour traiter, entre autres, les problèmes suivants… stress • tensions musculaires • lombalgie • cervicalgie • épicondylite (tennis elbow) • coxalgie (douleur à la hanche) • insomnie • anxiété • dépression • maux de cou et d’épaule • fatigue.

Ostéopathie, l’approche en douceur

L’ostéopathie se présente comme une discipline globale qui touche toutes les sphères du corps: musculosquelettique, viscérale et crânienne. En identifiant les blocages et les sources de tension, l’ostéopathe cherche à rétablir l’équilibre entre ces différents systèmes. «Les muscles tirent sur les structures et l’ostéopathie utilise les mises en tension des muscles pour ramener l’alignement et rectifier des impacts», affirme l’ostéopathe Geneviève Beauchamp. Les manipulations sont douces et l’autoresponsabilisation du patient s’avère importante. Après une blessure, il ne faut surtout pas attendre que ça se tasse tout seul! «Quand on attend trop longtemps, le corps commence à compenser, explique Geneviève. Il triche pour se sentir bien, mais en fait, il ne se débarrasse pas du traumatisme.»

On consulte un ostéo pour traiter, entre autres, les problèmes suivants… asthme • bronchite • palpitations • allergies • reflux gastrique • constipation • sciatique • maux de dos • douleurs menstruelles • récupération post-partum • incontinence • douleurs au coccyx ou aux mâchoires • tendinites • blessures • douleurs musculaires et chroniques • plagiocéphalie (tête plate des bébés).

Après l’accouchement

Il est recommandé de consulter en physiothérapie périnéale, pour aider le plancher pelvien à se remettre de la grossesse et de l’accouchement. Pour un programme d’exercices personnalisé, on peut faire appel à la kinésiologie, la science du mouvement. Les mamans sont souvent encouragées à reprendre l’activité physique au cours des quatre à six semaines après un accouchement. Or, les femmes n’ont  pas toutes la même constitution et certaines courent le risque de subir des fuites urinaires ou un prolapsus («descente d’organes»). Selon la kiné Geneviève Émond, porte-parole de l’Association des kinésiologues, kinésithérapeutes, orthothérapeutes et massothérapeutes du Québec (AKKOMQ), «les kinésiologues se distinguent des entraîneurs de gym par leur formation universitaire et leurs connaissances biomécaniques, qui permettent de bien individualiser les recommandations». Une discipline à découvrir.

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Photo: Getty



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  1. MarcDrolet dit :

    Dommage que l‘acupuncture, la chiropratique et la physiothérapie ne soient pas couverts pas notre assurance maladie . Imaginez vous la prise en charge en première ligne pourrait facilement décongestionner nos cliniques médicales. Au Québec nous avons plusieurs resources mais malheureusement sous utilisé. Actuellement les nouvelles approches dans le traitement de la lombalgie favorise l’intervention non-pharmacologique tel que les manipulations vertébrales JAMA 2017 Apr 11; 317(14): 1451-1460.

    Dr Marc Drolet chiropraticien. cliniquedudos.com

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