Parc Omega: dormir avec les loups

21 Juil 2020 par Ariane Arpin-Delorme
Catégories : Véro-Article / Voyage
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Notre collaboratrice a passé une nuit entourée de loups au parc Omega. Elle nous raconte son expérience

J’ai toujours été très intriguée par les loups, ces créatures aussi fascinantes que magnifiques. Après plusieurs mois d’attente fébrile, j’ai finalement pu profiter de l’immense privilège de passer une nuitée en leur compagnie, au beau milieu de la forêt.

Sous un ciel automnal d’un bleu éclatant, j’arrive à Montebello en après-midi, afin de m’installer dans l’une des deux cabanes en bois rond bien douillettes (qui peuvent accueillir quatre personnes et incluent notamment le bois de chauffage, la cuisine tout équipée), au cœur de la réserve naturelle du Parc Oméga (quatre autres cabines aux loups à deux étages et logeant 6 personnes est en cours). Au départ de la réception, je marche que quelques minutes pour me rendre à la cabane qui m’est attitrée. Le temps est encore doux à l’extérieur, à part un vent léger qui souffle en fin de soirée.

À ma grande surprise, quelques loups gris curieux viennent déjà m’accueillir, de l’autre côté de l’immense fenêtre double, en suivant tous mes faits et gestes! Il me tarde de m’asseoir confortablement sur la véranda vitrée pour observer, en toute sécurité et à ma guise, la meute qui circule aux alentours. Certains loups me semblent assez imposants, avec leur cou massif.

D’aussi loin que je me souvienne, dès ma plus tendre enfance, j’écoutais attentivement les histoires de loups que ma mère me racontait. Aucun doute là-dessus: les loups font partie de notre imaginaire, malgré la mauvaise réputation qu’on leur attribue trop souvent. Cela dit, je n’ai encore jamais eu la chance de les approcher d’aussi près, comme je le fais en ce moment, blottie dans ma cabane. Je remarque qu’il y a toujours un ou deux loups qui font le guet, circulant à tour de rôle autour du clan. Le jeu entre eux semble faire partie de leur quotidien, même aux allures quelquefois agressives, à mes yeux du moins. J’ai entre autres appris, lors de mes lectures et en jasant avec les guides naturalistes du parc, que l’on retrouve toujours au sein d’une meute un loup nommé «oméga», qui est non seulement responsable de chasser le premier – et doit manger le dernier – mais détient aussi le rôle d’animer les autres membres.

@Ariane Arpin-Delorme

Jusqu’à 18h30, je me promène le long de la passerelle en bois surélevée, histoire de jeter en toute quiétude un autre coup d’œil sur les environs et de rencontrer en chemin… deux ours noirs! Je reviens pourtant vite à ma cabane, car rien ne vaut cette précieuse proximité avec des canidés sauvages! Vers 19h, ils s’allongent et se blottissent les uns contre les autres pour s’assoupir.

Je passe la nuit derrière cette grande baie vitrée, qui me permet de vivre une immersion complète dans leur milieu de vie… et ce, en jouissant du confort et de la sécurité que m’offre mon petit refuge. Drôlement, je dors comme un bébé, avec quelques bribes éveillées, m’émerveillant à essayer de capter leurs regards lorsqu’ils se réveillent comme moi. Vers minuit, j’ai même droit à un concert de hurlements à l’unisson durant quelques minutes. Magique!

Le lendemain, je me lève tôt pour continuer à observer ces superbes bêtes tout en restant au lit, bien au chaud, un espresso à la main. Au loin, on entend une volée de bernaches du Canada qui se préparent à partir vers des contrées plus ensoleillées.

Entre deux épisodes de toilettage, la meute me semble un peu plus agitée, peut-être en attente de la venue des soigneurs qui les nourrissent. Plus tard, Charles De Reinach, responsable de l’équipe des soins animaliers, me raconte qu’en plus des traitements prodigués en cas de blessure ou autre (un vétérinaire est aussi employé sur place), chaque meute reçoit quelques pièces de viande rouge (normalement du bœuf) deux fois par semaine. Les soignants prennent la peine de diviser lesdites pièces afin d’apaiser la hiérarchie de dominance –même si ce réflexe instinctif de domination demeure malgré tout présent chez l’espèce. Les bêtes peuvent également compter sur une diète complète en moulée (pour canins) distribuée en tout temps et à volonté.

On se doute que je n’avais pas du tout envie de quitter ce repaire à la fois insolite et confortable. J’ai non seulement apprécié la tranquillité de cet environnement naturel, mais surtout la présence de la meute de loups gris. J’avoue avoir eu le cœur serré de m’éloigner d’eux; ils l’ont sûrement senti dans mon regard. Le contact avec la faune sauvage a cet inexplicable pouvoir de nous ramener à l’essentiel en nous faisant oublier tout le reste, l’espace d’un instant… ou d’une nuit.

À propos du Parc Oméga

Ouvert depuis 1991, le Parc animalier Oméga est un centre de réhabilitation des 23 espèces qui y vivent en semi-liberté, dans leur habitat naturel. À l’occasion, les agents de la faune y emmènent des animaux blessés ou séparés de leur mère. Sur place, de beaux spécimens témoignent d’ailleurs du succès de la conservation et de la reproduction d’espèces menacées, dont celles des renards de l’Arctique, des wapitis, des bisons et des caribous.

En plus des deux cabanes aux loups, on y retrouve plusieurs types d’hébergement dont des tipis, tentes prospecteurs, wi-tentes (genre de de yourtes), cabanes en bois rond ainsi qu’une maison sur pilotis.

D’une superficie de 2200 acres, le parc propose entre autres un sentier de 15 km, à parcourir en véhicule par mesure de sûreté. Durant les mois de mai et de juin, c’est la période des naissances ici; les lieux sont alors beaucoup moins achalandés… pour le plus grand plaisir des visiteurs! L’été, l’activité Oméga la nuit consiste en un parcours nocturne – éclairé par des lanternes – menant à un observatoire qui offre une vue imprenable sur la meute de loups. Sous les reflets de la lune, dans un espace contemporain, on peut les observer avec leurs louveteaux, puis repartir avec des souvenirs inoubliables! parcomega.ca

 

Photo principale: Parc Omega

 

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