Tendance voyage: partir pour télétravailler

31 Juil 2020 par Carolyne Parent
Catégories : Voyage
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Qui aurait pensé qu’un jour, on s’installerait avec sa smala dans un chalet loué pour y télétravailler… C’est pourtant la réalité de plusieurs cet été, qui apprivoisent doucement le nomadisme professionnel.

Quand l’employeur de Carole L. l’informa qu’elle n’était pas autorisée à prendre de vacances cette saison, la directrice marketing, déjà en télétravail, eut deux réactions. La première, un sentiment de gratitude : après tout, elle avait encore un emploi. La seconde, une prise de décision : « Je pars quand même! »

Et c’est ainsi qu’avec le chum, l’ado du chum et le bazar, elle mit le cap sur le chalet des beaux-parents, dans Charlevoix. « J’y ai fait installer Internet, dit-elle, et même si je ne suis pas en vacances, c’est chouette de changer de cadre de vie. »

Le télétravail dans un environnement de villégiature pose néanmoins certains défis. « Mon bureau improvisé donne sur le fleuve, explique Carole. Je vois les traversiers, les plaisanciers, et je dois me rappeler moi-même à l’ordre! » Et puis, il lui faut aussi résister à la piscine, les après-midis torrides, et à l’apéro des voisins quand elle n’a pas fini sa journée… « C’est humain de vouloir y aller, mais c’est professionnel de se dire, ‘plus tard, quand j’aurai terminé ce que j’ai à faire’ ».

Une tendance à long terme?

Quand on n’a pas la chance d’avoir accès à une propriété familiale, il ne nous reste plus qu’à louer un chalet, chose devenue, depuis des semaines déjà, aussi rare qu’une place de stationnement au centre-ville de Montréal! Plusieurs propriétés affichent même déjà complets pour le mois de septembre et même d’octobre, la rentrée scolaire demeurant encore chose floue pour plusieurs parents. Mais ces chalets, les loue-t-on pour y passer ses vacances, pour y télétravailler, les deux? Impossible de se prononcer avec une certitude, bien qu’il soit permis de croire que Carole ne soit pas la seule à joindre le nécessaire à l’agréable.

Certaines destinations voient même dans ce nouveau nomadisme professionnel une façon d’attirer des visiteurs chez eux. C’est le cas de la Barbade qui, le 22 juillet dernier, lançait son Welcome Stamp. Ce visa procure à son détenteur un permis de séjour d’un an pour la « modique » somme de 3000 $US par famille, 2000 $ US pour les voyageurs individuels, sans incidence fiscale locale.

« Plusieurs Canadiens travaillant à la maison indéfiniment, cette occasion de télétravail est pour eux une chance unique de remédier à la cabin fever, tout en profitant de l’air marin tonique de la Barbade et de la nature accueillante des Bajans », fait valoir Peter Mayers, directeur de Barbados Tourism Marketing Inc. – Canada. Intéressé? Air Canada y vole au départ de Toronto, et seul un résultat négatif à un test récent à la COVID-19 est requis à l’arrivée à destination.

Tout-inclus, assurance comprise

Au rayon des établissements hôteliers, la publication spécialisée L’Écho touristique rapportait, à la fin du mois de juillet, que Pierre & Vacances propose aux télétravailleurs de combiner boulot et pauses balnéaires dans ses centres de villégiature de France et d’Espagne. Si nous nous faisions télétravailleurs en Europe, nous aurions – enfin -un bel avantage sur le patron, soit celui d’avoir six heures d’avance sur lui!

Au Québec aussi, on a bien capté la tendance. Au Massif de Charlevoix, on a créé un programme destiné tant aux entreprises qu’aux télétravailleurs, et par lequel tous pourront travailler à la montagne et profiter de ses installations dès la prochaine saison de ski. On promet jusqu’à des télécabines munies d’une table pour prendre des notes tandis qu’on se remue les méninges avec un collègue! Tous les détails de ce programme seront en ligne cet automne.

Enfin, le groupe hôtelier Palladium, qui opère plusieurs marques en Europe et dans le Sud dont Grand Palladium et TRS, met de l’avant un atout de taille qui pourrait bien donner à certains l’envie de s’échapper avec ordi et dossiers : il offre une couverture d’assurance-maladie automatique à ses clients. En vertu de celle-ci, quiconque contracte la COVID-19 durant son séjour dans l’un de ses établissements est pris en charge. L’offre est valable pour un an à compter de la réouverture des hôtels. On se voit bientôt à deux mètres d’une machine à café à Punta Cana?

 

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Photo: Getty



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